468 Les AventuresThétis , quand elle flatte le vieux Nérée , n’ap-paise pas avec plus de douceur les flots irrités :ainsi Antiope , sans chercher à prendre aucuneautorité' , et sans se pre'valoir de ses charmes,maniera un jour le cœur de son e'poux , commeelle touche maintenant sa lyre , quand elle veuten tirer les plus tendres accords. Encore une fois,Te'le'maque , votre amour pour elle est juste;les Dieux vous la destinent. Vous l’aimez d'unamour raisonnable ; il faut attendre qu’Ulysse vous la donne. Je vous loue de n’avoir pas voulului découvrir vos sentimens ; mais sachez quesi vous eussiez pris quelques de'tours pour Juiapprendre vos desseins, elle les auroit rejetés,et auroit cessé de vous estimer. Elle ne se pro-mettra jamais à personne ; elle se laissera don-ner par son père ; elle ne prendra jamais pourépoux qu’un homme qui craigne les. Dieux , etqui remplisse toutes, les biense'ances. Avez-vousobservé comme moi, qu’elle se montre encoremoins, et qu’elle baisse plus les yeux depuis vo-tre retour? Elle sait tout ce qui vous est arrivéd heureux dans la guerre ; elle n'ignore ni vo-tre naissance , ni vos aventures , ni tout ceque les Dieux ont mis en vous : c’est ce quila rend si modeste et si réservée. Allons, Té lémaque , allons vers Ithaque : il ne me reste,plus qu’à vous faire trouver votre père , et qu’àvous mettre en état de trouver une épouse di-gne de 1 âge d’or. Fût-elle bergère dans la froi-de Algide , au lieu qu’elle est fille d'un Roide Salente, vous serez trop heureux de la pos-séder.
Idoménée , qui craignoit le départ de Télé maque et de Mentor , ne songeoit qu'à le retar-der. Il représenta à Mentor qu'il ne pouvoit ré-gler sans lui un différend qui sétoit élevé entreDiophanès , Prêtre de Jupiter Conservateur , etHéüodore , Prêtre d’Apollon , sur les présagesqu'on ure du vol des oiseaux et de« entrailles