Buch 
Les aventures de Télémaque, fils d'Ulysse / par F. Salignac de la Mothe Fénélon
Entstehung
Seite
469
JPEG-Download
 

de Télémaque . Liv . X . 469des victimes. Pourquoi , lui dit Mentor , vousmêleriez-vous des choses sacre'es (7) ? Laissez-enI la décision aux Etruriens qui ont la tradition

i des plus anciens Oracles , et qui sont inspirés

pour être les interprètes des Dieux. Employezseulement votre autorité à étouffer ces disputesdès leur naissance. Ne montrez ni partialité niprévention : contentez-vous d'appuyer la décisionquand elle sera faite. Souvenez-vous qu'1111 Roidoit être soumis à la Religion, et quil ne doitjamais entreprendre de la régler. La Religion vientdes Dieux ; elle est au-dessus des Rois. (8) Si lesRois se mêlent de la Religion , au lieu de la pro-téger , ils la mettront en servitude. Les Rois sontsi puissans , et les autres hommes sont si foibles ,que (9) tout sera en péril détre altéré au gré des.Rois, si on les fait entrer dans les questions quiregardent les choses sacrées. Laissez donc en plei-ne liberté la décision aux amis des Dieux , etbornez-vous à réprimer ceux qui nobéiront pas àleur jugement, quand il aura été prononce.

Ensuite Idoménée se plaignit de lembarras oni il étoit sur un grand nombre de procès entre

(7) Pourquoi vous mêleriez-vous des choses sacrées ?Voici qui confirme ce que lon a dit ci-devant , quIdo-ménée est la figure de Charles I er de Jacques II ,,Roi dAngleterre. Laffaire de la Liturgie et de l piscopat , dont le premier voulut être l'arbitre, et lesthangemens que le second vouloit introduite dans la.Religion et dans le Gouvernement , furent ce qui lerenversa du trône.

(8) Si tes Rois se mêlent de la Religion , au lieude la protéger , ils la mettront en servitude, Cesr ce9 u j est arrivé en France ; la Religion Réformée y aett mise en servitude par une autorité usurpée injus-tement , jusquà ce quelle ait été bannie ensuite parUne proscription encore plus injuste.

( 9 ) Tout sera en péril , etc. Cest ce qui a mis lAn-peterre en trouble , et ce qui a commencé de brouillerla France dès le temps de M. de Fénélon , tant à loc-casion de son Livre des Maximes des Saints , quà1 occasion dès cinq propositions-