ds Télémaque . Liv . X . 489les bons auxquels on se confie, on apprend cequ’on ne peut pas discerner par soi-même dansles autres sujets.
Mais faut-il, disoit Télémaque , se servir desmédians quand ils sont habiles , comme je l’aioui dire tant de fois ? On est souvent, réponditMentor , dans la nécessité de s’en servir» Dans unenation agitée et en- désordre , on trouve souventdes gens, injustes et artificieux qui sont déjà enautorité : ils ont des emplois importans qu'on 11epeut leur ôter : ils ont acquis la. confiance de cer-taines personnes puissantes , qu’on a besoin deménager. Il faut les ménager eux-mêmes , ceshommes scélérats , parce qu’on les craint, et qu’ilspeuvent tout bouleverser : il faut bien s’en servirpour un temps ; mais il faut aussi avoir en vuede les rendre peu-à-peu inutiles. Pour la vraieet intime confiance , gardez-vous bien de la leurdonner jamais ; car ils. peuvent en abuser., et voustenir ensuite , malgré vous , par votre secret ;chaîne plus difficile à rompre que toutes les.chaînes'de fer. Servez-vous d’eux pour des négociationspassagères ; traitez-les bien ; engagez-les par. leurspassions mêmes à vous être fideles; car. vous, neles tiendrez que par-là : mais ne les mettez pointdans vos délibérations les plus secrètes : ayeztoujours un ressort prêt pour les remuer à votre-gte , mais ne leur donnez jamais la clef de votre,cœur (19) ni de vos affaires. Quand votre Etatdevient paisible , réglé , conduit par les hommeswges et droits dont vous êtes sûr , peu-à-peu.les méchans dont vous étiez contraint de vousservir deviennent inutiles. Alors il ne faut pas
( 19 ) Ne leur donner jamais la clef de votre cœur.r’ e£t ce q Ue £ ou ; s XIV sut très-bien pratiquer , moins.a la vérité par prudence que par habitude à la dissi-mulation. Il étoir impénétrable ; et comme il parloirtoujours laconiquement , on ne pouvoir guère savoir5 * tf 11 ’'! pensoit. I! ne s’ouvroit pas même à ses mal-“esses j il.eut la gloire de n’en être pas possédé.
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