49° Les Aventurescesser de les bien traiter ; car il n’est jamaispermis d'être ingrat , même pour les médians.Mais, en les traitant bien , il faut tâcher de lesrendre bons : il est nécessaire de tolérer en euxcertains défauts qu’on pardonne à l'humanité ; ilfaut néanmoins relever peu-à-peu l’autorité, etréprimer les. maux qu'ils, feroient ouvertement, sion les laissoit faire. Après tout, c’est un mal quele bien se fasse par les méchans ; et quoique cemal soit souvent inévitable , il faut tendre néan-moins peu-à-peu à le faire cesser. Un Prince sage,qui ne voudra que le bon ordre et la justice, par-viendra avec le temps à se passer des hommes ,corrompus et trompeurs : il en trouvera assez de :bons qui auront une habileté suffisante.
Mais ce n’est pas assez de trouver de bons su-jets dans une nation; il est nécessaire d'en for- |mer de nouveaux. Ce doit être , répondit Télé maque , un grand embarras. Point du tout, re-prit Mentor : L’application que vous avez à cher-cher les hommes habiles et vertueux pour lesélever , excite et anime tous ceux qui ont du ta-lent et du courage : chacun fait des efforts. Com-bien y a-t-il d’hommes qui languissent dans uneoisiveté obscure , et qui deviendroient de grandshommes , si l'émulation et l’espérance du succèsles animoient au travail ? Combien y a-t-il d’hom-mes que la misère et l’impuissance de s'élever ipar la vertu , tentent de s’élever par le crime.
Si donc vous attachez les récompenses et les hon-neurs au génie et à la vertu , combien de sujet*se formeront d'eux-mêmes? mais combien en for-mefez-vous, en les faisant monter de degre en idegré , depuis les derniers emplois jusqu’aux pre-miers? Vous exercerez leurs taîens , vous, éprou-verez l’étendue de leur esprit, et la sincérité deleur vertu. Les hommes qui parviendront auî 1plus hautes places , auront été nourris sous vosyeux dans les inférieures ; vous les aurez su<> lStoute votre vie de degré en degré 3 vous jugerez