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PONTS ET CHAUSSEES.
dont l’approvisionnement était très laborieux, en face de la pro-gression rapide de l’invasion allemande .
Enfin, le mouvement vers l’Est de l’armée de Bourbaki s’accom-plit encore par les voies ferrées, et quatre corps d’armée furenttransportés vers les champs de bataille de Villersexel , malgré lesrigueurs d’une saison où le froid eut une intensité et une durée toutexceptionnelles.
En tout temps, un pareil travail eût été considérable; il fut renduencore plus pénible en 1870-71 par la confusion qui régnait dans lecommandement, confusion qui était la suite, tant du défaut d’expé-rience de ceux qui ordonnaient les transports, que de l’absenced’une autorité supérieure imprimant une direction unique à tous cesmouvements. On se rappelle, en effet, que pendant cette criseeffroyable, les réquisitions se succédaient sans relâche, toujours ur-gentes, souvent contradictoires. Les gares demeuraient engagées,tantôt par des troupes qui stationnaient sur les quais et les occupaientau départ ou à l’arrivée, tantôt par des trains de munitions et desubsistances pour lesquelles elles servaient de lieu de dépôt et d’ap-provisionnement. Ici, c’étaient des lignes à une voie qui se trouvaientsurchargées en vertu d’ordres donnés; là, c’étaient des embarque-ments prescrits sur des points où cette manœuvre n’était pas prépa-rée. En un mot, tout concourait à amoindrir les ressources que pré-sente, en temps normal, ce puissant moyen de transport; et si l’ony joint la précipitation excusable en face des progrès d’un ennemivictorieux; si l’on y joint aussi le désordre qui accompagne les mou-vements d’une troupe jeune, peu aguerrie et peu disciplinée, oncomprendra ce qu’il a fallu de patience et d’énergie pour répondresans faiblir aux nécessités de la situation.
On ne savait pas alors, ou du moins cette notion n’était pas assezrépandue, que si l’emploi des chemins de fer peut rendre rapides lestransports à grande distance lorsqu’ils sont bien ordonnés, cet em-ploi est au contraire presque toujours une cause de retard pouratteindre vite un but rapproché. Le temps de l’embarquement et dudébarquement, les mesures de sécurité, la nécessité de ne pas exagé-rer la quantité de matériel de transport dont on dispose, la nécessiténon moins grande d’assurer son retour, conduisent à éparpiller leséléments dont se compose une unité de combat, qui doit ainsi se dis-