Band 
Tome III. Services civils et carrières diverses.
Seite
40
JPEG-Download
 

40

PONTS ET CHAUSSÉES.

sait les monts Faucille pour rejoindre la Saône navigable à Port-sur-Saône et relier ainsi le réseau du Nord à l’Est et au Midi. Lesdépartements intéressés firent patriotiquement l’avance des fonds etles travaux, immédiatement attaqués, marchèrent avec assez de rapi-dité pour prendre fin en 1882.

Dans cette grande entreprise, deux hommes se signalèrent à lareconnaissance, non seulement des contrées traversées, mais encoredu pays tout entier : ce sont MM. Frécot et Varroy, appartenanttous les deux au Corps des Ponts et Chaussées. Ils eurent des colla-borateurs dignes d’eux, tant dans les Conseils généraux des dépar-tements syndiqués que dans les Ingénieurs de la contrée, mais c’està eux que revient le principal honneur dans la réalisation de cettepensée d’intérêt national.

M. Frécot, Ingénieur en chef d’abord, puis Inspecteur général, seconsacra exclusivement à cette oeuvre dont il avait pris l’initiativeen 1871. Les projets, comme les travaux, demeurèrent soumis à sahaute direction; il sut concevoir et exécuter et, ce qui est plus diffi-cile peut-être, faire naître et maintenir entre les départements inté-ressés l’union patriotique que permettait la confiance dont il étaitinvesti.

A côté de M. Frécot et sur la même ligne, se place M. Varroy,Ingénieur en chef, Député à l’Assemblée nationale et, plus tard,Ministre des Travaux publics. Animé des mêmes sentiments queM. Frécot dont il partageait les vues, il lui prêta un concours aussiferme que puissant ; et dans la sphère administrative, soit commemembre du Parlement et Ministre, soit quand il était à la tête de laCommission interdépartementale, il a rendu au Canal de l’Est desservices inoubliables.

Ces entreprises du début furent couronnées d’un tel succès quel’opinion publique, confiante dans l’avenir, témoigna hautement ledésir de reprendre les progrès suspendus en ce qui touche les voiesde communication. En conséquence, les Conventions de 1875 avecles Compagnies portèrent l’étendue du réseau concédé à 33 000 ki-lomètres dont 23 5oo étaient en exploitation et q5oo en constructionou à construire, à la fin de 1878.

Dans le même laps de temps, 128 millions purent être consacrésaux travaux de navigation intérieure; un tiers environ de cette