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Tome deuxieme et dernier.
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"áe sont établies & qui se fortifient dans la Suisse depuisenviron cent ans, au sein & sous la protection de la paix,en ne tariroit pas en éloges fur le produit qui en a refluédans la Suisse. On le doit principalement aux Suisses Pro-te/lans ; M. Faejl égale leur industrie-à celle des nations lesplus commerçantes de l’Univers; mais en revanche ilexhale son humeur contre les Suisses catholiques >, quel’appât des richesses de leurs voisins n’a pu encore quefoiblement éveiller de leur létargie, ôcqui ont la bonhomiede se contenter du service militaire à la solde des Puissan-ces étrangères, ou de la vie pastorale, mais martiale ôcnerveuse de leurs ancêtres.

Nous allons parcourir chacun des Etats de la Suisse , &dire un mot des différentes branches de commerce qui yfont établies.

11 parut à Zurich en. 17^4 un Traité (13) de Jean Toul-■quier , fur le Commerce de la République de ce nom. Mais4 ’ouvrage (14) que M. Schin ^a depuis publié fur l’origine ôc,des révolutions du commerce de cette ville, a effacé entie-rement cette production : on y trouve à la fois la profondeurdes recherches, la sagacité des vues, ôc l’aménité du style.

Les habitans, tant de la Ville que du Canton de Zu-rich, font en général industrieux ôc actifs , ils aiment«ous le travail. L’enfant s’en occupe ainsi que le vieillard ;•ceux qui ne font pas livrés aux lettres s’appliquent avec laplus grande activité au commerce. Ils ont diverses manu-factures en foie , en laine ôc en coton. La foie y estcroisée ôc travaillée en toutes formes. La principale ma-nufacture est celle du Crépon , les Zurichois en font undébit considérable, ayant pour la facilité du commercela navigation fur la Limmat qui communique à Y Are avecle Rhin. Leur Crépon est certainement, au jugement desconnoiiïgurs , le plus beau qui se voie. On trouve aussi àZurich des fabriques d’ indienne , de rubans , & sur-toutde mi-cotons , à limitation de celles de Rouen. La moujse-Jine de Zurich a beaucoup de vogue. On y fabrique une quan-tité de toiles, propres à faires des voiles, de la Cotonnine , dela Royale , qu'on envoie en France, ôc en Italie. La toilecrue de lin, qu’on tire de la Souabe , est mise en œuvre àZurich. On croiroit, en voyant presque tous les habitans dela Ville ôc du Canton occupés des fabriques, que tout lepays est proprement une manufacture générale. Le commercede rimprimerie est aussi très - florissant à Zurich, & ontrouve dans cette ville ôc à Tallweil , furies bords du lac ,de belles manufactures de porcelaine ôc de fayence. Laville municipale de Winterthour , située dans le Cantonde Zurich , a auíïi, à l’exemple de fa Métropole, un grandnombre de fabriques de différentes especes. On prétendqu’eiíe seroit plus florissante encore si la jalousie de la Capi-tale ne donnoit des entraves à l’industrie des habitans. Ony fabrique beaucoup de camelots rayés & des étoffes plusépaisses de laine.

E LA SUISSE.

Le commerce est aflez négligé à Beçne ; la perspectivedes emplois de magistrature , 6c la vocation au servicemilitaire présente des objets plus séd-uisans à la jeunesse*Le peu de manufactures & d’entreprifes de négoce qu'offrecette ville , est entre les mains de ceux qui n’ont aucuneespérance de satisfaire leur ambition dans les charges pu-bliques. Avec cette ressource de leur propre industrie, q ulconduit à la propriété la plus indépendante, ces derniersfont peut-être plus voisins du vrai bonheur de la vie privée.M. de Tscharner (iy),de qui j’emprunte cette réflexion,n'a pas voulu décider si l’esprit de négoce est incompa-tible avec celui d’une aristocratie presque militaire d’orí-gine ; mais comme Directeur de la Société économiquede Berne, il soutient qu'il est heureux pour les progrèsdu commerce même, que ceux qui font appellés à fairedes loix, ne s’en occupent pas pour leur propre compte.Ce peu de goût pour une vocation qui tend à l’épargne,ôc le désœuvrement des riches , auquel la constitutionmême de l'Etat contribue , en ne les appellant aux affairesque dans un âge oh le goût du travail vient rarement > fll’habitude n’en est pas déjà prise , explique le penchant auxplaisirs & à la frivolité qu’on reproche aux jeunes Patri-ciens de Berne. La riviere de Y Are , qui environne cetteville, ôc qui est navigable jusqu’au R hin , pourroit assu-rément servir au commerce de la Capitale , où il y a quel-ques fabriques à’indienne , de velours ôc de bas de laine.Les toiles de lin font auísi partie du commerce de Berne; il y.avoir autrefois dans cette ville une si grande quantité deCorroyeurs, que l'on fut obligé de les partager en deuxtribus. •

Les fabriques de YArgeu méritent d’avantage l’oeilobservateur de l’étranger. On y trouve l’aisance ôc l’in-dustrie. Le bourg de Langenthal , le plus considérablede la contrée, est le rendez-vous pour le commerce destoiles, tant de Y Emmenthal que de Y Argeu. C’est auXenvirons de la ville de Zofingen , ôc dans les vallons qui sesuivent depuis cette ville jusqu’à l’extrémité du Comtede Lenrjourg , que Y irrigation est poussée au plus hautpoint, ôc forme la plus grande richesse. On y estime se§meilleures prairies quatre à cinq mille livres de Francel’arpent. Les trois villes municipales de Zofingen , d 'Arnnôc de Len%bourg fleurissent par l’industrie de leurs bour-geois , par le commerce des toiles blanches ôc peintes,des cuirs tannés , de la bonneterie ôc des rubans. La viH siïArau est renommée par les Ouvrages de coutellerie. L*filature des cotons a pris dans YArgeu un ascendant gé-néral sur toutes les autres branches de commerce ; maiscomme elle est sujette à des révolutions, l’interrupti 011des salaires cause chaque fois une misere sensible, ôc onobserve que le peuple, qui s’en occupe, ne se livre p aSvolontiers aux travaux de la terre. Les habitans de YArgeuse font une ressource pour les bestiaux de la culture des

(13) En deux volumes in-és.

(14) En allemand, à Zurich, en 1763, i/z-iz. La ville de Zurich est prin-cipalement redevable de ses manufactures de bas, de mousselines ôc d’au-tres étoffes , à un François réfugié, Jean Bsurguet , natif de Nismes, qui s’ex-patria à cause de la révocation de l’Edit de Nantes. Çet habile Fabriquantavoit pour Adjoint son fils Louis Bourguet , né à Nismes le r; Avril r 6jS , ÔCmort à Neuchâteî en Suisse le 31 Décembre 1743 > I e même qui se fit un

nom par ses connoissances dans l’histoire naturelle, qui étoit de l’Académ !eEtrusque de Cortone , ÔC dont on a entr’autres Ouvrages estimés, une te t(s fsur la formation des fis & des crjfiaux, Amsterdam, 171p. in-iz, & l alliotheque Italique, en seize volumes in- 8°. Voyez son article dans le D lC ”tionnaire historique de la Suisse, par M. Leu, tome IV, p. 243-146* •(*5) Dict. geog. hist. ôc pol. de ía Suisse , tome I, p. m ôc suiv»