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Tome deuxieme et dernier.
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ï|S TA B L E A U X D

quels e taie nt assis le Pape Jean XX1I1, SC P Empereur.Sigifnond } vous nêusjie\pas tant méprisé la salle de Baie ;SC par ce que vous viveç_ dans un fiée le qui a ramené legoût de ïArchitecture grecque, SC le costume d'Athènes ,vous efl-il permis de parler avec Pair du dédain , de lasimplicité gothique des mœurs & des modes du quinzièmeJiecle j vous n ave^_ donc pas fait réflexion que le fau -teuil du Roi D-AGOBERT à S aint-Denys n a pas les grâ-ces de la Sculpture de nos jours. Mais ce n est pas tout ,JPL -le Marquis fait une sortie singulière sur les cabinetsde MM. Bernouilli SC Anoni , parce qu ils n ont pasIélégance SC C étendue de ceux de quelques amateurs deParts. 11 reproche avec vivacité , G même une forte di ai-greur à M. le Professeur Daniel Bernouilli , Auteur deI'Hidrodynamique , de ce qu il calcule pour trois bashespar leçon des angles à tous les polissons de la Républi-que. Ce font fis termes. La pure honêteté les lui a-t-ellediclésl mais lui demander a-t-on , qui pourroit savoir mau-vais gré à un f avant du mérite de Mi. Bernouilli , de cequ ilfiàcrifie fis veilles avec tant de défntérefement à Vins-truction de la jeunesse ? En continuant P examen des ta-bleaux de M. de Pezai , on voit bien qiien partant desbords de la Seine , il s étoit prémuni'de la conviction men-tale , qu hors de Paris il ri y a point de salut , point degoût , ni de délicatesse. AuJJi , imbu de cette prévention pré-dominante , déprime-t-il à’un ton tranchant la danje desmorts dont la peinture ejl attribuée au célèbre Holbein.Mais en revanche , il décrit avec complaisance la situa-tion SC P intérieur du cabaret des trois Rois. Je continueP examen , SC fobserve jusqu au dernier feuillet de la Re-lation de M. le Marquis de Pezai la même prévention ,la même partialité. P^oici comment il s’exprime quand ilveut dessiner ( $ ) le costume des femmes cPune partie dela Suisse.

», Un principe, destructeur de la beauté, est un vice» dans un Gouvernement ; les Suisses ont donc grand torts, de défigurer leurs femmes part un costume auíïï baro-» que. Quand le ciel auroit prodigué les trésors de la» Circassie aux Bâloises & aux Bernoises , je leur défie-„ rois d’être belles avec le rare accoutrement qui les abâ-» tardit & les déguise. Je parle des femmes du peuple,» parce que j’ai le ridicule de croire que le peuple est» quelque chose dans une nation. 11 n’est pas besoin d’en-» trer en Suisse par l’Alsace , pays du plus joli costume du» monde , pour être choqué de celui des grosses Helvé-» tiennes. II est tout à la fois hideux & mal-sain. Dans Pin-» térieur de la France , j’ai été révolté de voir les femmes» des champs revêtues de la livrée dégoûtante de la misere.» Dans le Canton de Baie , j’ai vu avec joie l’aisance per-» mettre à la villageoise Tâchât d’une étoffe ample & so-», lide ; mais mon regret n’a pas été moins amer, quand« j’ai vu la maladresse de la coupe, & T absurdité du dessein» rendre ces habits auffì repoussans que nos haillons.--* Ha-» bitantes des Chalets paisibles du Jura , Nymphes des» rives de YAar, quel charme trouvez-vous à vous nouer» de gros jupons au milieu de vos mamelles, & à meurtrir» vos feins fous cette zone bizarre ? Que veut dire cet

E LA SUISSE .

» amas circulaire de plis verticalement entassés, & mul-» «pliant les disgrâces avec les inconvéniens physiques de,,^ toute ligature ? Pourquoi faire ainsi remonter votre» croupe jusqu’à la racine de vos épaules ? Pourquoi in-» terdire par-là à vos hanches le prononcé de ces volup-» tueux contours , de ces saillans arrondis , dont T aspect» rend le vieillard jeune, l’enfant adulte & le moribond» bien portant ? En vain ces vilains jupons descendent», à peine à vos jarretières , vous êtes parvenues , à force» de maladresse, à rendre même un jupon court désagréa-» b le. Quel regret de voir des attraits dégradés par», le grotesque de la parure ! Quelle image contristante, que» des charmes flétris par Timpression journalière & dou-» loureuse , quoiqu’habituelle , de mille garottemens bar-» bares , obstruant les sources où Pensant va puiser sa vie »» & l’amant le bonheur » !

M. le Marquis de Pe^ai , en décrivant la beauté de l&ville de Berne , dit dans un élan de ravissement ( 6 ) , auquelsuccède bientôt un ton de persiflage. « Là des bastions ôL» des courtines font gardés par des soldats citoyens. Les» revêtemens bien entretenus ne permettent pas de dé-» couvrir là , comme ailleurs , la misere de P Etat dans les» remparts mêmes , destinés à soutenir sa gloire & sa puis-» sance. On est étonné de trouver dans l’Arsenal d’un» peuple pacifique un amas de trois cent pieces de canons» munis de toús leurs agrès , & des armes pour qua-» rante mille combattans ; mais , fi vis pacem , para». hélium, est une devise trop sage, pour qu’un peuple» sage ne la grave pas chez lui. — Après le titre de Ré-» publique, une des choses qui m’a le plus rappellé Pan-», cienne Rome dans Berne moderne, ce font les bainsqu’elle» renferme,& sur-tout la facilité qu’ils offrent, aux amateurs* des galanteries hasardées. A mon passage à Berne, l a» structure de deux monumens bien peu analogues occu-» poit les Architectes du Canton. On bâtissoit une halle» au bled & une salle de Comédie. D’une part, on voyoic» les jeunes Républicains presser les travaux du nouveau» Panthéon ; de l’autre les magnifiques Seigneurs du» Conseil, graves , prévoyans & vieux , promenoient» leurs méditations stoïques. Ils jettoient un douloureux» regard fur ces colonnes corinthiennes, destinées à so u "» tenir le temple de Thalie , & , selon eux , à ébranler» celles de la République. Malgré le front sourcilleux &» Magistral des Catons helvétiens , je voyois travailler» à force à la sale de comédie, & négligemment à la hall®» au bled; je me crus un moment de retour en France:» bientôt je revins de mon erreur , & achevai de me con-» vaincre que la plus grande de toutes seroit de ne p aS» croire par-tout les hommes essentiellement les mêmes»» par-tout, avides de nouveautés ; par-tout, pleins d’amour» propre , & suppliciés par la privation d’une jouissance» possédée par un autre; cette jouissance sut-elle triste t» douloureuse , même quelque chose de pis »,

M. de Peçai, qui ria pas les mêmes opinions que J- ^■Rousseausur les spectacles dans une République , SC qui J ein ‘ble ne voir que par la lunette de P Observatoire de Paris , c 0/l 'tinuefisréflexions morales , puisées plutôt à P école d’E P 1 '

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( 6 ) Pag. 33i O Jiéy,