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Tome deuxieme et dernier.
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MŒURS.

cure qu a celle de Lícurgue. « Ainsi, dit-il , (7) « les loix“ s°tnptuairess’aboliront à Genève, en Suede, àLuques;59 à Berne aura des comédies. — Y a-t-il grand mal à» t0ut cela? Sans doute, répondez-vous , car vous ferez>J la proie du premier peuple brut & nerveux qui viendra

* vous attaquer. — Fort bien. Mais quand tous les peuples” à monde auront des comédies & des boudoirs ( commes Ce l a csì infaillible ) , quel fera le vainqueur ? Ils fe trou-veront tous au pair, ôc auront tous des jouissances deplus. Voilà les Russes qui ont pris Cracovíe d’assaut, il ya deux ans , fans piller ni violer; vous voyez bien clai-rement que voilà les peuples du Nord qui perdent leur

J> nerf comme les autres ; disons leur férocité, ôc gar-dons-nous de croire que, si l’abus des arts les fait confpi-rer a la moleífe & à la corruption des mœurs, il n'esìpas possible de les faire servir à la gloire des nations,comme aux charmes de la vie privée. — Suisses , Russes,rançois , hommes, ayez des spectacles; mais que leur^ morale soit pure & point pédante , vous ferez pluscnfibles, moins ennuyés , ôc non moins braves. Ayez des' culpteurs, des Peintres, ôc de belles étoffes ; mais que■ es citoyens utiles puissent seuls posséder l’argent avec le-S u el on a des tableaux, des statues &de beaux habits,croyez enfin que , pour être heureux, il faut éviter éga-e ment le vice ôc 1 ennui ».

Quelle morale ! Je ne suivrai pas M. de Pezai dans son^yage à l a cascade du Staub - Bach ou du Ruisseau de°nffiere, ni aux montagnes glacées dans le Grindelwald ,aiS I e m arrête à son chapitre ( 8 ) sur thospitalité en^j^ era ^ > dC sur les auberges de la Suiffe en particulier.

0n steur le Marquis se plaint douloureusement de P écot? e luifit payer Phôte de Bâleaux Trois-Rois. Mais pou -^ L P en J e r que , pour avoir sait une chere délicate , ile/2 couteroit infiniment moins que fur la route de Ida -'jort jsur laquelle , SC particulièrement dans la proxi-e de la Capitale , on fait payer les voyageurs beau-P P^ us cherement qu à Baie , SC cela , pour un dinerl u s souper tres -médiocre. Je ne veux pas faire ici l’apo-bre 6 ^ au ^ er S es de la Suisse , je sais que dans le nom -^ y en a. où. P on est véritablement rançonné , sur-tout^ es villages. Mais la cherté des vivres a augmentéde p 0 ]? 1 * ^ ^ eS J d- U ^’ er §ifies fuisses seroient-ils les seulsj Ur °Pe , a qui on disptiteroit le droit de rançonnerp °s a §eurs. Mais M. le Marquis de Pezai ne se rend

CeS ra Ìf ons ' P'oici comme il exprime son mècontente-ì dd ce trait d humeur lui arrache un aveu qui , pris^ Un ^ Cen ain sens , peut autoriser cette critique. « MaisP eut ' e fre vingt personnes ont-elles soupé le même jour„ ° Ur ^cn dans la même auberge : ah ! si j’ai payé cher,» ^°mme François, je le mérite bien par ma légèreté à juger

co^ une nat i° n fi fige.-J’étois à même de me

du^fà*^ ^ ans re ^ e de ma route , du vrai oule aU * tOUS mes raisonn emens. J’avois congédiéî^ois quarts de mon petit équipage à Baie même.

* p . 1 0rme dtoit au fond du porte-manteau. Je voya-

1S d ans le costume d’un Philosophe , d’un simple

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» curieux , d’un Peintre, & le Costume d’un Peintre ,

» chez aucune nation du monde , n’a jamais affiché» l’opuience. -— Précaution vaine ! jufqu’à présent elle» n’a servi qu’à me prouver fans réplique que les bons» Suisses font encore plus avares que les frivoles françois,

» avares & prodigues tout-à-la-fois. J’ai trouvé par-touc» une disproportion indécente entre le salaire ôc le fer-» vice, & je n’ai jamais taxé cette disproportion d’indé-» cence qu’après un examen raisonné du surtaux que» les circonstances pouvoient apporter localement au prix» des denrées. A cette usure coupable, j’ai vu souvent se» joindre une façon plus révoltante d’en percevoir le pro-i» duit illégitime. En Hollande, le patriote qui vend ajoute» au premier surtaux, dès que l’étranger marchande. Cet» usage est pratiqué parfaitement dans les Cantons. Un» Apologiste banal peut y trouver une noble rudesse ;

» moi, je n’y vois que de la brutalité , ôc une injure aux» loix de tous les pays. — On ne fe doute pas jufqu’ou» cette vexation & cette âpreté , contre lesquelles je me» recrie , font portées dans l’intérieur des montagnes.» On est tout étonné de retrouver la rapacité du traitant» dans ces antres que l’on croit habités par des hommes» grossiers, robustes, heureux, 6t ignorant jùfqu’à l’ufage» pernicieux de l’argent. Un étranger qui les visite est une» proie : un écu qui sonne les fait accourir. Est-ce mifere» ou avarice ? Lequel vaut mieux à cet excès » ? M. dePe^ai eût defirè de voir régner en Suise la douce hospi-talité , cette vertu tant vantée des anciens. Mais en quelpays la trouve-t-on auj ourdi hui ? Que ces sentimens commencent par s*établir en France , cette nation qui donnespour ainfi dire , le ton d toutes les autres de P Europe ; -le bon exemple gagne de proche en proche , SC je ne doute,pas qiiavec le temps il ne soit imité en Suisse , en Alle-magne SC ailleurs.

Je réserve au Chapitre des Usages les observations queM. de Pe%ai a faites (<?) en Suisse fur les barrières ôc furles mendians ; ôc à cet égard je ne puis le trouver blâ«<niable ; mais un seul passage judicieux ne dédommage pas dela foule d’erreurs ôc de fausses critiques répandues dans toutela relation de son voyage, qu’il fembleroit n’avoir entreprisqu’avec la ferme résolution de trouver le pays ridicule.

Mais, poursuit notre judicieux Critique, ce nétoit pasainfi que le sage Fénélon saisoit voyager Télémaque enEgypte, àTyr & en Crete. A u reste , laprévention nationale yune morgue intolérante , un je nesais quel ton qu! on asuccéavec le lait sait quesouvent } en quittant Paris , onpromeneenAllemagne & en Italie la même témérité de jugement qu!onétaloit dans les loges de /f Opéra. M. de Pezai, ainfi imbu deprincipes qui lui inspiroient une prévention injuste , eût àmon avis beaucoup mieux fait de rester fur les bords de laSeine que J aller parcourir des contrées où l’on fe pique dia.voir plus de bon sens que d’esprit.

Après avoir rapporté les réflexions du Suisse Penseursfur le livre de M. de Pe?ai , je vais commencer le tableaumoral de VHelvétie moderne ; mais avant que d’entrerdans ce détail, j’offrirai la maniéré dont on apprécioit les

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(p) Pag. z3r

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