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Tome deuxieme et dernier.
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Rabelais (p), qui dit dans son Pantagruel: les Suijses ,■P^Hple maintenant hardi SC belliqueux , que Javans-nous ,fi jadis efloient ( 1 o) Saulcijjes.

Le tableau moral manque dans la plupart des descriptionse sc Suisse, leurs Auteurs ou par délicatesse ou par igno-ran ce, ont craint de l’entreprendre; parmi ceux qui ont eu leMurage de 1 esquisser, on loue (n) Ascagne, Marfus ouar fiì de Milan, envoyé de PEmpereur & du Roi d’Es-pagne en Suisse depuis 1555 jusquen 1559. Entr autresArticles, il traite de Torigine des Suisses, il traçe leur const-itution physique, & l’éducation de leurs enfans. Lesar ticlesde la nourriture & de la boisson de ces peuples, ceuxe leur naturel laborieux, des maladies auxquelles ils fontl ecs > & des remedes dont ils usent pour leur guérison,travaillés avec foin. Marfi parle auílì de la Noblesse

îeu ^ tr ° Uve en ^ u ^" e ì de la bonne foi des Habitans & deUr ^délité a remplir les traités & les alliances, il n’oublîeP as de noter les vices, les désordres & les abus qu’il a dé-couverts dans la Nation; il décrit PhabÏHement des Suisses,ait un magnifique éloge de leur valeur militaire. Voici^onirnent il caractérise l’égoisme qui dominoit alors les in-\ ^'Nous traduirons littéralement ses paroles :«L’ava-rice & 1 intérêt personnel ont auílì pris racine dans ce» f 8 * ^olqu'onne les y eût connus que très-foiblement, ^ a ^atre-vingt-ans ; mais nous avons parlé ci-devanth , 6S a ^ us ont altéré l’ancienne simplicité ou la can-^ eur de ces peuples ; leurs liaisons avec les Princes}j dangers qui les recherclioient en ont été la cause. Et}) ^oique les personnes sensées s’attachent à marquer deh 3 Modération ôc de la discrétion dans leur conduite , onM etlc ontre aujourd’hui dans ce peuple, des gens qui,Malheureusement, au très-grand préjudice de la réputa-tl0n §dnérale, perdent toute honte & toute retenue,^ P°ur 1 appas d’un vil métal. Mais nous voulons espérer» VGC tem P s une ^ a ë e reforme mettra ordre à ce» r 1£C * re ^ e 3 ^ es suisses ne font pas les seuls ainsi* j 1 *” Sî d autres Nations & d’autres pays font malades^ ans le même hôpital ».

^"0 d entrer dans un plus grand détail suries * Ion me permette de transcrire ici

^vant ^ u encrer aans un plus grand détail lur les mœurs

^'gneTd 1 ° n me P ermette de transcrire ici quelquese n . U P a rallele qu un grand Général au dernier siecle

dan s V s tfaltaVeclesHollandoiSi Henri > Duc de Rosan,on excellent traité (i 2 ) de Y intérêt des Princes ò*

U R S. i6i

Efiats de la Chrejlienti , dépeint ainsi îes deux Nations*

« Des deux. côtés de cette vaste Province, sc font for"» mées deux Républiques formidables entre les autres Puise» fan ces de la chrétienté > & pour la valeur de leurs peuples,» & par la forme de léttf état i de forte qu’à bon droit» on les pourroit appelles les deux bras de l’Allemagne; le» droit est la Suisse, le gauche est le Pâys-Bas-Uni ; P un» est entre les rochers & les précipices : l’autre est entre» les mers & les marées: Pundetnine les Alpes, & l’autre» POcéan. Le naturel des Peuples de Pun à de l’autre est» si conforme à la nature du pays qu’ils habitent, que les» Suisses semblent faits pour les montagnes, & les mon*» tagnes pour les Suisses ; la mer pour les Hollandois, ôc» les Hollandois pour la mer: en Suisse chaque Canton est» Républiqué,dans les Pays-Bas chaque Province Pest aussi.» Les Suisses vendent la liberté de leurs corps aux autres ,a» & gardent pour eux celle du pays. Les Hollandois gar-» dent leur liberté toute entiere. La longue paix a enrichi» ceux-là ; ceux-ci fleurissent par la continuation de la» guerre: l’intérêt des Suisses est la paix, & les Hollan-» dois doivent avoir pour maxime d’estre toujours etï» armes. Ces deux Républiques ne peuvent pour leur stub*» sistance s’allier mieux qu’avec la France, qui enrichie» les Suisses par son àrgent, ôc soutient les Hollandois.» par son Conseil, & par ses armes, &c. &c. ».

Je vais donner dans ce premier paragraphe, le tableaudes mœurs dans les Arijlocraties de la Suisse , je veux diracelui des villes de Berne & de Lucerne. Je connois tous lesreproches amers que P Auteur de P Reutelìa (13), faifoitenen 1 6$9 aux Suisses de son temps, & particulièrement auxBernois, ses concitoyens. Mais, ainsi que je l’ai remarquéà son (14) article; cet Auteur étoit excessif, & même onobserve la fievre du fanatisme dans plusieurs endroits de fadescription.

Berne est une ville charmante pour la société. La politessefrançoise, entremêlée de la gravité angloise, caractériseen général ses Habitans. La brillante jeunesse copie assezfidèlement les pays où elle a servi ou voyagé. Les Dames yfont fur le meilleur ton. Autrefois on leur reprochoit dela hauteur, Pair fier a disparu, le caractère aimable l’a rem-placé , & si elles passoient des rives de Y Are à celles de laSeine , on leur trouveroit à peine des nuances étrangères.Malgré les lpix somptuaires, elles font mises élégam-

f ° me H' Panta mel,liv. IV , chap. XXXVIII, p. 97. Aros-d->) 5 Ur * 41 " l -A êc figures.

1 » fait ^ ,£ ^ uc ^ at ( m ême édition de Rabelais, tome II, p. 97,*’ que s , eTVation vivante :« Erasme, dans celui (*) de ses collo-* t e atusìn e r ^° Ur tltre " Gonjugìum impar , le mariage inégal. Intérim proiiit94 figent S u i t ^°^ US * j runco na f° » <dteram trahens tibiam ; fied minus féliciter quàm94 teux épou x * C ^"à-dire, cependant nous vîmes paroitre ce trop heu-45 te ulement aVec / on uer: mutilé, traînant une jambe, mais moins heu-" vetìia 4 fai qUe n ' ont coutume de faire les Suif es. Sur lequel endroit Schre-94 Giclais f e j CCtte note : N° tat afeâlatum incefum Helvetiorum. Ainfi quanda> des Saueìss' 11 douter íi les Suif es n’auroient pas été originairement94 ^Uvoicnt S> ^ v ‘^^ e lu'il en veut à leur allure, que bien de gens

94 «‘agit poio^” ^ eu S r 3ve pour une nation íì belliqueuse. Mais il ne

94 Çue pi Us ^ l £ l d e iè démarche ordinaire des Suifes ; & comme, lors-* 4 ^hues Sifrçj ^ uteur fe mocque auílì des Bretons 8c de leurs Trions andouil-94 ^Ur mani e h ^ * n ne f^étend reprocher aux Bretons aucun défaut danse marcher, il efl fur qu’ici de même fa Satyre ne tombe

» que fur les danses des Suifes, en ce que les pas de ces danses consistent« en un continuel traînement de jambes ; ces pas répondoient mal au cou-» rage ferme de cette nation. Coquillart , en son blason des armes 8c des» danses » :

tes Ecoísois font les répliqués,'

Praguois & Bretons bretonnans.

Les Suysses danceni leurs MorisquesA tous leurs tabeurains sonnans.

(n) M. de Haller nous a fait connoître dáns fa Bibliothèque helvétiquettome IV, p. 31-37 , la relation de Marfus 8c la version qu’en avoiffait*en allemand dans Tannée i;88 , le Chancelier de Lucerne, Renouard Çysatpcette traduction mériteroit d’être imprimée avec un íupplément du tableaamoral de notre tems.

(12) Page 114, try. Paris, 1658,771-12»

(iz) Rn allemand, Lutetiœ, 16yc>, in-^tz, ciimfig .

(14) A l’article Graviset , parmi les Historiens de la Su fie.

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vanorum , açcurante Corndio Schrtnlio, x. jáS. Lugiimi Bitmrìim. Radius , 1SL4, in-8°, fumfifa

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