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C° x e ì quî a parcouru, dans une course rapide de quel-^ Ues w ois, les quatre coins de la Suisse, qu’un de mesatllls a ppelloit, à cause de sa situation, le superbe donjondelEurope, Voici commel’observateur Anglois parle (3 1)premier des Cantons Catholiques « La ville de Lucernen contient à peine trois mille habitans, n’a aucune manu*àâure de la moindre conséquence, ôc peu de com-m erce. Quant aux lettres, c’eíl de tous les pays duS nronde celui où elles trouvent le moins d’encourage-m ent, ôc conséquemment où elles sont le moins culti-ò v^es. Q ue n e différence de cette ville à celle de Zu-M ric h ! La population de ce Canton est considérablementau gmentée depuis le commencement de ce siecle; cequi est une preuve non équivoque de la douceur ôc de* 1 équité du Gouvernement. Les habitans, à ce que l’on' m a dit, sont presque tous occupés de l’agriculture».Maiser vons à M. Coxe (32) que si dans son passage à Lucerne ,eu t connu M. de Balthasar , Sénateur & Trésorier deRépublique, ce Magistrat, qui éclaire la Suisse pares écrits, ôc encourage les lettres dans fa patrie, il eûtP u prendre de lui des instructions qui auroient rendu lel eau qu’il présente de cette ville plus exact. Le géniees Lucemois seroit propre à toutes les sciences, s’il étoitj^ Us cultivé, ôt on peut voir dans le livre (33) qu’a donné^ Balthasar , les noms des Hommes illustres dans
^épée ôc ] a robe, & ceux des Savans ôc Artistes céle-res que Lucerne a produits en dissérens tems.
Le désoeuvrement, le penchant pour les amusemens ,es ^emblées, étouffent, ou du moins suspendent dans^ue partie de la jeune noblesse les talens que la nature2 donnés. Le beau sexe de Lucerne est en généraltre s~airnable , ôc offre dans les maniérés presque les mêmesNuances que celui de Soleure. On remarque que la révo-tl0ti dans la íphere morale de cette ville a été subite,qu elle est due au concours de diverses causes dont letem Ps avoit amené insensiblement les effets qui se sontManifestés avec une extrême rapidité.
^ Y a dans Lucerne un grand pont qui sert de pro-Menade aux politiques ôc à la jeunesse désœuvrée. LesMœurs y font douces en général ôc les maniérés poliesP^mi les gens de naissance, ôc même dans la bourgeoisief 1 ne n églige rien pour l’éducation de ses enfans. L’âpretéMœurs antiques a disparu presque par toute la ville,
S d en reste encore des traces , il faut l’attribuer enP^de au voisinage des Etats démocratiques. Mais ce n’estP°Mt parmi le beau sexe que ces traces se font remar-C [ Uer * Les femmes y ont les maniérés ôc l’efprit très-cul-lv ^ s » ôc elles ont acquis un ton d’élégance ôc de goût
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qui ne les distingueroít presque pas de celles des villes del’Europe les plus perfectionnées à cet égard, si comme ail-leurs l’ufage du rouge s’étoit introduit parmi elles. Maisà Lucerne ôc en général dans les autres villes de la Suisse ,toute espece de fard est proscrit. Je ne me connois pas enpeinture , disoit un Ambassadeur turc à un françois quivouloir lui faire voir les beautés de Paris. Si l’envie deplaire fe manifeste parmi le beau sexe de la Suisse commepar-tout ailleurs, par le goût d’une parure élégante ôcrecherchée ; au moins a-t-il été préservé jusqu’ici par cesage reglement des effets pernicieux à la santé qu’engendrePusage ridicule des cosmétiques ; ôc l’on ne reprocherapoint aux Dames suisses de masquer les agrémens natu-rels de leur figure par un attrait faux ôc factice qui 9loin d’ajouter à la beauté, ne tend qu’à la flétrir ôc àdéshonorer la nature.
On m’a insinué à mon passage à Lucerne qu’il régnoit dstemps à autre beaucoup de motions sécrétés dans la classedes Patriciens , ôc entr’eux ôc les bourgeois, qui tendoientà la désunion. Je m’abstiendrai d’entrer dans le détaildes motifs qui occasionnent ces dissensions intérieures.Je connois dans l’Univers une République où l’on n’apas les moyens d’être ami ni ennemi l’un de l’autre plusde vingt-quatre heures, parce que dans cet intervalle ilsurvient toujours nécessairement des incidens qui déran-gent les dispositions primitives. Un cercle circonscrit desfamilles habiles au Gouvernement, presque toutes liéesensemble par l’affinité du sang , mais plus ou moins ri-vales dans leurs prétentions , ne sauroit jamais être romputotalement, malgré les impulsions de l’envie si naturelleaux hommes en général Ôc aux Républicains en particu-lier. Une charge vacante par mort ou autrement , unmariage, une succession, voilà autant de motifs pour rap-procher les esprits, ou les éloigner. Maîs ces cauíès sonttoujours momentanées , ôc elles offrent aux yeux du spec-tateur l’image du flux ôc reflux de la mer.. Le rasinemencsait préparer quelque fois des batteries, mais un rien peutles déranger dans un état où les prétendans fe croisent ôcse réunissent à chaque événement relatif à leurs vues. Ceque je viens de dire peut être appliqué à toutes les Ré-publiques.
11 y a divers proverbes en Suisse que l’on applique aux ha-bitans de chacun des cantons ôc états du corps helvétique. Patexemple , il y a un proverbe allemand fur les Lucernois ,dont voici le sens : Seller de bon matin son cheval SC semettre tard en route ; telle est la coutume des habitans deLucerne. Mais on pourroit appliquer ce proverbe à biend’autres nations. Les habitans de Lucerne passent généra-
S 1 ' Lettres fur la Suisse, tome I , p. 90.
j-g ^ £S Observations ont le pas du ge'ant; mais, malgré cette rapidité,la I ? îettant àns fa position d’étranger 8c de voyageur, on fera surprisv aut ' riC ^ e ^ e à f es remarques. L’édition de Paris avec le supplément,^oioient m * eux <l ue celle de Lausanne, qui a été mutilée , 8c ne con-«3 e ?. 3s Instructif Commentaire de M. Ramond. C’est ainsi que jugeoit
Hé lVre un savant Suisse. Mais fans porter appel contre fa décision, onre nce' lt ce P e ndant fe refuser de faire l’obfervation suivante : Quelle diffé-, entre les tableaux de l’Anglois Coxe ,&c ceux qu’on trouve dans lesrw (*) historiques & critiques fur PItalie, par le Docteur Jean Joseph
Voìkmann , 8c dans lesquels, outre îa description éxacte du pays, font cellesdes mœurs, des usages, du gouvernement, du commerce, de l'économie,de l’e'tat des sciences, 8c fur-tout des ouvrages de l’art, avec leur apprécia-tion, le tout extrait des relations les plus récentes des voyageurs François8 í Anglois, 8e accompagné de remarques. Ce font d'excellens Mémoires ,bien rédigés, 8c qui mériteraient d etre traduits en françois-
(33) Musse u m vira rum Lucernatum fama 8c meritis iluslrium quorumimagines ad vivum depictœ vifuntur cum inscriptionibus. Lucernœ, 1777»ìn- 4 0 .
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0nt kaui çn allemand à Leipzig, en 1770, 1771 , en trois, volume* in-8°, chez Çaspar Fritsch.