MŒURS.
^posant i Théologie naturalis & experìmentaHs ; la forme® ce livre est originale, il est divisé en trois. parties ,acune contient quatre chansons : la premíere partie traitea Botanique des Alpes, ôc de son utilité ; la seconde estconsacrée à la vie pastorale des habitans des Alpes dans lesj 1 Rentes faisons de Tannée , 6c la troisième offredescription des minéraux 6c pétrifications de ces mon-^gnes & de leurs diverses productions. L’Auteur a ornép chansons de remarques singulières. En parlant (18) desains a ^ 6>S ^ eS ^P es * H dic qu’il en a vu de cent ans ,
1 qu on pouvoit le juger par la date marquée fur lacr °ute ; il assure que les habitans des Alpes ont la cou-, lorsqu il sour naît un enfant, de graver son nom,dat 0"^ à ^nnée de fa naissance fur un fromage de la mêmee j & qu’ils l e conservent précieusement pour leurs en-dcr ^ leurs petits-enfans. II rapporte à ce sujet l’anec-: ^ U m ^ eu des guerres du Milanès our 3 u ^ es acquirent une si haute réputation , 6c obtin-j n |P 0Ur P r ix de leur valeur les Bailliages ultramontains,^ Uc de Milan (Maximilien S force} traitoit un jour^gnifiq u è me nt dans son Palais leurs Ambassadeurs. Ontr Vlt au dessert les fruits les plus exquis, 6c, entr’au-3 1 d es figues. Nous avons ici , dit le Prince à fes con-es * ces fruits ious les ans deuxfois. Un des Ambassadeurs,Vas ^ P r °P 0S excita ù profiter de l’occasion pour faire auíîido ^ l'^oductions de son pays , dit à l’oreille de son^^efiique de lui aller chercher au plus vîte le beau siro-ps 6 ^ ^ avo * c a PP ort d avec lui de la Suisse ; il le fit serviravQrí en disant au Duc : Voilà des fruits que nousbea S t0US ^ es S ours ? anr tée deux fois che^nous. Et en effet^coup de paysans font un fromage tous les matinsôc soirs.S 0cr ' 6 a convaincu (20) , par Pexemple de son
j es ? te ru fi^tie (21) , que Pâme humaine peut dans tousta ietis ^ dépl ° yer moralité de fes forces ; que les grandsc j a i|. Sne f° nt jamais perdus pour la société, dans quelquegra d ^ Ue C6 ^ U ^ ^ ^ es possède soit placé ; & que la véritablefes -v- 11 ^ homme consiste dans un rapport exact de
tivat ° nS SVeC leS faculcés dont il est doué. Le cui-de
ho
tice ’ * art ^ an > le savant, le Magistrat qui rend la jus-* e militaire qui doit défendre la Patrie , chaqueq u ^î me 3 selon à vocation , trouvera suffisamment del e . exerce r ses facultés , 6c tous mériteront égalementde vrais Parlotes, pourvu que chacun fasse dansa re * ° U H Pe trouve piacé, un bon usage du talent qu’ilau tant*'^ n oàivateur sage 6c éclairé pourra contribuerhabile T ^ P^áction générale que le législateur le plusfes v *r Rompis de ce cultivateur influera peu-à-peu furUn Ins 3 à pourra ramener les bonnes mœurs dans toutcontré^ 6 * d e “ là elles iront se répandre sur toute unedeìe ri! " * 6S v hlages des environs qui auront un pareil mo-
ter » 1 T** ^ CS ^ euX 3 ne pourront manquer d’en profi-tent^ o^heur , qui en découlera, n échappera pas à Pât-res u législateur vigilant, qui en prendra occasion dedeven ,r ^ lêgistation, 6c futilité ne pourra manquer de
nic universelle.
(i§) partie, chanson premíere, p. r r. >
^ eC ° nde part ^ e ’ ^ânson premíere, p. 17, 19.
paysan Philosophe du Canton de Zurich, tom. I, p. j.6'4-
e U éC dernier .
Aucun Canton de la Suisse n’est auílì bien cultivé quecelui de Zurich. Le paysan y est généralement heureux,6c quoiqu’il soit rustre de son naturel, on ne pourroifaujourd’hui sans injustice employer contre lui ce proverbedont il a pu autrefois mériter l’application :
Rujlica progenies nefeit hahere tnodum.
Le paysan de Zurich acquiert de jour en jour des mœursplus douces , grâces au commerce de la Capitale ; il met dela réglé ôc de l’exactitude dans fa conduite, 6c on trouveà la campagne un plus grand fond de Religion, que dansles villes où plusieurs causes étrangères conspirent secrè-tement à Pébranler.
Les Bailliages de la Turgovie , de Baden , du Rhein -thaï , de Sargans 6c de YArgeu libre qui dépendent deplusieurs Cantons, ôc dans lesquels la population est con-sidérable , copient assez volontiers les maniérés de leursvoisins. Dans les uns, on trouve plus d’activité pour l’éco-no mie rurale que pour l’industrie ou le commerce. Dansd’autres, on remarque une sorte d’indifférence pour l’agri-culture, ôc un vif attachement aux travaux des fabriques.'Ces diverses aptitudes influent nécessairement fur les mœurs.Le cultivateur n a pas celles du marchand ou du fabrica-teur. On reprochoit autrefois aux Turgoviens & aux Ar~goviens libres un grand penchant pour la chicane. Maison observe quils s’en corrigent journellement depuis queles Baillifs attentifs à leurs contentions , les répriment pardes amendes extraordinaires.
Le paysan de P Entlibuch , au Canton de Lucerne, ôccelui des autres Bailliages de ce Canton, sont deux efpe-ces d’hommes différens en ce qui concerne les mœurs ôcles usages. Mais , quoique greffiers, ils ont entr’eux unpoint de ralliement, celui de l’intérêt; l’aisance , & mêmela richesse se trouvent parmi un grand nombre d’indivi-dus de ce Canton. Plus ils ont d’enfans, plus ils prospè-rent. Le soin de les élever ne les inquiette pas, ôc aubout de peu d’années, Pensant concourt par son travailau bonheur de ses parens. II n’en est pas de même des ci-toyens d’u ne ville, où le grand nombre d’enfans ruine lesfamilles les plus opulentes. Ce qu’il en coûte pour leur édu-cation ôc pour leur établissement, fans qu’ils soient utilesà leurs parens, doit nécessairement épuiser d’avance lafond de la succession qu’ils attendent un jour, ôc qui, di-visé en trop de parts, ne peut jamais offrir aux héritiersqu’un état de médiocrité. Je parle ici des familles con-sacrées au Gouvernement, ôc qui, par leur état, ne fontni commerce ni métier. Le caractère du paysan de VEnt-libuch a dans fa maniéré de penser ôc de parler une tour-nure qui offre un rapport singulier avec celles des habi-tans du Canton (Y Appen^ell, au lieu que le paysan duGeu , autrement le plat-pays du Canton de Lucerne , res-semble beaucoup à fes voisins de YArgeu. Les Entlibu -ckois ont tenté à différentes reprises de se rendre indé-pendans ; mais ils ont toujours échoué dans cette entreprise.Ils sont grands, robustes, ôc se distinguent par un habille-
2 66 . Lausanne, 1 777 , mu, avec figures.
(21) Autrement Jacques Gouyer, natif de Wermstchweil , dans la Paroisseá’Ufier , appelle vulgairement Petit-Jacques, en allemand Klfiogg.
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