/
•\
TABLEAUX DE LA SUISSE.
A de nouveaux visages ; art qui leur assure l’immortaìité.« Les plus beaux cheveux font rebrousse'? tout plats en« arriéré, ôc cachés fous uns coëffe d’étoffe en or ou en» argent, & cette coeffe n’est pas plus grande que les3> bonnets plats & ronds de nos paysans, au moins eh-» a-t-elle presque la forme , ôc telle que celle des bon-B nets ou calottes que les Abbés portent à Rome fousî* leurs chapeaux. En un mot c’est une coëffure si peu» avantageuse, qu’elle fait tort aux plus belles. Ajoutezr, à^cela, ce qui est encore auísi triste, qu’excepté lesbagues , le beau sexe n’ofe porter aucune pierreries,» pas même la moindre dentelle du Brabant ».
Le même Auteur écrivoit de Soleure le 11 Octobre'.176;, à une Dame d’Aìlemagne , la lettre suivante que jetraduis auísi de 1 allemand, s Mais que direz-vous, Madame,» de la défense de toute mascarade & de-tou tpicqueniqueD da n s Baie ; il est. même défendu de donner à danser àhuis clos dans fa propre maison; on ne le permet» que lors des mariages, ôc encore dans deux occasions,» mais quelles occasions ; à un tirage public dans la salle» de Y Arquebuse , salle commune ôc très - transparente ,» ou fur la place même, en plein air ôc au soleil : assu-» rément peu de personnes, excepté les gens de la basser, classe, profiteroient de la premiere de ces occasions;î) ôc pour la derniere on ne l’a pas souvent à sa disposition.
» Mais pour peu qu il tombe de^la neige , on ne manquer, pas de lier une partie de trainaux, quand même elle» seroit très-incommode, on l'arrange, le tout parce qu’on„ est sûr de danser à sa suite. Et pourquoi cet empressement ?
» parce que l’invitation paroît juste, étant approuvéeM du ciel ôc par le Magistrat ».
Mais, comme M. Andréas lui-même l’a observé (451)d’après l’avis qu’il reçut de Baie le zo Mai 1766 , on ne•vient plus dans cette ville habillé comme les ancêtres dansleurs portraits ; les gens de condition font toujours misà la françoi/k , excepté les Dimanches, où tout Bâlois,est obligé de paroître en noir : les Dames y portent desmantilles. M. Andréas dit qu’il nY vu à Bsile qu’unefeule Dame frisée à la Françoise. Un article dû tégleimentde la Réformation , après avoir exposé combien, il est in-décent aux Dames de se faire friser par des hommes, leurrecommande d’éviter l’excès de la frisure.
Les mascarades font toujours défendues à Bâle\ onpeut y tenir des bais ôc y danser, mais fans masques, auísisouvent qu’on le veut ; il y a même depuis quelquesannées des bals réglés par semaine. On va quelquefoisdanser au village du petit Runingue , dans le Canton deBâle, après qu’on a formé auparavant une partie. Au reste,les jeunes gens font ici portés en général à toutes lesfolies du luxe. Auísi, malgré les loix somptuaires, dépen-sent-ils plus dans Une semaine que leurs ancêtres n’eus-sent fait dans un an. En un mot, le luxe monte plus hauttous les jours, ôc tous les réglemens ne font pas assezpuissans pour le réprimer. Au Canton de Berne , lespaysans d’un âge avancé portent de longues barbes commeceux de la F orêt-Noire.
M. .índreas (yo) dit q u’en arrivant à Berne û s'eclie cru en Turquie, lorsqu’il apperçut les Dames,
florence pour dé-
routes bien mises , porter un voile ce J
rober les grâces de leur visage aux yeux profanes des hom-mes. Par bonheur , ajoute-t-il, bientôt je remarquailes hommes ne portent point ici de turbans , mats tioschapeaux ordinaires cela me tira au plutôt de mon erreurpleine d'effroi. Ce voile garantit les Dames non-Jeuleinentdu Joleil , mats encore contt e le vent, qu un beau minoiscraint avec raison , SC , ce quiejl'auffi importants contreles guêpes SC les mouches .
A Baden , dans l’Argeu, les femmes portent des co essesd’une large ôc merveilleuse structure 1 ', avec des oreillesépatées. —- Depuis Thoun jusqu’à Berne , les paysagesportent des chapeaux d’homme , noirs , rabattus ; dans leCanton de Fribourg , de jolis chapeaux de paille, ôc de-puis Roche jusqu’à Aigle , de très - grands chapeaux depaille , dont le milieu s’éleve en forme piramidale. ■— Dansle pays de Knid jusqu’à Genève ôc Neuchatel , un habittrès-bien coupé , àvec le négligé à la françoije , ou enmousseline tombante.— Dans le Canton de Soleure ôc dansune partie du Canton allemand de Berne , de petits cha-peaux de paille charmans, mais auísi, avec les longues tresse 3du Canton de Bâle. M. Andréas (y 1) dit avoir vu à I 3foire de Zur\ach les çoëffures de toute la Suisse , étroi-tes , larges , éiévées, plates, courtes , longues , unies ,frisées, blanches-, noires; de tres-petites , de très-gran-des, en fleurs, en plumes ôc en rubans , en foie, en ar-gent , en or, ôcc. ; des coëffes en gala , à la Sultane , avecle voile , ôcc.
L’habillementdes femmes {pd) du pays de Hase j , au Can-ton de Berne , a une ressemblance frappante avec celui desGrecques modernes de quelques ifles ; leur coëffure a ^même analogie, ôc les veuves portent, dans ces monta-gnes , un bonnet en mortier, qui répond absolument auAmitres des femmes de X Archipel ; mais il est beaucoup moinshaut. Rien de plus élégant que la coëffure des femmes duMa^el , qui font presque toutes grandes ôc belles : leurs che-veux , dont la couleur est généralement superbe, sont part 3 'gés vers le toupet en deux parties, ôc ramenés agréablementvers lë chignon , qui est tissu avec des rubans , en longuestresses ou pendantes, ou entrelacées négligemment 3U “tour de leur tête ; mais le reste de leur ajustement ne répond point du tout aux grâces de cette coëffure, ôc l eurtaille naturellement légère est ensevelie sous les psi sleurs jupons, qu’elles ont l’absurde coutume d’attach eCfl haut, qu’elles en paroissent difformes.
Les paysanes du Canton de Soleure portent toute l’ 3nndes chapeaux de paille finement travaillés, qui leur doUnent un air coquet; ces chapeaux semblent déjà ann on ceCle printems durant les frimats de l’hiver. On les app een allemand scheinchut , en latin peta^us ou pileus tf Afœninus , c’est-à-dire, le chapeau de paille.
Dans le Canton de Schweiiç, ôc à Egeri , dans cede Zoug , on voit les femmes du peuple, armées d’une p*P *fumer avec autant de volupté que les femmes Moscov l£eS
(49) llìclem , p. 188 Sc íuiv.
(50} Ibidem, p. 184.
4 ;i) Ibidem , p. 28*.
(52) M. 'Coxe , Lettres fur la Suisse , tome
I, p. zzi 8í 9 , avec les
ob-
(53) Scheìnhut signifie proprement un chapeau pour se couvrir du soleilmention du pikus fœninus , ou chapeau de paille, dans la Chconi^1 Abbé à'Usperg (lib. III, p. ccxx. Argentorati, 1540 , in-sol.).
M>