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DIVERS USAGES :
âe Berne : « Poufquoî les richesses n’ont-elles pas encore
* porté dans la Suisse les maux qui les accompagnent
* par-tout ailleurs? c’est que l’Ecat ayant moins de be-
* soins, peut réemployer que des moyens plus simples" P°ur y subvenir , & ne laisse au Gouvernement aucun** prétexte pour soûlerie peuple & détourner les finances» du trésor. C’est que les besoins de l’Etat étant médio-
* cres, le Gouvernement, plus aisément gêné dans ses** opérations , n’a pu embrouiller l’administration des sinan-
* ces , & en faire un cahos ; c’est que des Magistrats,** ret enus par des loix somptuaires, ne sentent pas la né-3> cessité d’une fortune scandaleuse pour être heureux;** cest que le Gouvernement étant toujours riche, parces qu il a peu de besoins, il lui a été plus facile de con-,J server ses usages antiques, c’est-à-dire, de remplir fa** destination naturelle , & d’être bienfaisant. Ailleurs
* ìEtat appauvrit les citoyens, ici il vient au secours deu Ceux qui ont souffert une perte ; il aide un citoyen à
* rétablir sa maison incendiée; il dédommage le cultivateur** dont une grêle ou quelque accident a trompé les espé-
* ran ces; il envoie à des eaux étrangères un infirme que** la médiocrité de fa fortune fait languir dans fa maison ».
Od il faudroit placer une poutre , on se contente cty^stre une cheville. C’étoit le bon mot d’un célèbre par-rssan (68) sur plusieurs opérations qui n’avoient manquéP ar ce qu’on n’y avoir employé que de foibles moyens.Esprit de parsimonie, les vues bornées dans le calculf s événemens, renversoient un plan qui dans son prin-Cl P e eût exigé des forces majeures. C’est ainsi qu’en plâ-un vieux bâtiment, le possesseur ne songe pas qu’il® écroulera faute de savoir étayé solidement. Une Répu-té composée de parties diverses, ne peut subsistersautant que le fondement sur lequel elle a été assise, ne£ 3 P 3S ébranlé par le choc répété de la défiance mutuelle.fç 11 Va * n 'uisZinsra-t-on des moyens momentanés pour raf-nîlr le bâtiment, s’ils sont médiocres, ils ne peuventc é °' S ’ H f aut de grands remedes aux grands maux j^ 0lt I e dire d’un ancien observateur : il faut appliquerVs ai topique à une maladie qui annonce par ses fymp.es convulsifs une crise générale. Les Corps politiques^ leurs maladies comme les corps humains ; une sievrepériodique mine les complexions les plus robustes.
, ° r lque de vertueux & de vrais patriotes conçurent enle plan de rassembler tous les ans au mois de Mai,
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ains de Schin^enach , dans le Canton de Berne , l’élitePat -^ a 8*^ rats & Citoyens les plus distingués , par leur^ °tisme ôc leurs lumières, dans chacun des Etats duC° r P s Helvétique , ce plan qui fut imprimé, fous-haïsss énormes difficultés, quoique le but de la sociétéde atìtC ne autre < î ue dc ranimer la concorde généraleq ^ Ul ^ e * concorde qui avoit essuyé de funestes atta-a vant & depuis la guerre civile de 1712. Des gens
préoccupés par d’anciens préjugés, crn par i’intérêt per-sonnel , ou qui, par un système digne de Pécule de Flo-rence , paroissoient préférer la désunion de la Suisse; d'au-tres enfin qui crai gnoient que la jeunesse ne s’instruisîede l’état intérieur de la Suisse, & qu a son retour elle nefrondât les prétendus Ne/lors dans leur marche politique& quelquefois surannée, s’éieverent tout-à-coup commeun essain d’antagonistes pour dissoudre la société : heu-reusement elle ne se déconcerta pas ; les jeunes Sénateurs& Citoyens, initiés dans l’Académie, firent une nobleopposition aux efforts des vieux Aréopagites. La sociétésubsiste, ôc depuis fa transmigration à Olten , elle a même-pris une nouvelle vigueur, ôc la Suisse impartiale luirend enfin la justice qu’elle mérite. Les Statuts ôtles Mé-moires de cette Société sont imprimés. Mais l’une de sesplus brillances assemblées a été celle qu’elle tint à Oltenvers la mi-Mai 1782, lorfqu’elle avoit pour PrésidentM. FuesJUn , de Zurich, célèbre dans la République desLettres par ses Ouvrages pleins de goût & de sagacité ,ôc ent’autres par la vie de W'aldmann. Outre un grandnombre d’associés de divers Cantons , on y vit paroîtreplusieurs Princes, Comtes ôc Barons d’Empire, à titred’Amateurs, ôc dans les trois jours que la Société resta àOlten , on y fit la lecture publique de plusieurs Mémoiresimportans & intéressons fur la législation, le tableau moralde la Suisse,& fur ses antiquités. Ces discours ou dissertationsont été imprimés, les uns séparément, ôc les autres dansla relation annuelle de la société. Mais le spectacle leplus touchant pour les étrangers a été celui des élans dupatriotisme qui éclata le premier jour au dîner où l’on plaçafur la table la statue de Guillaume Tels sculptée en boisà Rome , par M. Trippel , de Schaffhaufen, ôc consacréepar ce grand Artiste à l’honneur de la Société helvétiquedtOlten . L’image du libérateur de la Suisse offroit uneattitude toute neuve, ôc qui avoit jusqu’à présent échappéà tous les Peintres & Graveurs. Le Héros, dans le co/'-turne des anciens Suisses, & ayant derriere l’épaule uncarquois où il y a encore une flèche, est représenté au mo-ment où il vient d’abattre la pomme dessus la tête de sonenfant. II se courbe, plein d’attendrissement, les larmesaux yeux, pour recevoir dans ses bras paternels ce filschéri, qui s'y jette avec toutes les grâces enfantines, enlui présentant la pomme qu’il vient de ramasser, ôc quiest transpercée d’une flèche. Autre remarque : derrierela tête du Héros Uranien s’élevoit un bocal de cristal.Un des associés, Bâlois, avoit eu l’attention patrio-tique de faire remplir ce vase du vin de l’enclos de Saint -Jacques-jur-la-BirJe , que l’on appelle communément àBâle i le jang des Suijses , parce que ce fut fur ce terrein quîétoit alors le cimetiere d’un hôpital, que treize cens Suissesverferent ( 69 ) généreusement leur sang pour la libertéen 14,44. Alors tous les convives furent pénétrés du plus vif
(68) } ea r ,
4a j^ 0 j "''-hrétien Frischer , du Suntgau en Alsace, Brigadier ès Arméestique .à dont M. Pinard a détaillé les services dans fa Chronologie hijto-(6 Ç) ^‘ >íre ^ Jrance, tome VIII» p. 5 *f, ;r8 , Paris, 1778 , in- 4 0
: bataillearmée du
\ b 9) Q -—..t, .u> r j * * j ' 1 « »
4ks s Q jg. n îkouve dans l’Histoire helvétique le détail de la célèbreso l ’Phin ® a y cimetiere de Saint-Jeuqirs sur-la Bìrse , contre l’at
de Fr;
íetl( sojt ’ rar| ce. Les habitans de Bâte , mémoratifsde cette journée,to Hs les ans dans une auberge située près de l’hôpital & du
cimetiere Saint-Jacques , afin de célébrer , parrri des libations d’un vinrouge qui croît fur le champ de bataille, les fetes héroïques des bravespatriotes qui ont si glorieusement sacrifié leur v e pour le salut de lentpays- Ce vin que l’on appelle 1 èjanz des Suisses, est en grande estime cheales Bâlois, quelque médiocre que soit son mérite du côté de la saveur.'( Coxe , Lettres fur la Suisse, tome II, p. 3*9, ZZ<>, édition de Parir);Voyez ausii la planche i8y.