DIVERS
S* ' p
1 a Berne les Dames aiment les danses angloifes, ailleurs,ainsi q U a Ep n g res } on fait de gros paris pour lés courses, e c hevaux , on porte des chapeaux, des bonnets pareilsa ceux que l'on volt fur la Tamise ; on se botte, on s'habilleaffez généralement suivant le cojîume anglican. ,* on jouehisk , plus fait pour le caractère sombre & silencieuxe a nation qui l’a inventé, que pour les grâces aimablese la société ; on a même abandonné l’aménité & la dou*ceur des mœurs françoises pour ne desirer dans les Tragé-ies , que l’horreur du Théâtre anglois.
. On raconte qu’au Canton ôlUnderwalden on jouoit un° Ur àns un village le Myjlere de la Passion . Les acteurs ,Ï 0US P a yfans , avoient commencé la représentation dèsie pt heures du matin. Elle n’étoit pas encore finie àÇnatre heures après midi. Cette heure étoit le moment° U . ^ es paysans vont traire leurs vaches. Un Acteur vintP rie t le parterre d’avoir un peu de patience jusqu’au re-âes Apôtres qui étoient allés traire, & qui revien-f er 0l . ent ì'àrot; & cependant je ne sçai quelle musiqueVlt d intermède pour modérer simpatience des specta-teurs : ° n n’en concevra sûrement pas une idée fort avan-ta gcuse si p on p ren d à la lettre le sens de cette épigra-” c par laquelle on a voulu caractériser le génie musical depiques nationsde l'Europe.
Bïfpanus flet , do k t Italus , Germanus boat tFlander ululât, folus Gallus cantat.
'd a PP e ^ e ( 77 ) B°rd<z , Brandones , Burœ , les Bor-e f , les Brandons (78) , les Bures ou les Bules , le pre-^ ler dimanche de Carême, & toute la semaine qui suit.
Esi encore d’usage à la campagne, dans plusieurs Cantonsche ° llC ^ UeS ’ ^'y a ^umer des feux le premier Diman-Carê - "* a nuic tombante. Cet usage provientp Paganisme ; les Romains céíébroient les Lemurie's ,^es lugubres ôc superstitieuses, pour détourner les spectresde p S ^ antomes nocturnes , & ils avoient nommé un mois. ann ée , Février , en latin, Februarius , à cause desPotions qu’on y faisoit, ôc qu'on appelloit Februa (79).] g a paru (80), en 1755 , plusieurs écrits pour ôc contret j t ^ la ^ Cara de qu’on fait annuellement à Baie dans la pe-, le vingtième jour après Noël, ôc cela pendant
USAGES*
huit ou quatorze jours. Cette mascarade consiste en troisbêtes, un Lyon, un Sauvage ôc un Griffon , elle paroledater du Paganisme»
Autrefois , dans la plupart des villes de la Suisse, oncélébroit la Fête des lnnocens ou des Toux — La pro-cession de l ’Evêque des Ecoliers , la veille Ôc le jour desaint Nicolas , leur patron , les y & 6 Décembre , se cé-lébroit aussi à Mayence , dans les Pays-Bas , en France ,en Angleterre. Les Conciles de Paris de 1212, de Rouen de1445 , & celui de Bâle , la défendirent. Malgré cette dé-fense , elle s’est conservée à Mayence , & elle n’a été abo-lie à Zoug , en Suisse, qu’en 1774. Voici quels en étoientle Cojlume ôc la marche. Ces jours-là un des Ecoliers dela ville de Zoug , habillé en Evêque, tenant dans sesmains un livre fur lequel étoit attaché un grouppe denoix dorées , & précédé par un autre Ecolier , portantune crosse , marchoit gravement par les rues avec uncortege assez bisare ; deux files de prétendus Chanoines,tous en surplis , avec le bonnet quarté fur la tête, ou-vroient la marche, précédés par une foule d’autres éco-liers armés, les uns habillés en Hussards , les autres enTalpaches Ôc en Pandoures , ayant à leur tête un Capi-taine, ôc un Enseigne qui portoit un drapeau. L’Evêqueavoit immédiatement à sa suite un homme habillé commeon représente ordinairement la Folie , à cela près, qu’aillieu de la marotte , il tenoit un bâton au bout duquei étoitattachée une vessie remplie de petits pois secs. Ce Pan'talon , autrement le fol de la Cour épiscopale , répondentaux huées du peuple par des coups de vessie. Les Offi-ciers de la maison de l’Evêque, Secrétaire, Intendant,Chambrier, Cuisiniers, &c., bordoient la marche» L’Evê-que se rendoit avec son Clergé à l'Eglise paroissiale, ÔCy assistoit aux Vêpres , la veille de saint A icolas , ôc lejour de la Fête, à la Grand’Messe , il étoit assis entre deuxEcoliers, ses prétendus Aumôniers. A la fin de l’Office,il donnoit avec la Crosse fa bénédiction (81) , ôc dans lemême instant, la troupe armée, qui étoit restée en dehorsde TEglise, faisoit des décharges de ses carabines ôc píT-jtolets, elle Jes répétoit aussi pendant toute la marche. Lecortege ramenois ensuite l’Evêque au College d’où il étoitparti, ôc alors fa Grandeur éphemere donnoit un régal
( ^ ^°^ ez L^oHaire de Ducange & son supplément sur ces mots.’che s j ^ ran d ° n , c’est-à-dire, torche & bronche d’arbre , parce que des bran-couv»; 11 , t0e ^ a ou sapin, on faisoit des torches ; car ce bois brûle fans le
u s a ^ r à cire ri de relire , parce qu’il la porte en Iui-même comme tous
p, ( j 1 conifères. ( Trésor de recherches £? antiquités gauloises & françoises ,lis n ^ a f ,s > >6ss , in- 4 0 . ) Brandon est. auffi un mot ancien qui signifieíi gnifi ° u on dit le Dimanche des brandons, de l’allemand brandt, quiVji j ^ weme chose. Brandt en allemand signifie auffi incendie, 8c îe titre
«H
de la loi
des Frisons, qui est de incendio, est conçu en ces termes:
U (Ménage, les origines de la langue françoise , p. 142. Paris, i6jo,
des ^Q^ e . Ver ^ e l at insquare, íìgnifioit proprement expier , purifier. L’usage
5 y atlt ^ ains étoit qu’au mois de Février , pendant douze jours, le peuple ,
fie astis} * îotches 8c des cierges allumés, vifitoit les tombeaux des morts ,
ferz, aux expiations que l’on faisoit à l’entour. Le Dieu des En-
dç S sa c étoit auffi surnommé Februus Deus, parce qu’on lui faisoit
V°y Ç2 ^ ces , principalement dans le mois de Février , en latin Febrmrius.
^ CK °aE, Sacurnal ., lib. I, cap. XIII, p; 207, inter ejus Opéra
1 ata voïum, 1 j97, in-8 .v«o) W /i ,
Î770 > -f ^ Bibliothèque helvétique* tome VI, p. ->74» 275. Bernesf 8 * - en allemand.
° m e U SC dernier .
(81) On trouve dans un livret en allemand, imprimé à Zoug, quicontient les Cantiques usités pendant l’Avent, à Noël, à Pâques 8c dânsd’autres folemnités annuelles, celles que le cortege de VEvêque des Eco-liers chantoit le jour de Saint Nicolas. Le premier des deux. Chapelainsou Aumôniers s’adrelsoit ainsi à haute voix à l’Evêque Princept Ecclesue tPastor benigue ! Tu nos consecrare digneris. Auffi-rôt l’autre Chapelain repre-nois : Cum mansuetudine & humili corde, humilìate vos ai benediâlionem nofirìPrasulis. Là dessus l’Evêque prononçoit gravement, pax vobis , 6c aprèsque le Chœur lui avoit répondu, placet nobis , l’Evêque donnoit la béné-diction avec fa croise. Dominus omnipotens benedicat vos ; fient ros in hermon ,sc desceniat super vos , Del Benedióíío : Panis & Filii G* Spiritûs Saniii; 8c aussi-tôt le Chœur continuoit la procession en chantant ce qui fuit à l’honneurde l’Evêque de Saint. Nicolas :
Prtcful venit, ceiite , locurn ipji date, &* ejus vestigìa peium aiorate. Gaudeamus, exúltsrmSnofiro Prœjuli, Gauiete, tempus (V lœtitiœ, gaudete.
Mater ejus merìtò debuit gaudere , quoi tam probum Filìum mentit habere. Gaudeamus, exul «temus nojiro Pnefuli , gaudete, tempus ejî Icetìùœ, gaudete .
Te rogamus hodiê , personatumfefium, jam habemus pnefukm probum &■ kmef.um. Gaudeamus jcomme ci-delsus.
Ce Cantique avoit encore deux autres séquences.
LU