TABLEAUX DE
LA SUISSE.
moins exposée a des torrens qui la ravagent souvent. Ony trouve des ardoises remplies de cornes d’Ammon, uneTerre bolalre très-fine , utile aux Peintres , des mines decrystal■» on en a trouvé une piece de 695 livres. On ydécouvre aussi des fleurs & des spathes colorés. La fon-taine êlEngfllen est remarquable par son flux périodique.On y voit des cascades d'une grande beauté, des minesde fer assez riches, mais sulfurées. Les habitans font nom-breux , robustes , bienfaits & guerriers. Leur nourriture estle laitage. La viande & le pain ne font que pour les gens ai-sés. Ils se font leurs habits du produit de leurs brebis. Ils ex-portent des fromages, des chevaux, des brebis & des co-chons.Ils importent presque tout le reste, & surtout consom-ment beaucoup de sel pour le bétail ôt les fromages. On y cul-ti ve aussi du froment, <^e forge, du chanvre, des fruits, &c«M. de Tscharner a dit d’eux : Moins de luxe & plus d’indus-trie rendroient ce peuple isolé , pour ainsi dire , par sa s-tuation - t très-heureux.
Je ne parlerai pas de tous les villages & hameaux éparsde ce pays. Meiringert en est le principal village, & lamaîtresse Paroisse près de P Are , à trois lieues du lac deBrienz dans une place fertile qui n’a pas plus d’une demi-lieuede large. L’Eglise de Meiringen appartenoit dans le dou-zième stecle ( 115) àl’Ordre des Chevaliers de Saint-Lazare.
On voit dans le pays de Hasfli, près de Grimfel, plu-sieurs vallées de près de six lieues de longueur, dont lefond reste éternellement couvert d’un amas de glace pro-digieux , entourées de toutes parts de montagnes escar-pées ; parmi elles , on distingue Ober-Aar , T iriser-A ar,& Lauter-Aar- Gletscher , les deux premier es font pres-que inaccessibles , & toute cette contrée inhabita-ble. Ceux que la curiosité y conduit, se croient transportéstout d’un coup dans le Groënland. C’est de cette valléede glace que l’Are fort, à quelques lieues de la sourcedu Rhône, elle s’accroît peu-à-peu par les divers ruisseauxqu’elle reçoit en passant. M. Bejson a décrit dans son discours,fur l’Histoire naturelle de la Suisse, la route du Grindel-wald à Meiringen , le glacier de (*) Rosenlavi près deMeiringen , & la route de Meiringen à l’Abbaye d’En-gelberg.
Le Grimfel (**), en latin , Grimjula , est l’une (116)des plus hautes Alpes dans le val de Hascl, aux confins
du Haut-Vallais , & par laquelle il y a un chemin qui vaà Ober- Geselen , dans le dizain de Gombs, mais feulementpraticable dans l’été. Ce chemin est entretenu avec de gros-ses dépenses. L’on ne peut y monter que par des sentiers estcarpés. Au pied de cette montagne , il y a un Hopitafondé, ou plutôt rétabli en 15 5 7.II est desservi par les habi*tans de YOber-Hassi. Les voyageurs y font très-bien ac-cueillis fans distinction de Religion, les frais font four-nis par une quête volontaire qui se leve dans toute la Suisse*L’Hospitalier s’y trouve depuis la mi - Mars jusqu’a iaSaint-Martin en Novembre , les chemins y étant impra-ticables alors à cause des neiges. En partant,il laisse quelquesvivres & du bois en faveur des voyageurs qui pourroientencore arriver.
Au mois d’Août 1782 , le Grand-Duc & la Grande-Duchesse de Russie ont été voir les glaciers du Cantonde Berne, voisins de Lautèr - Emanent ou Claire -Fon-taine , dans le Bailliage d’Interlachen ; leurs Altesses im-périales ont admiré ces merveilles de la nature, & ^ eSont comparées avec celles du même genre , qui f° ntdans les Provinces glaciales du Nord. Le génie du Cz aCPierre le Grand sembloit les conduire dans leurs courses*
Frutingen (117), vallée qui s’étend depuis la Genrfí 11fur la frontierre du Vallais , jusqu’au lac de Thoun, dansl’espace de huit lieues , & qui , avec les Paroisses deFrutingen, Adelboden, Reichenbach & Aesche, formeune Châtellenie du Canton de Berne : elle a au levant & aUmidi pour limites les montagnes du Vallais ; au couchant,les deux vallées du Simmenthal , & au nord , le $ aS-Simmenthal, le Bailliage de Thoun, 6 c la Baronîe deSpiez. Cette vallée est entourée de montagnes des de u3Ccôtés. La riviere de Kandel ou Kander la traverse. L eà'Engfllen , qui a sa source dans les glaciers derrièreAdelboden, se jette à Frutingen dans le Kânder. Le bourgprincipal est Frutingen, à quatre lieues au-dessus de Thoun,il est très-bien bâti. On y voit fur une hauteur leteau du Baillis, autrement Châtelain , qu’on nommeTellen ou Tellenbourg. Ce Château a été l’ancienne rd 1dence des Barons de Frutingen à qui appartenoit cette
vallée. Après leur extinction, elle vint au douzième
siecse
aux Barons delaTour-Châtillon(i 18) en Vallais, au mib^du quatorzième siecle, aux Barons de Weissenbourg,
(115) M. de Watteville cite dans rHifloire de la Confédération Helvé-tique , toke I, p. 2 6 , un diplôme de Henri, Roi des Romains, daté de12,3 3, par lequel ce Prince donnoit aux Religieux de Saint Lazare, sonéglise de Mayringen , fitam in termìnis Burgundice,, in loco qui dicitur Hasithal.
On trouve auíîì dans les Archives de Berne les titres soi vans : Guillaume,Roi des Romains, étant au camp d’Aix-!a-Chapelle, in castrissuper aquis ,en 1248, confirma la donation de l’église de Mayringen, faite par le RoiHenri à l’Ordre de Saint Lazare, Domni Sancíi Laiari. Son frere Florent,Grand-Prévôr de Hollande, étoit témoin de cette confirmation. Guillaume,Comte d’HoIlande,avoit été Couronné Roi des Romains à Aix-la-Chapelle,le premier Novembre 124S. Richard, Roi des Romains, étant à Worms leï8 Mars rrL8 » confirma à l’Ordre de Saint Lazare, Domni SanBi Laiari,qui avoit une Commanderie à Seédorf, dans le pays d’Uri, la donationde l’église de Mayringen.
Le Chevalier Pierre de Rejli , & son frere Conrad renoncèrent en 1296,en faveur de l’église d’Interlachen, à tous leurs droits fur Péglise Hajle ,située à Mayringen.
(*) Planche 146.
(**) Planches r8, 6t & > 4 ?.
(11 6) Leu, ibidem, tome IX, p. rZ9 8c soiv.
Tscharner> ibidem, tome I, p. 2/4,2JJ, Scc.
,deBet« e>
(117) Leu, ibidem, tome VIII, p. 470-452.
Tscharner, ibidem, tomeI, p. 204, ôcc.
(118) Parmi les titres de Frutingen conservés dans les Archives 1
on trouve les suivans : garo**
Acte en allemand , daté du premier Juillet 134?, par lequel Pierre, ^de la Tour, Damoiseau , Seigneur de Châtillon ( en allemand Gy e ^en Vallais, & de Frutingen, fait son traité de paix avec I aBerne ; il y est dit que les Bernois ne recevroient aucun des soF fs ^ron , Bourgeois de leur ville , pendant la vie du Baron. Cet a^ e £ gtscellé du sceau d’Eberhard, Comte de Kibourg, Landgrave en Bourg ^ ^& de celui de Jean, Seigneur de Weissenbourg, Damoiseau» 0,1Baron de la Tour. / \t
Transaction datée de Genève le premier Juillet 135/, & P a ^ ee ^ gí e$Baron Antoine de la Tour, Seigneur de Châtillon en ValIa* S .»
& ses alliés d’une part, Sc la ville de Berne Sc la Communauté u ^ ^Frutingen (unìversitaûs vallu Frutenges ) , de l’autre , par la médiat* 0 ^ 0 j t smédée, Comte de Savoie ; on y voit qoe ce Baron avoit succédé au^^ Ade défunt son pere , le Baron Pierre de ia Tour, Seigneur de Chat 1de ses prédécesseurs sor la Seigneurie de Frutingen. Juif 1
Contrat de vente, en latin, daté de la ville de Morat,
1400, par lequel Antoine , Seigneur de la Tour , d’Illingen Sc à 1