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TABLEAUX DE LA SUISSE.
Moudon étoít autrefois la Capitale du pays de Vaud, lorf-qu’il appartenoit à cette maison ; c’étoit le lieu de la ré-sidence du Baillis & celui de la tenue des Etats du pays.Conrad, Duc de Zeringen , bâtit ou répara le Château•de Moudon dans le douzième siecle, & Berthold V , son pe-tit fils, répara la ville toute entiere en i r L o.
Moudon ( 4J ) est nommé Minnodunum dans l’Itiné-ïaire d’Antonin, & Minodum dans la Table théodosienne.Ce nom (46) paroît celtique, & s’accorde avec la situa-tion. Mirini-Dun désigne une colline au bord de l’eau.Une inscription ( q.7 ) romaine , trouvée en creusant lesfondemens d’une maison en 1732 , ôt placée aujourd’huiau-dessus de la porte de FHôtel-de- Ville , prouve non-feulement l’existence ancienne de Moudon , mais fait con-jecturer que ce lieu étoit considérable. Elle indique deuxfondations, l’une religieuse, & l’autre profanes ôc uni-quement relative à la commodité des habitans. QuintusAelius Avietius Sévir , ou Prêtre de la famille d’Auguste,après avoir adressé ses vœux à la famille de l’Empereur,qui paroît avoir été Marc-Aurele, & après avoir dédiéun autel à Jupiter & à Junon, y ajoute un don considé-rable en saveur des habitans du bourg de Moudon, quei’infcription appelle F'icani Minnodunenses , à qui ildonna sept cent cinquante mille sesterces , dont l’intérêtannuel devoit servir à i’entretien d’un gymnase, c’est-à-dire , d’un lieu public , où l’on trouvoit à la fois des diver-tissemens ou exercices, tels que la paulme, &c., des bains ,dont on fait que les anciens faisoient un usage beaucoupplus fréquent que les modernes. Moudon étoit vraisem-blablement un bourg considérable , on doit en juger ainsipar F importance de la somme. Aujourd’hui l’on y compteenviron deux mille six cents âmes ; cette ville est à lagorge d’une longue & étroite vallée, qui s’étend de-làentre deux rangs de montagnes, & qui est partagée parla Broyé. Là sont Lucens, Courtilles, Viilarzel-FEvêqueMarnens , Combremont, &c.
Lucens (*) est un joli Bourg fur la Broyé , à une pe-tite lieue de Moudon, fur la grande route de cette villeà Payerne , au pied d’un coteau, avec un château fortélevé , situé pour lapins grande partie, fur un rocher. C’estlà que réside le Baillis de Moudon. Vis-àvis de Lucens, & del’autre côté de la Broyé est Courtilles’, village assez grand ,qui fait une même Paroisse avec Lucens. Pour aller de l’unà l’autre , on passe la Broyé fur un beau pont de pierre.A une lieue de Moudon , on entre dans le grand boisdu Jorat, qui renferme un grand nombre de villages ,Saint-Cierge, Thierens, Montgrevaire ou Montpreveyre,où il y avoir autrefois un Prieuré dépendant de l’Hofpicedu grand Saint-Bernard.
II y a auísi dans ce Bailliage la Seigneurie & la Paroissede Combremont-le-grand , qui appartiennent aux noblesMétrai d’Avenche ; celle de Combremont-le-petit, qui
est à la maison de Cerjat , de Moudon, avec les Seigneu-,ries de Mexieres & Denezy.
La Seigneurie de Chapelle - Vaudanne appartient NixNobles de Praroman , de Lausanne ; celle de Corselh-^'Jorat est à la maison de Chandieu qui Fa héritée de cellede Polier , de Lausanne. La Seigneurie de Carrouge ap-partient à la maison de Grafenried , de Berne ; celle deChavannes , sous Moudon, est à la famille Gaudard , deLausanne. --
La Seigneurie de Daillens appartient à M. Pachoud , si ula fait une brillante fortune dans le Bengale , sous le nomde Lord Clive. La maison de SauJJure , de Lausanne , pos-séds la Seigneurie de Bettens. MM. Doxat, d’Yverdon,'ont la terre de Demoret. La Seigneurie de Sians app ar 'tient à la maison du Cerjat , de Moudon. La Seigneurie deHermenges est à M. le Baron Constant de Rebecque , d eLausanne , Maréchal de Camp ès armées de Sa M a j e ^très-Chrétienne. La Seigneurie de Mafnens appartient ala famille Muller , de Berne, celle de Ropraz, aux No-bles Clavel de Cully. La Seigneurie de Rossens ou Bof-sans , dans la Paroisse de Dompierre, est à M. Herport } d eBerne; celle de Treytorrens , à la famille Dugua.
Villars-Mendra^_ appartient à la maison de Constat jde Lausanne; Vulliensta a passé, par un mariage, de la mai'son de Tavel dans celle de Chandieu ; la Seigneurie deBranles ou Brenies appartient à divers particuliers, ?n-tr’autres, à la maison de Clavel.
J^illar^el-tEvêque , autrefois petite ville, & ryamtena^village paroissial, appartenoit aux Evêques de Laufa nr,e >ainsi que Lucens. La paroisse de Granges est fur la graslderoute de Payerne à Moudon.
X. Oron (48) , en allemand Orung , Bailliage d’unsmédiocre étendue , & qui confine avec les BailliagesMoudun & de Vevay , & le Canton de Fríbourg. R ^situé entre des montagnes. Le terrein est assez aride »cependant on y cultive beaucoup de grains, mais p° 1Ilt:de vins. François, Comte de Gruyere, acquit encette Seigneurie par son mariage avec Marguerite, l^ ritiere de la maison d’Oron. Au partage que les Canto^de Berne & de Fribcurg firent en 15 y 5- des terres de #chel, le dernier Comte de Gruyere, cette Seig neUsléchut à celui de Berne , qui la céda à son Trésorier J 6 ^Steiger (qp), pour ses créances fur la Baronie d’Oro^mais en 1557 il la racheta, & depuis cette époque, ^est devenu un Bailliage. L’Etat y annexa la gesti° slrevenus de F Abbaye sécularisée de Haut-Crest , envulgaire Ocré owOcrest , & en latin Alta Crista. Ce RMonastère (30), de FOrdre de Cîteaux, fondé en 11 ^par le Seigneur Guide , du consentement de 1 Eveq ueLausanne, étoit situé à deux lieues de Vevay, ^ a0S svallée profonde & sauvage. On y volt encore les
(45) D’Anville, notice de la Gaule, p. 462, 4 ^ 5 *
(46) Bocbat, Mém. fur ['Histoire ancienne de la Suisse, tome I, p. 86.Sinner, voyage dans la Suisse occidentale, tome II, p. 154-267.
(47) Sinner , ibidem.
fthffei, Galliœ Antiqurtates SeMœ , p. ro, aï. Parfis , 1733, wi-4 0 . ;cum x fìg.
Mercure de Neuchâteî, Janvier & Avril» 1 . 735 -
(*) Planche 229.
(48) Leu , ibid., tome XIV, p. z >7-319. Faeíì , ibid.» tows I »
907. Tscharner, ibid. tome II, p. 91. ^ parti"
( 49 ) Devenu ensuite Avoyer en chef de la Re'publique » & un . , $s'l'culiers les plus opulens de la Suisse; ile'toit à la fois Baron de
gneur d‘Oron 8c de plusieurs autres terres*
( í 0) Leu, ibidem, tome IX, p. 51Z,
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