TABLEAUX DE LA SUISSE.
un endroit, dit Tucconia , & qu’ils s’-y arrêtèrent, à causede l’aménité de la situation. Mais ils y trouvèrent les ha-bitans d’un caractère féroce , & tous Idolâtres. Le zelepour l’Evangile les armoit de courage ; & malgré tousles risques, ils commencerent à habiter parmi ces Bar-bares. Ils leur enseignoient les vérités du Christianisme.Mais un jour que Gall, dans un accès de serveur eut misle feu aux Idoles qu’il adoroient, & qu ils eut jetté dansle lac voisin les offrandes, les habitans furieux fe saisi-rent de Colomban, le battirent de verges , 6c le chassè-rent du pays. A son départ , il fit des imprécations fureux, entr’autres , il souhaitoit à eux & à leur postéritétous îes vertiges de la folie. De Fuggen, ilss’en allerentau château d’Arbon fur le lac de Constance. Voilàle précis de la Légende (z 6). Gall avoit pris la fuite., aussi-tôt qu’il vit le déchaînement horrible des habitans de Tug-gen contre lui.
. Â la tête du lac de Zurich , à l’endroit où la Lint yentre /à un quart de lieue du lac, fur la gauche de la Lint,est l’ancien château de Grynau , dans lequel demeure leReceveur du péage au nom du Canton de Sclnveitz. Cechâteau est dans la paroisse de Tuggen.
Schubelbach , gros village de Paroisse, entre Galgenen& Reichenburg.
Le village de Reichenburg, autreparoisse, fur la frontièredu Canton de Claris, est dans la proximité de Bilten.
Tout le pays de la Marche appartenoit, dans le trei-zième siecle, aux Comtes de Rapperfchweiì. A leur ex-tinction, la Haute-Marche échut par héritage à FrédéricComte de Toggenbourg , & la Basse aux Comtes deHabsbourg, de la branche de Lauffembourg. Ceux-ci ven-dirent leur part, en 1358, aux Ducs d’Autriche. En 14.05,îes Appenzellois,qui s’en étoient emparés dans leur guerrecontre la Maison d’Autriche, firent présent à leurs alliésde Schweitz, de cette Marche inférieure, pour leur té-moigner leut reconnoissance du secours qu’il en avoientreçu : cette cession fut confirmée en 1412 par le traitéde paix avec l’Autriche. En 1427, le Comte de Toggen-bourg fit aussi présent de la Marche supérieure au mêmeComte de Schweitz, en conservant aux habitans leursanciens privilèges.
IV. Einsitlen (37), en françoi s } À r otré - Dame dAHennîtes , ou f ìíermutage , en latin, Heremus Deipar#MatrisHeremus Diva: Hirginis , Monaflerium t je,e
tmtarum
ôt en italien , la Maddonna Diwaldo , anoi6st ne
& riche Abbaye (*.) de Bénédictins, qui est comme j aLorette de la Suisse, & dont l’Ahbé porte le titre os■Prince du Sdirit-Empire Romain. Autrefois il y avoit•un b-oisfort épais & un désert affreux; on i’appell 01t aForêt obscure , en allemand, Einjler-Wald. Dans le neUvieme siecle, un Maire de Richenau, Meinrad ou Meginrad , fils de Brissot, Comte du Sulgau ou de Sulg enfur le Danube, Vy retira ; & fut assassiné vers 1 an863 , dans son Hermitage, le 21 Janvier, jour où l® 11célébré sa fête, depuis que le Pape Benoît IX la p* ace *en 1039, parmi les Martyrs. Deux voleurs avoient tueMeinrad ; la Légende assure que des corbeaux que le Sain-nourrissoit, les poursuivirent jusqu’à Zurich ( 3® ) > ° Upar leurs croaísemens, ils'les firent découvrir: les meuttriers confessèrent leur crime, & subirent le supplice du L u *En mémoire de cet événement, s Abbaye d’Einsidlen p °P edans ses armes, d'or à deux corbeaux éployès x & 1 dejaBennon , originaire de Souabe, Chanoine de la Catdr ale de Srasbourg & parent, à ce que l’on croît,Ilodolf I, Roi de la Bourgogne transjurane, fe retira versl’an 906 dans le vaste désert où Saint Meinrad avoitles premiers fcndemens d’un Monastère qui fe trouvoalors abandonné depuis près de quarante-trois ans • ^
endroit devint célébré depuis fous le nom d 'Einfi^ e!l0 .Notre-Dame des Hermites. La réputation de Bennon ,attira plusieurs disciples; il défricha les terres des environs pour servir à leur subsistance. Adalberon, F v ^de Baie, son parent, pour l’aider à entretenir sa CommU^nauté, qui augmentoit de jour en jour, lui donna,
915 , la Terre de Sirenv .^ en Alsace, que P Abbaye d 1fidien a conservée jusqu’à la fin du quatorzièmeBennon ne jouit pas long-temps de la douceur de f a rtraite. Henri, Roi de Germanie, lui fit quitter en ^ gfa solitude, pour le placer sur la chaire épssco? a ^ ^Metz, qui venoit de vaquer par la mort de Wig erlC *non ne gouverna l’Eglise de Metz que pendant deuxCe Prélat, emporté par son zele, mécontenta lepÇ^P^
(36) Suivant Jonas, Moine de Bobio , Auteur de la Vie de S. Colomban,inférée dans le second sieck hénédidin de Dom Mabilion , ces idolâtres,voisins du lac de Zurich > sacrifioient à Mercure , qu’ils adoroient fous lenom de Vodanus. II est singulier que malgré la description du local donnéspar les Historiens du neuvième siecle , Gìaréan , Suisse de nation, ait trans-porté Tuconia dans le Comté de Toggenbourg , en latin Toggius Comitatus,qui est éloigné du lac de Zurich ; Terreur de placer Tucconia. à Zoug, enlatin Tugium, étoit plus excusable pour Dom Mabilion, François, & parconséquent étranger à laSuiíIè , quoique Zoug ne soit pas situé fur le lacde Zurich. Goldast nè semble pas aussi avoir eu une idée. nette fur le nommoderne de Tucconia (ibid. tom. I, parte I, p. 10s, & parte II, p. 249).Il le nomme Tugium.
(37) Leu, ibidem, tome VI, p* *56-293.
Faesi , ibidem , tome II, p. 280-196.
Fuesílin, Topog. de la Suisse, tome I, p. 3*9-341.
Tscharner, Dict.géog. dela Suisse, tomeI, p. 175 , 176, à iv6,177.
L’Etat & les Délices de la Suisse, tome II, p- 4 'í'4* sédition de Bâle ,1764 , in-n, 8cc.
(*) Planche n°. 114. Christophe Hartmann , de Frauenfeld enTurgovie,Moine d’Einsidlen , a écrit une Histoire très-esimiée de T Abbaye d’Einfid-len , qu’il publia à Fribourg en Brisgau en 1612 , in-folio , avec fg. Cettehistoire , enrichie de diplomés 8c de chartes, parut fous le titre suivant :Annales Heremi Deïparœ Matris Monasterii m Hehetia. François Gasjler, Ar-chiviste de T Autriche antérieure, a rapporté une lettre de ce Bénédictin,datée du Fahr le 12 Janvier .tfn , & «rite en latin à Gudlimann, célèbreHistorien de la Subie , par laquelle il lui marquoit fa vive reconnoissance
pour toutes les peines que ce Savant avoit prises, de recevûïf .sectionner son ouvrage par d’heureusos additions; il lui en r fut
toute la gloire. Cette lettre fe trouve dans le Mémoire de M- a J ^ e -
Ia vie 6c les écrits de Guillimann , imprimé à Vienne, 1783, in ' j’ ernan d,mand , p. 41, 42. II a paru à Einsidlen , en 1783, ìn-iz, en A 42-, ^une Chronique de certe Abbaye. II y est fait mention, p- *3° Qigiatïtla Vie de S. Meinrad, écrite en italien par le Pere Bonaventure^ ^ u>ostCordelier, 8c imprimée à Milan en i6oy. La légende de S. '
attribue à Bernon , Abbé de Richenau , qui vivoît en 103 1 , a ete ^ col'par Hartmann à la fin de ses annales d’Einfidlen, p. 472, & ^ anS ìlestions de Surius , de Dom Mahìlìon & des Bollandijìes. II parut e uflMilan, in- 8°. avec fig. , en italien, l’Histoire de T Abbaye d’Einsi^ e:1 ’^ £C Je sCarme, le pere Frédéric de Saint-Antoine , Le qui est bien écrits,dissertations curieuses. ' j g a la c *
(38) On prétend que le cabaret au Corbeau , à Zurich, au bor j Iesa retenu ce nom en mémoire des corbeaux qui avoient ]\e I e
meurtriers de S. Meinrad jusques dans cette hôtellerie; ceciproverbe Ibycì grues. On dit que Ibycus, célébré Poëte lyrique » » . f v etsil ne nous reste que des fragmens avec ceux d’Alcée, 8e <! ul
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540 ans avant Jesus-Chrifl, fut assassiné par des voleurs, 8e .1 l te ((\s
, il prit à témoin une troupe de grues qu’il vit voler. V yoili
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après, un des voleurs ayant vu des grues, dit à ses comp a S n I e *
les témoins de la mort d'Ibicus ; ce qui ayant été rapporté aux b
voleurs furent mis à la question ,* avouèrent le fait, 8c futeiF PLe Poète Ausone a dit quelque part :
llycus ut périt:, vinitx olûvolans g>'ut,
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