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Tome deuxieme et dernier.
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TOPOGRAPHIE ;

ln S rat à indocile. Quelques scélérats se saisirent de lui927, lui creverent les yeux, & le mutilèrent honteu-enient ” Le malheureux Lennon ne sc regardant plus alors^ Ue comme un objet de mépris , ôc malgré la sentence duoncìle de Duisbourg qui avoit excommunié les auteurs deattentat, ôc contre les instances de la plus faine partie deon troupeau, se retira dans son ancienne solitude. ( 39 )Courut à Einsidlen , 1 e z Août 54.0.

Eberhard ou Evrard (40 ), Prévôt de la Cathédrale detr asbourg, né d’une des Maisons les plus distinguées de laouabe, ôc que l’on croit communément cousin de Herman,oc deSouabe & d’Alsace, touché de l’exempledeson amison confrère Lennon, se retira près de lui en 93 4. C en °uveau Solitaire employa les grands biens dont il étoitPosieffeur, à bâtir une Eglise en Phonneur delaSte. Vierge,,, a fonder une Abbaye, qui devint célébré fous le nomj ln fidlen ; Eberhard en fut le premier Abbé. II mourut. '4 Août 957 ou 958. L’Eglise de Strasbourg sera tou-j° Urs fort honorée d’avoir élevé dans son sein deux il-^ res Solitaires, Lennon & Eberhard, auxquels la Suisse0lt la fondation d’une de ses plus fameuses Abbayes, qu’ilsillustrée ôc par leur sainteté ôc par les riches donationslui ont procurées. Eberhard & ses successeurs ob-lt ? rent des Papes ôc des Empereurs, des privilèges considé-à es i ôc tous les grands Seigneurs s’empreíscrent à l’envicnnestjj. cette Abbaye. Ses principaux bienfaiteurs furentjj m P er eur Otton le Grand , Sainte Adélaïde son épouse ,

Abb man * ^ UC ^ouabe, &c. Au commencement cetteaye étoit destinée pour des fils de Seigneurs de lale re qualité qui ne pouvoient pas être Seigneurs ,ment que les simples Gentilhommes n’y avoient pasme place. Louis Blaarerde TVartenfcé a été le premiers bbés qui ne fût pas né Comte ni Baron. II étoit cepen-ré 1106 ma ^ on équestre ; c’està lui que P Abbaye doit sonPoft Hument au milieu du schisme de Religion; il avoit été^ . 6 en 1626 de l’Abbaye de Gall où il étoit auparavantmtve ; il gouverna jufqu’à fa mort le 29 Janvier 1544.dat’ anS ' t0us ^ es Hêcles qui se font écoulés depuis fa fon-ce Heu a été ôc est encore un fameux pèlerinageH Va de toute la Suisse Catholique ôc de plusieursAbb ltlCCS H"àrophes & même lointaines ; aussi cetteété ^ ^ cst-elle extrêmement accrue ôc élevée : elle aEmierement affranchie de toute domination ; P AbbéP er ei^ 3 àê rev ^ tu du titre de Prince d,'Empire par l’Em-^ ^odolf I, qui lui en conféra le diplomé pour luiL e ç successeurs, étant à Zurich, le 2 6 Janvier 1274.c 3tie è Schweitz qui a succédé aux droits d’advo-Pèrs exer ǰi en t primitivement les Comtes de Rap-l’ho 9 à après eux les Ducs d’Autriche, n’a que3v oir 6Ur í ^ tre Protecteur de cette Abbaye, aprèstiers CU ^usemble des démêlés, durant des siécles en-des s^Ur leurs bornes réciproques. L’Eglife possedeimmenses , que la dévotion des Pèlerins y aes depuis plusieurs siécles. Ce même concours de

Minces de^ CZ ^ Ce v ^ Ta ^ e Evêque l’Hzstoire de l’Eglise & des Evêques-(40) £ 5 ®t ra st>purg, tome II, p. 279-281 » par M. l’Abbe' Grandidier,

^. 4l) c et“ e £- ib í dem ’ p * 3,0-3 IJ>

CI >ces. L e ‘ouotheque est riche en Manuscrits & en éditions recher-

dan. lnet ^ es Médaillés contient beaucoup de pieces rares. II y aï» cette aul 1 '

^ v *e$ àti . st t>oaye une imprimerie ; c’èst-là oìi l’on imprime tous les

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es ra[ etés de ce cabinet, est la hure pétrifiée d’un sanglier

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Pèlerins a donné lieu à bâtir là un bourg considérable,ôc à défricher tout le pays qui est fort peuplé, ôc parseméde villages, de hameaux ôc de métairies.

L’Abbaye est composée de quatre cours : îa plus grandeest bordée des Milices les plus communs , ôc Pon voit àl’un des coins un bâtiment séparé, où sont la Bibliothè-que (41), le Cabinet des médailles ôc celui d’histoirenaturelle ( 42 ). A côté de ce bâtiment l’on entre dansune autre cour, qui conduit d’un côté dans Pappartementdu Prince-Abbé, ôc de l’autre dans celui des Religieux;delà on passe dans deux petites cours intérieures, quiaboutissent à PEglise. Là on voit un Temple riche Sc. magnifique , bâti en forme de croix, avec trois tours,l’une, qui est petite, fur le centre de la croix, les deuxautres, qui fervent de clochers, s’éievent aux deux côtésde la nef, dans l’une est une cloche , qui pèse cent trentequintaux. Quand on se donne la peine d’y monter, on ya un aspect très-étendu Ôc fort beau. On y découvre le lacde Zurich dans une partie de fa longueur, ôc la villede Rapperfchveil, avec son beau pont. Dans la nef del’Eglife, on voit la chapelle de la Sainte Vierge, à laquelleles Pèlerins vont porter leurs vœux ôc leurs offrandes.Elle a par dedans trente-cinq pas géométriques de long,vingt-un de large ôc dix - neuf de haut. Auprès du petitchœur, il y a des cierges, au nombre de quatorze , cha-cun du poids de quatre-vingt livres. Ces cierges fontrenouvelles tous les ans par les Cantons ôc les villes mu-nicipales de la Suisse Catholique. Sur P Autel paroît i’i-mage de la Sainte Vierge en bois, élevée de trois piedsôc demi, ôc ornée avec une magnificence qui répond àtout le reste de PEglise. Par dehors la Chapelle est touteincrustée de marbre. Le Voyageur François qui a écriten 1781 ses Lettres fur la Suijfe (4?), a observé quedans la vajle Eglise de l’Abbaye d’Einsidlen, les marbres,les stucs , les dorures , les peintures , tout y estprod'guèSC entajfé farts goût , SC qitily a fix jeux d'orgues où l'onexécute de très-mauvaife musique. J’ai peine à croire queles Religieux d’Einsidlen, qui se piquent de posséder àfond la musique italienne, conviennent de la justesse de cedernier reproche. Le trésor (44), qui est dans la sacristie,renferme des richesses inestimables, entr’autres un soleilou ciboire d’une grandeur prodigieuse , d’environ septpieds de haut, qui pèse plus de trois cents onces d’or. EnPannée 1684 , on y a ajouté 1184 grosses perles, parmilesquelles il y en a quelques-unes qui font grosses commedes œufs de pigeon; 305 diamans, 38 saphirs, 1^4 éme-raudes, 857 rubis, 44 grenats , 26 hiacinthes, i9amé-thistes, 4 spinelles ; somme totale, dix-fept cent trente-,sept belles pierres précieuses.

Devant PEglise on voit la fontaine de Notre - Dame ^qui est de beau marbre ôc entourée de belles colonnes demarbre ; elle jette Peau par quatorze tuyaux de laiton. LesPèlerins viennent en boire avec une assiuence finguliere.Cette fontaine a été construite en 1686'.

que l’on a trouvée iî y a quelques années, avec îe corps également pétrifié,fous un roc que l’on avoit brisé près d’Uznach, Bailliage qui appartientpar indevis aux Cantons de Schweitz 8c d’Underwalden. Cette hure offreencore les dents de l’animal ; ce morceau seroit digne d’avoir sa place dansle cabinet d’un grand Monarque.

(43) Tome II, p- 94. Genève 8c Paris, 1783, m-S-, avecsig.

(44) Le même voyageur François {ibid. ) estime infiniment une tête d’A-lexandre, gravée fur tftie Calcédoine > que 1 on voit dans ce trésor.

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