TOPOGRAPHIE
échappés à ces hommes féroces , se joignit à ceux de Ba-Jìlée pour relever cette derniere Ville , ruinée par les tnê-nies Barbares. Ammien Marcellin , Auteur digne de foi,qui écrivoit vers la fin du quatrième siécle , la nommeBasìlia. C’est au trentième Livre de son Histoire, où,rapportant ce qui se passoit sur les bords du Rhin, vers
I année 374,, il s’exprime en ces termes : FalmtinianoP°Ji vastatos aliquos Alamannice pagos , munimenta adi-ficariti prope Bafdiam , qnod appellant accolce Robur.
Valentinien I (z ), occupé à garantir les frontières deî Empire contre les incursions des Allemands, avoir cons-îruit quelques forts aux environs de Baie. On prétendreconnoître encore aujourd’hui les vestiges (4) de ces ou-vrages. Mais il n’est guere possible de juger, d’après letexte d’Ammien Marcellin , quel étoit alors l’état de Ba -Jìtia, On ignore également Tétymologie de son nom. LesSavans (5), qui préfèrent de chercher les noms dans l’on-line des peuples, ont trouvé le nom de Ba/ìlàans la langueCeltique. Les Rauraques étoient certainement Gaulois ,à l’étymologie du nom Rauracfi (6) est Celtique. Celui
Bajll désigne une ijlc baffe ; la situation de Baie, entre-k tlhin & la Birse, favorise cette conjecture.
En arrivant à Bâle (7), il faut compter midi, une heure*vant que le soleil soit au méridien ; l’origine de cet usage
II est pas bien connue, quelques - uns l’attribuent à l’époquestu Concile de Bâle, où l’on avança les horloges pour enga-ë er les Peres à se lever plus matin ; ce qui a l’air d’uneEpigramme, plutôt que d’une vérité. D’autres prétendentqu’une conspiration tramée contre la ville de Bâle, futprévenue par le stratagème d/avancer les horloges d’uneEeure entiere. Ce qu’il y a de plus plaisant, c’est que leGouvernement de Bâle ayant essayé, il y a quelques an-nées, de mettre les horloges fur le même pied que dans
reste de l’Europe, la bourgeoisie témoigna tant d’aver-ston pour cette réforme, qu’on a été obligé de revenir à^ ancien usage. Quand une chose est établie sur une tradi-tl0n ancienne & respectée par le peuple, il est bien difficile
1 y faire renoncer. On sait quelle peine il fallut pourfaire adopter en Europe le Calendrier Grégorien, & avan*Cer le compte des jours d’après une vérité astronomique.Quoiqu’il en soit de cefte maniéré de compter les heures9 Baie, elle semble avoir produit l’effet d’engager les ha-
J47
bitans à commertcer les affaires de meilleure heure. LesConseils & les Tribunaux s’affemblent avant jour pendantl’hiver.
Les Eglises paroissiales de la grande Ville font la Cathé-drale , qu’on appelle ordinairement le Munster , S. Albari 9S. Léonard , S. Pierre , S. Martin & Sainte- Elisabeth 3outre cela, il y a divers Couvens sécularisés, dont lesEglises subsistent en leur entier, comme ceux des Domini-cains , des Cordeliers , &c. La Cathédrale est grande &ornée-de deux beaux clochers parallèles, & de mêmeforme, qui s’élevent à côté de son grand portail , & quisort d’une architecture gothique, mais assez gracieuse; au-lieu que la sculpture de l’Eglise est très - mauvaise. Dansle Temple, on remarque entr'autres un autel de marbre& un beau baptistaire.
La salle où les Professeurs en Théologie font leursleçons, & où Pon gradue les Docteurs , est un appendicede ce bâtiment, II y a auíìì dans ce Teìnple de très-bellesorgues, qui font ornées de peintures de la mais du fameuxHolbein. On s’en sert pour le chant des Pscaumes dans leService divin, à la maniéré des Eglises de Hollande.
II n’est point de pays fur la terre ( 8 ) qui ne soit remar-quable par le tombeau de quelqu’homme célébré. Mais jene puis ne pas souscrire à i’observation de M. de Sin-ner ( p). Voici les paroles du savant Baillis de Cerlier. LesB alois ont de tout temps aimé les Epitaphes. 11 n y a guerede citoyen aisé qui n ait la senne. Ce sentiment,fondésurLamour -propre , mérite dé être loué j il tend à transmettreàlaposérité le souvenir des affections les plus honnêtes ,C amitié conjugale G* filiale. Mais auffi les noms ìes plusobscurs SC les plus indifférens au public SC à la postérité ,font consignés pêle-mêle avec les noms les plus illustresdans des Temples qui semblent être uniquement voués à laReligion SC aux grandes vertus. Les portiques qui environ «nent la Cathédrale , de même que la nef , font surchargésde ces monumens particuliers. Et c’est cependant dans lamême Cathédrale qu’on volt le tombeau de la Reine desRomains, Anne , femme de Rodolphe I, & des deuxPrinces ses fils ; celui du grand Erasme . Un nommé JeanToniola , Ministre de la Paroisse des Italiens réfugiés àBâle, publia en 1661 le Recueil (10) de toutes les Ins-criptions sépulcrales de cette Ville fous le nòm de Basdia
G) Voyage historique & littéraire dans la Suisse occidentale , tome I,3 > (rsuiv.
. G) M: B ruckner place la forteresse de Robur au mont Wartemberg, au-dessus dufilage de Muttentz, qui est à une lieue de Bâle. II a décrit les ruines desateaux qu’on y trouve, Lt dont la structure paroît désigner le temps oùj, ^Peteur Valentinien I re'gnoit. Wurjleìsen fixoit Robur dans Bâle même > àendr °it où est bâtie l’Eglise Cathe'drale. M. Schoepflin avoit adopté la mêmeOpinion, alléguant que le nom de Burg ou de Château , est resté à cet em-ac ement. La situation du lieu domine sur le Rhin, qui passe au pied.
( î ) Bochat , Mémoires critiques fur l’Hifloire ancienne de la Suisse » t. III,P- 88-91.
(6) Rauracì. Quoique ce nom soit écrit ainsi dans César, cependant quel-* m cnptions sont d’accord avec Pline & avec Ptolémée pour qu’on dutrire Carier. Voyez l’observation de M. d 'Anville &r ces Peuples, dans la
Notice delà Gaule, p. 540-541. Le pays des Rauraques étoit séparé de l’Hel-vétie par l’Are, à l’endroit où cette riviere se jette dans le Rfrin, &c par leJura jusqu à la source de la Birsê. La situation des Rauraques entre des mon-tagnes âpres, & dont l’entrée étoit, pour ainsi dire , fermée par des gorgespresque impraticables, a prêté le nom au local.
Eunape de Sardes, qui florissoit sous le régne de Valentinien , de Valens& de Gratien, nous apprend ( * ) que Julien leur prédécesseur, faisantla guerre aux Allemands, s’étoit posté au château des Rauraques , ars «r ràrVuvpùxxs, Voyage Clavier, Germania antiqua , lib. II, cap. V, p.
( 7 ) Simler. Voyez dans la Suisse occidentale , tome I, p. 6 ,7.
(8) Mafiime , Efcmpi , è Trattati publics in Tkucidide , excellent Recueil deNotes manuscrites. Voyez aussi le J eurnd étranger , Février 1757 > pag. 127.Paris 1757, in-ri..
(?) Voyage dans la Suiiîè occidentale, tome I, p. 43-45*
(10) ira-4°.
ètl ] ° a adelui les Vies des Philosophes de ftn temps, où il affecte de relever l’Idolâtrie pour rabaisser le Christianisme,' -"-r".
*Qfne II SC dernier*
Adrien Junius en a donné une Traduction latine avec le Texte
y v v v