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Tome deuxieme et dernier.
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TOPOGRAPHIE . 3i9

H E orné de diverses belles peintures. On y fait voir «n général des poêles de fer en fonte, usage commun dansgrand tableau de Holbein , qui représente en huit compar- une grande partie de PAllemagne. On a construit depuisriniens la paííìon du Sauveur , & que plusieurs Princes ont quelques années à Pâle, plusieurs belles maisons, dontsouhaité ardemment pour fa beauté. Maximilien 3 Electeur quelques-unes méritent le nom d’Hôtel. Celle deMes-de Bavière, en offrit à la ville, à ce qu’o n dit, la valeur sieurs Sarrasin , où l’on dit qu’ils ont mis une somme dede trente mille florins en sel. On y voit auíïì la statue de 600 mille francs , est la plus remarquable avec l’HotelM-unaùus Plancus , Général Romain, qui fonda, fous que M. Burckhard a bâti, & qui est encore d’un style^ empire d 'Augujle , la colonie des Rauraques. Cette sta- plus grand.

me fut faite lan 1528 , & accompagnée d’une inscription Le goût des tableaux est la dépense favorite des Bâlois.Ltine, composée par Beatus Renanus. Nous l’avons rap- On trouve dans cette ville plusieurs cabinets dignes d’êtrePortée (15). vus ; entr’autres celui de M. de Mec fiel , que l’Empereur

Après Y Hôtel de Ville , ce qu’il y a de plus remarqua- Joseph alla voir en passant par Baie en 1777. M. de Mechelble est YUniverJlté. Elle fut fondée par le Pape Pie Ií Pan contribue au progrès des Arts par ses talens dans la Gra-* 459 - Nous en avons fait Péloge ailleurs. Cette Univer- vure. L’Empereur en a été si content, qu’il l’a appellé àsité a toujours été florissante, & remplie de savans Pro- Vienne, oh il a été chargé de ranger fa galerie.feíTeurs , en toutes sortes de sciences & de facultés. Les Nous ne parlons pas des Cabinets (18) d’Histoire natu-Loìléges publics ne font pas ce qu’il y a de plus beau relie de quelques Bâlois; nous en avons fait mention ail-

a voir. II y en a un qui a été auparavant un couvent d 'Au- leurs, ainsi que du Cabinet de Faesch , remarquable parguflins , auquel on donne le nom & Erasme, où un certain un grand nombre de médailles & de bronzes,sombre de pauvres Etudians font entretenus. Ce Colíege On traverse de la grande ville dans la petite fur un grande st dans la proximité de la Catkédrale. Mais il y a beau- & beau pont de bois ( 19 ), long de 270 pas, qui sert decoup à voir dans la Bibliothèque publique, qui est rem- promenade aux habitans, & où l’on a une très-agréableplie particulièrement de manuscrits rares , & d’une haute vue fur le Rhin. On apperçoit au - dessus de la porte du

antiquité. II s’y trouve plusieurs tableaux excellons de la pont, en sortant de la grande Ville , une grosse tête, qui

1 Iïlam de Holbein. On dit que la salle de la Bibliothèque tire la langue à chaque minute de Phorloge publique

fut le lieu où s’aífembla le fameux Concile de Bâle. Ce qui est au-dessus. On prétend que cette machine à ressorts,

£ Ul paroît certain, c’est que sélection de l’anti-Pape Fé- qui semble narguer la petite Bâle, a été construite dans un

V, auparavant Duc de Savoie, se fit en 1439, le y temps où les deux villes étoient armées l’une contre l’au-

ovembre, dans l’endroit où se trouve à présent la Biblio- tre. C’est un bruit populaire , & dont je n’ai pu approfon-

àéque publique. On y conserve les actes ( 1 6 ) du Concile dir 1 origine véritable.

eïl 12 volumes. , La petite Bâle n’étoit autrefois qu’un village, qui fut

,■ ^ église Gallicane les a toujours regardé, avec ceux fermé de murailles par un Evêque de Bâle, vers la fin du

u Concile de Constance, comme un puissant rempart de treizième siécle. Le Magistrat l’achetade l’Evêque de Bâle

es Libertés contre les prétentions ultramontaines ; il y en en 1392, ôc Punit à la grande ville, pour ne faire qu’un

a **ne copie, munie du sceau de la République de Bâle, même corps avec elle. On y voit, à Pu ne des extrémités,

a été faitesous le régné de Louis XV, & qui est dé- l’Eglise paroissiale de S. Théodore , & près de-là, vers le

P^fée a Paris à la Bibliothèque du Roi. M. le Chancelier bord du Rhin, la Chartreuse , qui étoit bâtie de telle ma-

■dguesseau, l’oracle des Loix de la France, avoit pro- niere que chaque Religieux avoit fa cellule & son jardin.

CUr é cette copie. ' II y a dans l’Eglise de ce Couvent sécularisé, plusieurs

La ville de Bâle (17) est entrecoupée de hauteurs. Ses tombeaux de Prélats qui moururent durant la tenue du

r ùe$ sent étroites. L’Architecture des bâtimens particuliers Concile. Cette Chartreuse est aujourd’hui une maison pour

^ en général assez mauvaise. La mode autrefois régnante les Orphelins . II y avoit aussi dans la petite Bâle, un cou-

. 0rn er les façades de peintures accompagnées d’inscrip- vent de Clarisses, qui avoient été extraites vers l’an 1277

îl °ns , conserve à cette ville un air assez antique. On croit du Couvent de Gnadenthel. Ce dernier Couvent, qui

p° U Une fuite d’auberges: le Cheval Blanc , l’Ours, le existoit dans le fauxbourg dit Spalen-Vor/ladt , attenant

, on, le Soleil, la Balance, tout cela se succède de la à la grande ville , est aujourd’hui un magasin de bled; &c

^niere la plus bisarre. L’intérieur des maisons offre le le Couvent des Clarisses, dans la petite Bâle, a été con-

air de propreté qu’en Hollande. On ne voit jamais verti en une Eglise particulière. Le Klingenthel , autre

e feu dans les cuisines, au moyen des arrangemens éco- Couvent de Religieuses , mais de l’Ordre de S. Domini-

^ttuques des foyers, où tout se fait à feu couvert, avec que , étoit aussi dans la petite Bâle j il avoit pour Fondateur

e épargne de bois singulière. Ordinairement le même un Baron de Clingen ou Klingen , en Turgovie. La lon-

ieu f ert

très.

encore à chauffer une chambre voisine. On voit gueur du chœur de cette Eglise, étonne tous ceux qui yPeu de cheminées dans les appartemens, qui ont en entrent. J’oubliois d’observer que la petite Bâle est arrosée

o" 6 * * Article des Arsenaux.

Hqu e m “ nBÏ Gratius, autrement Graes , mort en 1542 , très - zélé Catho-fugìsfo âonné, entr’autres productions, Faseiculus rerum expedendarum &bnnf B j-” 1 * Colo S ne *535, in-folio. Réimprimé par les foins d’EdouardNà il ondres , 1690 , r vol. in-fol. C’est un Recueil de pièces concer-

* e Concile de Bâle.

(17) Sinner , ibid- tom. I,p. 53 ^rfuiv.

(18) MM. Bernoulli, Freji &à'Annone, ont des Cabinets d’Hisloire na-turelle.

(19) Keysler, en évaluoit la longeur à 250 pas, (Voyages, tomel & II,Lettre 18, Hanovre 1751. ) Mais M, Andréas la jugeoit de 270 pas. Voytn sesLettres fur la Suisse» p. 2,