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Tome deuxieme et dernier.
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O G R A P H î E,

^ues mériteroient d l être traduites, mais notre Ouvragea fts bornes.

On appelie à Fribourg , Tancien domaine ou territoirecette Ville, un district contigu qui â dix-huit lieues^ ans son contour, & qui comprend vingt- sept Paroisses.Les habitans y ont des privilèges considérables : ils éta-blissent , de concert avec les bourgeois de Fribourg, lesdeux Avoyers du Canton, d’après le choix de quelquesPersonnes que les Conseils ont le droit de proposer. Leí^uc de Zeringen, en fondant la ville, lui annexa ce do»^aine , dont la police est régie par le Bourguemaître. Ce•Magistrat ? que la Bourgeoisie élit tous les trois ans par-1111 les Membres du petit Conseil, a aussi l’inspection civilede la ville. Cet ancien domaine a répété, ces années der-nie ’'es, conjointement avec la bourgeoisie domiciliée en*dle, plusieurs droits ôt franchises dont il prétendoit avoirete privé. Je n entrerai pas dans le détail de ces griefs ;°n en peut voir le tableau dans les mémoires imprimés àCe sujet. La République a sévi contre plusieurs des auteursde cette émotion. On peut lire les déclarations quelle adonnées le 11 Mai 1781,6c le 2 y Juillet de 1782, con-jointement avec celles des trois Cantons ses alliés, Berne,

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^-ucerne & Soleure, dont elle avoit spécialement requisL prompte assistance, à l’époque de l'explosion des trou-as qui agitoient le Comté de Gruyere & quelques autresdistricts du Canton. Je tire le rideau fur l’origine & l’his-t0lre de ces troubles ; il est à desirer que la fermeté avecLquelle Fribourg , ôt les trois Cantons aristocratiquesbes confédérés, les ont appaifés, en ait entierement éteintle foyer.

Jai nommé à Partiels du gouvernement de Fribourg ,es vingt-sept paroisses privilégiées qui composent Van-Clen territoire*de cette ville , j’ajouterai seulement quelquesobservations locales & historiques.

La paroisse de Praroman , en latin de Prato Romano ,a donné son nom à une ancienne ôt illustre ( 16) Maison,st Ul a fait plusieurs donations à P Abbaye de Hauterive danses douze, treize & quatorzième siécles , ôt a rendu dese ^vices importans à la ville de Fribourg dont elle a rem-Pb les principales Charges ; elle a aussi produit des Colo-^Is de plusieurs Régfimens Suisses en France.

Hetenried , gros village de Paroisse, & dont la basseUr ssdiction appartient depuis 1579 à une branche ( 17), e L maison de Diesbach , qui, à Pépoque de la réforma-j!°oà Berne, s’est établie à Fribourg, & qui a eu aurvj ce de l’Empire ôt de la France, des Officiers géné-Ta Ux (*), d’une rare distinction.

. L ^ermitage de Fribourg , à une lieue de Fribourg,*j lrant du côté de Berne. La Sane ou S arme ( ** ) coulek s Un lit profond, au pied d’une haute montagne, où est^ c dlebre Hermitage dont je vais parler. Sur la rive droitek Sane, s’éleve une chaîne de rochers, hauts de troisst Ua tre cens pieds , fort escarpés, & presque tout droits

comme <1 on les avoit coupés, au - dessus desquels il y aun bois. Environ à deux cens pas au - dessus de. Peau, lerocher fait une petite avance fur la riviere : c’est-là qu’unHermite se fit chemin jusqu’à une fente d’un rocher surla fin du dernier siécle. II y creusa ou tailla un petit espaceautant qu’il en falloit pour s’y étendre tout de son long,6c s’y mettre à couvert des injures de Pair. Un autre Her-mite, qui ie remplaça, ôt qui se nommoit Jean du Pré ,de Gruyere, entreprit de se tailler un logement plus com-mode dans ce roc ; & à force d’y travailler durant vingt-cinq ans avec un valet, il a fait un joli Couvent, où l’onvoit une Eglise, un clocher , une sacristie, un réfectoire,une cuisine, une grande salle, deux chambres annexes ,deux escaliers, & au-dessous une cave, le tout taillé dansle roc. On voit d’abord une cave assez grande , & uncaveau, ou il s’est trouvé heureusement pour l’Hermite,une source abondante de bonne eau. On monte par unescalier de quelques marches, & l’on trouve une Eglisequi a 63 pieds de long, 36 de large, & 22 de haut. Lasacristie qui est à côté , a 22 pieds de long, autant de lar-ge & 14 de haut. Mais ce qui est le plus digne d’admira-tion, c’est le clocher, qui s’éleve jufqu’au-dessus du rocherà la hauteur de 70 pieds, fur 6 de large. Entre PEglife &le réfectoire il y a un sali o n ou antichambre , qui a 44pieds de long fur 34 de large. Le Réfectoire est petit,

,comme il le faut pour un Hermite. 11 a 21 pieds de long,& il est occupé en partie par un lit ôt un fourneau. A côtéest la cuisine avec une cheminée, dont le canal est plusadmirable encore que le clocher de l’Eglise ; car il a 90pieds de haut. De-là on passe dans une grande salle longuede 93 pieds, fur 22 de large, avec de grandes fenêtres,pareilles à celles du reste de la maison , qui donne la vuesur la riviere. On ne peut s’empêcher de se sentir saisi dequelque effroi quand on regarde en bas, ôt qu’on voitcette riviere au-dessous. Au'-deîà sont deux autres cham-bres , qui font ensemble la longueur de 54 pieds ; ôt au côtéde la grande salle, dans l'obscurité, est un escalier dérobé.11 est presque inconcevable comment cet homme a pu faire,avec un seul valet, un si grand ôt si difficile ouvrage, Ôtsur-tout couper les canaux du clocher ôt de la cheminée.Devant l’Hermitage , ôt dans la petite avance dont j’aiparlé, il a pratiqué un petit jardin potager , qui fournitdes herbages & des fleurs.

Cet Hermite avoit dessein de pousser son ouvrage plusloin, mais la mort ne le lui a pas permis. Le pauvre hommese noya Pan 1708 , le jour de S. Antoine , patron de cetteEglise. Quelques écoliers y étoient allés pour célébrer fafête avec lui ce jour-là , qui est le 17 de Janvier ; il vou-lut les reconduire àu-delà de Peau, dans un bateletqu’il tenoit pour cet usage, malheureusement le bateletversa, ôt il périt avec les écoliers qu’il conduisoit. Sonhermitage resta vacant quelques jours ; à la fin il s’esttrouvé un bon Prêtre qui est ailé remplir fa place. II tire fa

Rst tome I * * P* - 644»

H st Suisses au service de la France, par M. le Bar. de Zur-Lauben.

M, j,°' re abrégée des Officiers Suisses dans des grades supérieurs , par® Girard, tome II, p. 190-501. Fribourg en Suisse 1781.2/1-12.irard, iìid. tome 1, p. 160 - 18?.

Leu , ibìd. tom. VI , p- vZur-Lauben, ssid.

Histoire Militaire des Suisses, par M. de May de Komainmotier,(*) Planche , n°. ->74-'

(** ) Planche, n°. 21.