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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DE LA SUISSE .

«des nids de corbeaux. II y a là deux montagnes, entre les-quelles la Taminne s’est creusé un lit étroit, mais d’uneprofondeur prodigieuse, où elle se précipite plutôt qu’ellene coule, à travers des rochers affreux, avec un bruit•épouvantable. Là font au plus profond de ce vallon, à unelieue derriere FAbbaye, entre le midi & le couchant, cesbains tant vantés, entre deux rochers escarpés, qui parleurs pointes avancées font une espece d arcade. Au com-mencement on n’y pouvoit descendre qu’avec des cordes,•comme dans un puits. Dans la fuite, on y a construit unchemin composé de ponts de bois, attachés bout à bout,à suspendus entre ces rochers. On y a aussi bâti des bains& des hôtelleries, avec une peine infinie, encore le tout«’étoitil gueres commode : en effet, à cause des rochersqui couvroient les maisons, il y régnois une telle obscu-rité, qu’en plein midi l’on avoir besoin de chandelle dansles chambres. Mais tous ces édifices ayant été consuméspar le feu Fan 1629 au mois de Decembre, F année sui-vante idjo , F Abbé de Pfeffers fit bâtir d’autres bains8 c d’autres hôtelleries , dans un endroit plus agréable &plus éclairé, au-dessous de la source. II fit tailler deschemins dans le roc , il fit des ponts de bois dans les en-droits où le terrain manquoit, & il construisit un aqueducpour conduire l’eau de la source dans les bains, de fortequ’on y a depuis ce temps tous les agrémens qu’on peutsouhaiter: un grand jour, qui dure en été depuis quatreheures du matin jusqu’à neuf heures du soir ; un logementcommode , un bain salutaire, & toujours bonne compa-gnie. L’eau de ces bains est extrêmement claire, fans goûtni odeur. Elle fort toujours au commencement du moisde Mai, & tarit entierement vers le milieu de Septembre :l’on a observé que lorsque l’hiver a été pluvieux, l’eausort de meilleure heure, cependant en petite quantité , &elle est à peine tiede. Mais quand elle fort tard, elle tarittard aussi. On fait à peu près quand elle doit paroître, &c’en est un signe ou pronostic, lorfqu’on voit venir dansie grand bassin du Bain de petites ampoulles d’eau, desfeuilles de hêtres, des fruits sauvages, êc une petite écu-

me. Elle coule tout d’un coup avec grand bruit, & erîtelle quantité, quelle pourroit faire tourner un moulin»Cette eau charrie les esprits les plus subtils de soufre, denitre, de vitriol & de divers métaux, entr’autres de l’or.Elle est chaude au second dégré, & propre pour diversesmaladies , soit en bain , soit en boisson : elle est bonnecontre les obstructions du cerveau ôc des nerfs , contre lesmaux de tête, l’épilepsie , F apoplexie, la surdité, la foi'blesse de la vue , la paralysie , le tremblement des nerfs,les obstructions des viscères, les fièvres invétérées, les fis"tules, les ulcérés, &c. Ces Bains appartiennent à F Abbayede Pfeffers, qui en commet le foin à un Officiai ou pré-posé. II y a une Chapelle pour l’exercice de la Religioncatholique ; les Réformés y ont aussi dans le bâtimentsupérieur un emplacement où ils peuvent vaquer à leurculte. Ce bâtiment qui a quatre étages , peut contenir jusqu’à deux cens personnes. On transporte l’eau de ces Bainsdans toute la Suisse, en Allemagne, en Italie & en France.

Le village & la paroisse de J^alens ou Vallens (if)>font fur la montagne, au - dessus des Bains de Pfeffers.

La paroisse & fe village Vettis ou F~œttis , au Gungehserberg , sur la frontière de la Ligue - Grise. On a trouvedans ce district une mine de cuivre. Les glaciers de Sun"melberg à Calveifen, desquels fort la Tammine, f° !lCdans la proximité de Vettis. La vallée de Calveifen estconsidérable , ôt il y a plusieurs-habitations.

La paroisse & le village de Mels ( 1 6), où il y a un Cou-vent de Capucins, font dans le voisinage de la ville deSargans.

Au-dessus du village de Mels, & plus bas que laSâre,'on trouve la paroisse Vilters ou Filtoris , en latintertia ou V'ilisterna.

La paroisse & le hameau Weiffi-Tannen , font si £ u sdans une vallée sauvage , par laquelle coule la P etlteriviere à trois lieues de Mels. Les anciens Comtesde Sargans avoient autrefois ici une maison de chasse. Lglise de Weiss-Tannen étoit une filiale de celle deM ejusqu’en 1675 , qu’eile fut érigée en Paroisse distiricte.

LE BAS-SARG AN S.

Wallenflati , ou Walenjladt , à la droite de la rivierede Se^, & presque à la tête du lac de son nom, en latinRiva villa , Ripa SC vallis Jlatio , & dans les ancienstitres, en allemand Walastad , Walanstad , est une petiteville qui s’étendoit autrefois jusqu’au lac, mais présente-^ment elle en est à une distance assez remarquable, le lacs’en étant retiré. Cette petite ville jouit de beaux privilè-ges. Elle a son propre Magistrat. L’Avoyer est établi parle Baillis de Sargans qui le choisit entre trois sujets quela bourgeoisie lui proposo, II y a ici un entrepôt de mar-chandises très - considérable. Elle fut conquise en 1460par les Cantons d’Uri, de Schweitz & de Glatis, qui reçu-rent en 1462, dans la Co-Régence, les Cantons de Zu-rich, Lucerne, Undervalden & Zoug: elle futincorpo-

*lJg

rée au Bailliage de Sargans. II y a apparence que cette ,a été une station des Romains pour réprimer les R"

Sa situation avantageuse le fait croire. Quelques - u slSsent que le nom de JValen , ( autrement Velches ençois ), avoit été donné par les Helvétiens a cette Jparce qu’ils appelloient ainsi les Rhétiens , dont iBtendoient pas la langue ou le patois Italien, i Qlí .Romanfcha , & qui étoient établis dans ces distriâs. J ^di (17) fait dériver de la même dénomination ce ^ afVallgau , qui appartient à la Maison d Autriche -pour frontière le pays des Grisons. II observe au G ,la proximité du lac de Wallenjlatt, plusieurs V1qui paroissent avoir été des stations romaines . Le sl£

Proemsch , en latin Primum> au-dessus du lac> a

(15) En latin Valentia. (17) Gallia Commata» p. 308,

(té) en latin Mdium*

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