T O P O G RAF HIE.
ARTICLE QUATRIEME.
Le Bailliage de G aster, Catholique .
P
v -' e Bailliage ( i ) appartient aux Cantons de Schweitz & deClaris j qui y envoient alternativement un Baillis tous lesdeux ans. Ce pays aau levant le Comté de Sargans, au midita lac de Walîenstatt ôc les Cantons de Schweitz ôc deClaris ; au couchant le Bailliage d’Uznach, ôc au nord leComté de Toggenbourg. Le Chapitre des Dames deSchen-n is est de ce Bailliage, ôc les Jurifdictions de Wefep ôc deCambs ou Gams, quoiqu’elles en soient distinctes, fontr dgies pat le Baillis de Gaster. La premiere de ces Jurif-dictions est enclavée dans le Bailliage de Gaster, ôc la se-eonde est située entre les Comtés de Werdenberg , detoggenbourg ôc la Baronnie de Sax, qui appartient à lav dle Zurich. Tous les habitans de ce district font Catho-liques, ôc en majeure partie du Diocèse de Coire, le resteE du Diocèse de Constance.
Ce pays de Gafier ou Gajlal , autrement Gafirach dansCs anciens actes, en latin Castra , & selon quelques-uns,Ca/?ra Rh ce tic a , formoit la Seigneurie de Windeck. Les^ e igneurs de ce pays réíìdoient au château de TVindeck ,Présentement ruiné , ôc dont je dirai un mot. Tout ce dis-ts ict est long de trois lieues, mais inégal pour la latitudedu midi au nord à cause des montagnes. Ce pays est entie-Ie ment du Diocèse de Coire, à l’exception èYOberkirch° u Raltbrunnen , paroisse de FEvêché de Constance. Lese Rdroits les plus habités de ce Bailliage , font situés enPartie fut les montagnes limitrophes du lac de Wallens-* att » Ôc en partie dans une plaine, assez; ouverte, ôc agréa-e > e n descendant jusqu’à Schennis. Ce Bailliage est coupéau osntre par la Jurisdiction distincte de Wesen. En géné-les montagnes de cette contrée font dans un bon étatP°ur les pâturages ; ôc là où elles font moins fertiles , les^■Ipes voisines du Canton de Claris y suppléent pendantute pour le fourage. II croît beaucoup de fruits dans ceP a Y s > ôc on en sèche une grande partie ; on y récolte ausiì^ ^led ôc de Forge. Sans la paresse des habitans , le ter-tai u feroit plus cultivé, fur-tout dans la vallée. II y a dansC partie supérieure quelques vignobles, mais d’une mé-^°cre qualité.
Cans le voisinage du lac de Walîenstatt, le plus grandCommerce des habitans consiste à filer du coton. Ce lac estfítué dans ce Bailliage ; on l’appelle austi quelquefois le‘st de IVïjen , du bourg de ce nom. La petite riviere de^ a 8 fe joint près du pont de la Tuillerie avec la Lint y
qui fort du lac de Wesen ou Walîenstatt. De-là le nom deLindimagus. Le lit de ces deux rivières réunies, ôc connufous le nom général de Lint 9 coule le long de la côte mé-ridionale du Gafier ; il est navigable, ôc très-poissonneux,mais il déborde souvent.
Si on en veut croire les Historiens de la Suisse, tout cepays appartenoit primitivement à l’ancienne Rhétie , dontles limites s’étendoient jufqu’au pays de la Marck , ( Ter-minus , ou Marcha Helvedorum ) , au - dessus du lac deZurich. On prétend que Tibère dans ses expéditions contreles Rhétiens , y avoit formé des camps; de-là le nom gé-néral (2) Castra , par corruption Gafier ; de-là ses stationsà Terçen , Quarten , Quinten , aujourd’hui villages du pays.D’autres conjecturent que dans la guerre de Cécinna contreles Helvétiens, après la mort de Néron , durant Finterre-gne de Galba , Othon ôc Vitellius , les Rhétiens prolongè-rent leurs frontières au - delà du lac de Walîenstatt, par lepays de Gafier , jusqu'à celui de la Marck 9 ( terminusHelvedorum j ) que leurs camps divers communiquèrent aupays le nom Castra Rhetica , ôc que la réminiscence deleurs stations Tertia , Quarta , Quinta *, s’est perpétuéedans les villages Ter^en , Quarten SC Quinten.
La légende de S. Fridolin , qui vivoit dans le sixièmesiécle , fait présumer que le pays de Claris appartenoitalors à la province de la Rhétie. Au reste, il paroît certainque le pays de Gaster étoit annexe à la Rhére dans destemps plus reculés, ôc que les anciens Comtes de la Rhé-tie de Coire , dont la race s’éteignit dans le neuviemesiécle, en avoient la propriété. Le mariage de j-iemma ,la derniere héritière de cette Maison, avec un Comte deLenstbourg en Argau, sit passer ce pays, avec Y Advocatiede l’Abbaye de Schennis , dans la Maison de Letrstourg .♦mais à l’extinction de celle - ci en 1172, la Maison Impé-riale de Souabe fe Fappropria comme fief caduc. Le ma-riage de la fille unique d’Oton de Souabe, Comte de Bour-gogne , fils puîné de l’Empereur Frédéric B arber ouste 9avec le Duc de Méranie en Tirol, transporta le pays deGaster , le Comté de Lenzbourg , Y Advocatie de Schen-nis , ôc la Rhétie de Coire , dans la IVÍaiíon de IVÎérame;ôc en 12 un autre mariage d’Alix de Chaloir-Bour-gogne , héritière de la Maison de Méranie , transféra cesmêmes pays dans la Maison de Kibourg, dont FhéritiereAnne apporta les mêmes domaines à son mari Eberhard ,
x Dict.Hist. de la Suisse, tom. VIII, p. 107-10& 231-142; suisse, tom.I, p. ^ 6 , 437 ; G tom. III, p. 510-311,) prétend qu’il n’jrj
° m *XVl, p. I5i-i;;;8c rom. XIX, p. 361-364. rien de latin dans le nom de Casier ou Gafíeré/i; que Givèflai, dont le dialecte
ï^’Etat & i es Délices* de la Suisse, derniere Edition, tome IIÍ, pag. 176- germanique a fait Gast , défignoit, dans la langue des Gaulois, un hôtel
un convive, qui survient sans avoir été invité, un étranger ; 6c qu’il s’éta-^ aesi , Topogr. de la Suisse, tom. III, p. 355-377. blit dans ce canton quelque Colonie , â qui les Helvétiens donnere-nr ce
Warner, Dict. Géog. de la Suisse , tom. I, p. 212-114. nom qu’il a’gardé. Gujì er , signifioit, en langue celtique , terres des hôtes,
^Uessiìn , Topog. de la Suisse, tom. IV, p. ïï - jp, & 63 , H- des dangers. M. de Bochat donne aussi au nom de Weltjchen ou Wahlen , à
Chronique du Canton de Glatis, par Christophe Trumpi, en allemand , cause de la ville 8c du lac de Walîenstatt, une étymologie dont l’examenVlnte nhou r , i 774- in-iz.fig. &c. meneroit au-delà des limites que je donne à cette Topographie,
ù) L ingénieux Bochat , ( Mémoires Critiqués fur l’Histoire ancienne de la v 1 1 t 1
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