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Tome deuxieme et dernier.
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438 TABLEAUX DE LA SUISSE.

qu’avecîa vie. II étoit Lieutenant-général des Armées duRoi j Colonel d’un Régiment Suisse de son nom, & enmême-temps Capitaine au Régiment des Gardes Suisses.

Le château de Saint-Barthelemi , où l'on jouit d’unevue délicieuse, a été rebâti .magnifiquement par M. leComte d ’ Affry. Parmi les divers embelliffemens de cetteTerre, on trouve près d’Eschallens, à la droite du chemin,un obélisque de marbre, haut de vingt-cinq à trente pieds,Sc dressé fur une place ovale , entre quatre petites colon-nes de granit, munies d’une chaîne qui ferme l’enceinte,comme celle d’un lieu sacré. L’obélisque est surmonté d’unepomme de pin. Un peu au-dessous paroît l’écu antique desarmes de la Maison $ Ajfry , attaché avec deux petites chaî-nes. La base de l’obélisque offre sur quatre côtés une Ins-cription, en lettres majuscules; celle qui est à l’occidentest en latin, laudate de u'm omnes gentes. Uneautre en François au nord, toutes Nations louez Dieu.Une troisième au midi, est en allemand, & porte : vol-•cher lobet : alle GOT; & enfin une quatrième en anglois,•& placée à l’orient, désigne la même invocation : praisegod. alla Y e nationn. Ces Inscriptions, qui exprimentl’hommage dû par tous les Peuples au Dieu suprême del’Univers, ont causé, en Septembre 1783 , une sorte d’ex-tase à un savant Professeur de Goettingue, M. ChristopheJSleiners (2,9), íorsqu’il les lisoitsur le piédestal de l’obe-lisque. On peut voir l’éloge qu’il en a . fait dans ses Let-■ ires {30) fur la Suijse.

I V. Bretignie ou Bretigny. La Seigneurie de ce vil-lage , qui est Catholique, a été réunie à celle de Saint-Barthelemi pour l’exercice mutuel de la basse - Jurisdic-tion entre les deux co-Seigneurs, dontl’un est M. leComte dhAjfry , & l’autre, l’héritier de feu M. Gaudard ,de Berne, le Lieutenant-Colonel.

La ville d 'Orbe, dont je vais faire la description, n’arien de commun avec Echallens , que d’être gouvernéepar les mêmes Cantons & par le même Baillis. Ce Gouver-nement séparé comprend la ville à’Orbe Sc son territoire.Le Baillis d’Echallens y tient son Châtelain, nommé parle Souverain , d’alternative , & qui dépend de lui dans lesaffaires d’importance. L’appel de la justice d ''Orbe va auBaillis, & de lui au Souverain. La ville à’Orbe a son pro-pre Magistrat & ses privilèges. Le territoire de ce Gouver-nement distinct est très-fertile, & on y cultive beaucoupde vignes. Mais ce pays est beaucoup exposé aux inonda-tions de la petite riviere à’Orbe, en allemand XOrbach ,qui prend fa source dans le Comté de Bourgogne fur lafrontière du pays de Vaud : elle se jette successivement dansdeux lacs avant que d’arriver à la vue d 'Orbe. Presqu’à sasource, elle entre dans le lac des Roujfes ou Qidn^anty

autrement Qin^onnet. Elle en fort pour sc jetter dans le ^ aCde Joux, au Bailliage de Romainmotier 3 Canton de Berne*\ A une lieue environ de ce lac, dans la paroisse àtVa.llorbe^il fort d’un rocher un torrent qui porte le nom d Orbe,.que l’on croit sortir du lac de Joux par un souterrain*Cette petite riviere, qui est très - poissonneuse, sur* toUen truites, traverse une partie du Bailliage d’Yverdun >passe par la petite vallée à’Efclées , ou les Cites , & ensu lteau pied d 'Orbe. Son cours, jusqu’à cette ville, estrassé par beaucoup de moulins à forge. Mais depuis , ,

jusqu’à Yverdun, on l’a rendu navigable ; avant que d arrver à Yverdun, elle se divise en deux branches, app el

îe grand & le petit Theila Elles entrent toutesie lac d’Yverdun,

deux dans

autrement de Neuchatel.

Orbe , en latin Urba , & en allemand Orbach,jolie petite ville, qui appartient par indivis auXCantons de Berne Sc de Fribourg. Elle est située a ^■lieues d’Yverdun, fur une hauteur au pied de laquelle cola riviere à’Orbe , qui offre en cet endroit presque la ° rd’une presqu’iíle : elle passe sous un beau pont de P ^ rr ^La situation à’Orbe est très - agréable. La riviere du m ^nom qui coule au pied, traverse une plaine de deuxcouverte de champs, près, ôc de marais , dans lelqu ^trouvent des bois d’aulne, que les habitans nommentne. On découvre d’Orbe le lac d’Yverdun preíqu ^jusqu’au pont de Tiel, au-delà duquel on voit les carn ^ o _gnes à’Anet dans le Bailliage de Cerlier, situe entrerient & le nord 3 au Canton de Berne. Ainsi, de ce cot ^on promene agréablement la vue jusqu’à douze ou q ^lieues. La plaine, qui est immédiatement devant Qrb e >arrosée de deux petites rivières, qui vont se joindre ad’Orbe. Au-delà de cette plaine, c’ést-à-dire à unelieue de la ville, s’élevent des coteaux fur lesquels ,bâtis six ou sept villages environnés de vergers, de P r ^de champs, de vignes & de bois; & au-dessus d eceS ^

teaux s’éleve encore une partie du pays de Vaud, ^

voit plusieurs châteaux, entr’autres celui de Saintthelemi , appartenant à M. le Comte à’Affry. Youtaspect lointain est terminé par un autre plus exhau ^ ^veux dire par les Alpes, qui séparent le MilanezSuisse , & le Piémont de la Savoie. A l’occident Rbornée par le mont Jura , qui sépare la Suisse du 0de Bourgogne. Le Bailliage proprement dit p

qu’une lieue d’Allemagne de circonférence; il estsin du lac de Neuchatel qùEchalens , qui est un Ban ^plus étendu. On y fuit, pour la Police, le Ooutumie^,Moudon , avec le Supplément de celui du pays desource infinie d’explications litigieuses. ^

M. de Bochat , qui se perd dans les étymologieques, pour éclaircir les noms topographiques de 1 anC

r

(19) On trouve la spécification des Ouvrages de M. Meìners dans le second coup de conjectures hazarde'es, entr’autres celles qu’il a faites far ^ Uvolume de l’Allemagne littéraire , par M. Jean - George Meujel , Professeur de Fribourg ( tom. II , p. *43. ) On trouve dans le soixantième volu ^ ^ ,

d’Erlangen, p. y , fi6. Lemgo , 1783 1 in 8 . En allemand. Bibliothèque générale-allemande , Partie I e . Berlin & Stettin , i 7 í> g^stit

(30) Tom. II, p. 141 - 144 - Berlin, 178;, ui -8°. En allemand, aveesig p. 298 - ;o; , une Lettre datée de Schasshaufen lé 18 Décembre f

Ces Lettres, en deux volumes, contiennent des observations lumineuses & le Tableau de Zurich, tracé par M. Meìners, 8c dans lequel

intéressantes fur plusieurs Etats de la Suisse ; Berne, Genève , 8cc. Mais observe plusieurs défauts ; il reproche aussi au savant Journaliste • gepin

l’Auteur n’a pas été également heureux dans la description physique. poli- ^r, des jugemens trop précipités fur la Suisse, 8c généralement la

tique & morale de plusieurs autres Républiques. Au reste, on ne doute pas bljques.que s’il s’y fût arrêté plus long-temps, il eût retranché de fa Relation beau-.