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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G

Suisse, & quî se plaît à dériver de la Gaule méridionalehabitans de l’Helvétie, prétend (3 î) que les Gaulois,fondateurs d 'Orbe , étoient originaires d’un district des Gau-les ou il y av oit une riviere ou une ville du nom d '‘Orbe ,à- comme, il ne connoît pas de ville des Gaules qui soit ainsin °mmée, il conclut que la riviere de Besiers, dite Orb,à- on latin Orbis , fournit le seul nom ressemblant à celuid Orbe. M. de Bochat a ensuite recours à Rudbeck , Au-teur de XAtlantique (32), pour donner l’étimologie d’Or-^ a ' On trouve l'explication suivante dans ce fameux Ou-Vra § e j tant recherché des curieux, Or, Ur , Urd , locaJvlubria , SC rupibus obfita. M. de Bochat en conclut qu’Or-ou Orb a , signifioit en celtique une riviere qui couledans des lieux montagneux, dontl’air est salubre. Toutesc 03 circonstances conviennent à Orbe. Le même Savanta l°ute, que ce n’est pas pousser trop loin les conjecturesst Ue de placer la fondation d’Orbe dans le second ou troi-serne siécle de Rome, en supposant qu’elle fût bâtie par lesGa uloi s du Languedoc, qui suivirent Bellovese ou Sigo-Ve se. Si M. de Bêchât eût connu Orbec , petite ville de la

Normandie, située fur la riviere du même nom, ou Orbaisdu Diocèse de Soissons, peut - être qu il eût tiré de l’un deCes endroits le nom d 'Orbe en Suisse. Quelque Etymolo-gtste Allemand, qui voudra faire dériver de la Germanie* es premiers habitans de l’Helvétie, dira un jour, par unsystème tout opposé à celui de M. d q Bochat, que la villed Orbe a été bâtie par des Germains, originaires de la villeGréa, ou Orbe ou Vrb , qui appartient à l’Electeur de^Dyence, & qui est située à l’extrémité de la forêt Spes-, en allant à Salmunster, au-delà duMein. La petiteriVle re qui passe par Orba ou Orbe , se jette dans celle de&inzing au-delà de Wertheim. Cette ville, de médiocregrandeur, est agréable par fa situation. On voit fur la col-qui la domine les ruines d’un vieux château, assezsemblable à celui d’Orbe en Suisse. Le Canton d 'Orbe ,P res de Gelnhaufen, se nomme das Ober Reijig. II y a aussidatlS la vallée de Ville ( 33 ), en Alsace, un endroit dit& r bach , connu par un Diplomé del’an 823 .

On présume (34) p ar diverses masures d’Orbe en Suisse,Me 'cette ville a été autrefois plus grande qu’elle ne l’est

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aujourd’hui. Les Chroniques fabuleuses dú pays de Vaud ,rapoftent qu’elle fut bâtie fur les ruines d’une ancienneville nommée Tavelles , au commencement du sixièmesiécle.

L’Itinéraire <$Antonia fait mention d ’Urba, entre La*cus Lausonius , & Ariolica (3 3) ; & la distance est mar-quée dix-huit à l’égard de Laufone , vingt-quatre à l’égardà’Ariolica. En examinant le local, M. d ’Anville est con-vaincu que ces distances font comptées en milles romains*& que celle d ’Urba à Ariolica , ne remplit même vingt-quatre milles, que parce que les défilés du mont Jura, enpassant par Jougne, & fous le châteaux de Joux, font ser-penter la voie entre Orbe & Pont - Arlier. Le même Aca-démicien pense que ce qu’il y a d’espace en droite ligne, nepeut s’estimer qu environ douze lieues gauloises. On a pré-sumé qu ^Urba a donné le nom d 'Urbigenus à un des quatreCantons, {Pagi), qui partageoient primitivement le paysdes Helvétièns j & quoique cette opinion n’ait pas été gé-néral e chez tous ceux qui ont travaillé fur l’état ancien del’Helvétie, elle a gagné (36) le plus grand nombre. Césarrapporte (37), qu’après la défaite des Helvétiens, six milledu pagus Vrbigenus , ne voulant pas livrer leurs armes,s’échapperent pendant la nuit, & que dans l’espérance depouvoir se réfugier chez les Germains, ils prirent la routedu Rhin.

Mais plusieurs Manuscrits de César portent Verbigenus& non Urbigenus ,* & une Inscription , trouvée en 1762à Soleure, & consacrée au Genie Verbigenus , Gen, Ver -big. confirme la premiere de ces leçons. Le savant Anti-quaire Hagenbuch (38), de Zurich, ne veut pas que lenom du Pagus Vtrbigenus ou Urbigenus , dérive de laville & de la riviere Urba , aujourd’hui Orbe , ni celuides Tugeni de Strabon, de la ville de Zug, ni celui duPagus Tigurinus , d’un prétendu Tigurum , parce qu’aucunPagus des Gaules, désigné dans Céíar, ne devoit son nomà une ville. M. TValter (39), de Berne, place le PagusVerbigenus dans l’Argeu, & non dans le pays de Vaud,où communément on le fixoit. Tjblfòudi ( 40) & Guilli-mann (41), avoient eu la même opinion fur le local de ceCanton , quoiqu’ils ne fussent pas d’accord dans la ma--

^30 Mem. Crlt. fur FHist. anc. de la Suisse, tom. I, p. 81 ,83.

( 3 i) Tom. IÍI, p. 742.

( 3 ;) Schoepflin , Alsatia iliustrata, tom. I, p. 734*

. ^H) Plarttin , Abrégé de l’Hist. de la Suisse, p. 58 & 738. Genève, 1666.n ' 8 °-Le même, tìelvetk antiqua G* nova , p. loz , 20;. Tiguri, 1737,171-8°.

( 35 ) Notice de la Gaule, par M. à'Anville , p. 7»;.

. ®^-d 'Anville, (ibid. p. ior, 102*) soutient que la position à'Ariolica est^ubitablement celle de P ont ~ Arlier. Voyez aussi Hadriani Valejìì Notitiativ-TUTTi , p. 623, 624. Parifiis , 1673 , in-folio.j/ 36 ) Cluveriì, Introduct. Geo». Lib. II, cap. 12. Idem. Ant. Germann.h, cap. 4. Plantin , Helvet, ant. & nova, Lib. I, cap. 3 , p. 13 8c 1 6.‘guri, 1737 ? « - 8°. Cellarius , Geog. ant. Lib. II, cap. III, 8cc.

B 7 ) De Bello Gallico , Lib. I, cap. 27.

( 38 ) Inscriptio antiqua, Turici, Commentario iliustrata, p. 33p. Turici,

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Schoipjlìn a fait graver l’autel de pierre, trouve' à Soleure dans les^ cie ns fondemens de l’Eglife Canoniale, 8c en a expliqué l’Inscription dansj^ ne dissertation qui a été imprimée dans le troisième volume historique du^® c ueil, Bijtorìca Commentatìones Academiœ Elecloralis , scientìarum C ele-í'n T Um demruffl , Théodora - Palatince , pag. 169-174. Mannhemii 1771,^ 'fumsig. L’Inscription nous apprend que fous le consulat de l’Empereur. !a/ZÌ ' î ( Elagabale ) 8c de Sacerdos , ( c’est - à - dire l’an 1 t 9 de l’Ere chré-ne ) Suecconius Demecenus t fit élever un Autel au Genie Verbigenus 8c à

l’honneur de la Maison Impériale , gen verbig in hûnorem dom divin , 8cce monument donne la véritable maniéré de lire le nom de Pun des quatreCantons de l’Helvétie , 8c que des Manuscrits vicieux de César nomment Ur-bigenus. L’ancienne Version Grecque des Commentaires de César, attribuéeà Planudes , qui vivoit vers 1327, porte aussi , leçon analogue à

l’Inscription de Soleure. M. Schoepflin place le Canton Verbìgene , dans leterritoire de Soleure., 8c depuis l’Are jusqu’au Rhin, 8c il prouve , par uneautre Inscription|de Soleure, dressée à la même époque, que là étoit l’Auteldu Génie Verbigenus , qui étoit consacrée à la De'elic Epone , que Soleure,Salodurum , n’étoit alors qu’un village , Vicus. La statue du Génie Verbige-nus , que Demecenus avoit placée fur f Autel, comme rinscripfion la designe,n’existe plus. Mais il est à croire que fa forme étoit à peu près la même quecelle du Génie que l’on voit fur trois monumens Romains , trouvés à Hed-dernheim , près de Francfort fur le Mein , 8c à GodramJlein près de Landau,en Alsace. M. André Lâmei, Bibliothécaire de lEIeéteur-Palatin, a fait unMémoire très-savant sur ces Monumens ; on le lit dans le meme Recueilde l’Académie de Mannheim, (ibid. Vol. III, p- 165-184.)

(39) Réglés pour jb§ er de la constitution 8c des mœurs des anciens Helve-tiens, avant leur passage fous la domination des Romains, p- 61. Berne,1781, in - 8°. én allemand.

(40) Gallia Comata, p.73, 86, 138, 209 8c 383.

(41) De rébus Helvetiorum, Lib. I, cap. 2.