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Tome deuxieme et dernier.
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V

T O P O G R A P H I

ARTICLE S E I Z I

E.

Le Bailliage Ultramontain de Lugano , Catholique *

E E Bailliage est borné ( i ) à l’Orient par le Duché de^ïìlan, & particulièrement par le Gouvernement de Como,à par le Val-Solda , qui appartient, à titre de Princi-Pauté , à F Archevêque de Milan ; au midi par une partieà ce même Duché, & par le Bailliage de Mendrisio ; à^ occident par le Bailliage de Locarno, & au nord par celuide Bellinzone. Le chef-lieu de ce Bailliage est le bourgde Lugano , sur la rive septentrionale du lac de ce nom ;c e st la résidence du Baillis, que les douze premiers Can-t0ns , co - Souverains du Bailliage, y envoient alternative^de deux eh deux ans : cet Officier a le titre de Cap/-la neo ì parce qu’en temps de guerre il commande toutes^ es Milices des quatres Bailliages ultramontains, qui ap-prennent aux douze premiers Cantons. Le Baillis de Lo-Car no a de même le titre de Comrnijsaire , relativement à^ es fonctions militaires pendant la guerre. On peut voir ladescription du lac de Lugano dans le premier volume deCes Tableaux Topo graphiques.

Lugano y ou valle di Lugano , en latin vallis Lucana ,Eemand Lauis , Lauwis , & anciennement Lowei^ estIe plus considérable de tous lesBailliages ultramontains de la^ u iffe. Sa longueur, du midi au nord est de 8 lieues, & fa lon-Lueur du levant au couchant de 5 autres lieues. On y comptecent - si x bourgs ou villages, & dans ce nombre il y a au-d e la de soixante & dix paroisses ; on en évalue la popula-tl °n à cinquante - trois mille quatre cens âmes. Le payse st fertile en prés, en champs, en vignes , en fruits , en°^viers & en mûriers.Les orangers même & les citronniersï font assez communs. On y trouve différentes efpecese Marbre, defquels on tire grand parti, de même que desVers a foie. II y a des Lapidaires qui polissent les cristaux^Pportés de la Suisse. Tout le pays est en général très*agréa-e a la vue; les montagnes & les coteaux offrent à Fœile E ra s pâturages, & beaucoup de vignobles. La plaine estRouverte de tous les dons de Cirés & de Pomone, Les ha-ltans vivent heureux & contens fous le doux gouverne-^ent des Cantons ; & en comparant leur Etat avec celuie leurs voisins , ils bénissent le jour où leurs ancêtres ontfous la domination Helvétique. L’année 1512, où^ìva ce changement, a été pour eux, & les autres Bail—la E e s limitrophes , Fépoque du bonheur, puisque depuisépoque, ils ont joui d’une paix profonde, tandis que. ^ombardie a été souvent le théâtre de la guerre ôc desplu° • i° nS politiques. Auffi les premieres Maisons ôc less riches Particuliers du Milanez ont - ils conservé

Í-’E eU ’ Hisl. de la Suisse, tom. XII, p. 554-566.

íàer slf ^ hélices ie la Suijfe tom. III, p. 185 -185 , derniere Edition.

^°p° g . de la Suisse, tom. III, p. ;z6 -y 54.

fue ;?'r, Dict. Ge'og. de la Suisse , tom. II, p. 55, 56.

* Ue Mn T ’

5 C ^. ’ lopog. de la Suisse, tom. IV, p

'. 151-141.

k> topographie des Bailliages Ultramontains de la Suisse, Sect. IH>7> n a lr) se're' dans Ie tome cinquième des Hiftorìens d’Italie , par Mura-

0lìie U éC dernier\

attentivement ou acquis des terres, des biens fonds dansces Bailliages Suisses. Ils y ont bâti de belles campagnes -& ils perpétuent à leurs defcendans le droit de Bourgeoisiedans plusieurs bourgs de ces districts. C’est dans ces posses-sions voisines , mais plus libres ôc plus indépendantesqu’ils placent comme dans un asyle , à F abri de Forage *leurs effets, leurs titres , en un mot, ce qu’ils ont de plusprécieux. Elles font pour eux un refuge, un lieu d’assii-rance au milieu des guerres de leur patrie natale*

M. Schi/1% , de Zurich, a fait des Observations frappanttes fur le fort des habitans de ces Bailliages ôc celui de leursvoisins. On peut les lire dans fa Topographie de la Suisseultramontaine. Son tableau est intéressant. Plusieurs Etran-gers ont cependant dépeint dans leurs relations, les habi-tans de ces Bailliages, comme vexés par Favidité des Bail-liss, ôc par les spéculations pécuniaires du Syndicat an-nuel , qui juge la révision des procès dans les cas d’appehMais ces reproches n’ont jamais qu’une valeur momenta-née. L’avidité Baillivaley quand elle a passé les justes bor-nes , a très - souvent été réprimée par les Députés Syndi-cateursi plusieurs Sentences du Syndicat même ont étéréformées par les Cantons co - Souverains, lorsque les par-ties plaignantes leur ont porté appel. Malheureusementles habitans de ces Bailliages, font en générai grands ama-teurs de la chicane; & s’ils favoient user plus sagement desprivilèges considérables dont ils jouissent, ils n’exerce-roient pas des procédures artificieuses, qui troublent lescommunautés & les familles.

Le Bailliage de Lugano est partagé en quatre piéves ouquartiers, Lugano , Agnoy Riva ôc Capriafca, Les habi-tans font tous de la Religion Catholique ; la pie W de Ca-priajca est du Diocèse de Milan. les trois autres de celuide Como , dans chacune defquelles FEvêque établit unVicaire forain.

Les Tufques ou Tofcans furent, selon les apparences }les premiers habitans de cette contrée, ensuite les Gau-lois. Les Romains s’en emparèrent. Ceux-ci furent chassésà leur tour ; les Goths, les Lombards, les Francs, ôc enfinles Allemands soumirent successivement ce pays avec lereste de la Lombardie à leur domination. Les factions desGuelfes ôc des Gibelins l’expoferent aux plus fréquentesrévolutions, fur-tout dans les temps de la rivalité quirégnoit entre Milan ôc Como.

Les habitans (2) de Lugano, après avoir été long-temps

ton , Ie Poème que PArtonyme de Como a compose' sur la guerre que lesMilanois firentà la ville de Como» depuis m8 jusqu’en 1117. Ce Poètevivoit apparemment encore en 1128. Dom Joseph - Marie Stampa , natif deComo, & Clerc régulier de Somasque, a éclairci ce Poème par des Notestrès - estimées. Le latin du Poète est la barbarie même, 8c son Ouvrageresteroit inintelligible, íl la connoilsance des lieux , 8c la comparaison duPoème , avec les histoires étrangères contemporaines, qui parlent de la mêmeguerre, n’avoient pas mis l’Editeur en état d’expliquer son auteur, ôc de ne

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