A R T I C LE D I X-H U I T I E M E.
Le Bailliage Ultramontain de Locárno , Catholique.
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V ' J E Bailliage (i), que l’on appelle en allemand Luggarus ,confine au levant avec le Bailliage de Lugano > au cou-chant avec le Bailliage de valM.aggia , avec le val F'igaggoon Vlgeggo , & avec celui d ’Ojcella ou Ojjola , qui ap-partient au Roi de Sardaigne depuis le Traité de Wormscn 1744,, & qui étoit précédemment une dépendance d,uDuché de Milan ; au midi avec le Milanez, ôc au norda vec les Bailliages d t val-Maggia ôc de Bellingpne. Lesdouze premiers Cantons poíTédent le Bailliage en commun,^ y envoient alternativement tous les deux ans un Baillisav ec le titre de Commissaire. Cet Officier réside dans unchâteau au bourg de Locarno , à une petite lieue de late te du lac Majeur, au levant de ce lac. Le Bailliage deLocarno a cinq lieues de largeur du midi au nord, fa lon-gueur en a autant du levant au couchant. II contient juf-qu a trente - trois paroisses. Les parties montagneuses fontriches en pâturages. Les vallons produisent quelque peude froment, des châtaignes & beaucoup de fruit. Les envi-ons du lac Majeur font très-fertiles en vin , en grains,eri fruits ôc en mûriers blancs. Les paysans élèvent beau-c°up âe vers à foie.
Le lac de Locarno est proprement une partie du lac Ma-Jeur s qu'on appelle en Italie Lago Maggiore, ôc en latintzeus Verbanus. C’est le plus grand des trois lacs de laLombardie. II s’étend du nord au Jud ; dans l’efpace de dix°U douze milles il est à la Suisse, ôc dans tout le reste ilddpend du Duché de Milan. II s’élargit considérablementd^ns le milieu de fa longueur, ôc forme un golfe à f ouest° u font les célébrés isles Borromées. Mais cela n’est pas de*non sujet. Le Bailliage de Locarno , composé de trois ou^ u atre vallées fertiles, & arrosé de belles rivières, qui feGîtent toutes dans le lac, offre des positions très-agréa-kles à la vue. Le Tefin , venant du Canton d ’Uri ôc du•“ailliage de Bellin^one , entre dans la tête du lac. La Ma-dia. ou Maggia , venant de la vallée qui porte son nom ,etltr e dans le lac près de Locarno. La riviere de Vir^as-c ^ a fe jette dans le lac à une bonne lieue au nord de la
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précédente. Les vallées de Centovalli & d’Ofernone , ontauffi chacune une riviere qui les arrose,& qui fe jettent tou-tes deux dans la Maggia. Le lac facilite infiniment le com-merce ; il abonde auffi en excellens poissons. On en appellela partie orientale , qui appartient à la Suisse, riviera diGambarogno. Tout le pays de Locarno est renommé parle gibier délicat qu’on y trouve, fur - tout les perdrix rou-ges, les gelinotes, ôc c.
Disons un mot des révolutions de cette contrée. Sesplus anciens habitans étoient les Lépontiens. Ce pays passasuccessivement fous la domination des Gaulois , des Lom-bards , de Charlemagne ôc de ses successeurs les Rois d’I-talie ôcles Empereurs d’Allemagne. II appartenoit, commeFief royal, à l’Evêque de Como dans le dixieme siécle.’Les Nobles de Mur Alto (2), ainsi appellés de leur châ-teau, environné de hautes murailles à Locarno, exerçoientl’Office héréditaire de Capitaine dans ce bourg & son ter-ritoire au nom de l’Empire. On les nommoit primitivementCapitane de Locarno. Les Empereurs Frédéric I en 1180,Othon IV en 1210, Frédéric II en 1219, ôc Henri VIIen 1311, ôc les Ducs de Milan, accordèrent quantité deprivilèges (3) à leurs defeendans, ôc les employerent sou-vent dans des places de distinction , soit dans le militaire ,soit dans le civil. Une partie de ( 4 ) cette illustre famillesortit de Locarno en 1 yyy , ôc vints’établir en Suisse.
La vallée de Locarno dépendit dans la fuite des Vif-conti ôc des Ru/ca; ôc enfin, en 1512 le Duc de Milan,Maximilien Sforce, en donna la Seigneurie aux douze Can-tons , qui la poífedent depuis cette époque. François Pre-mier, Roi de France, confirma cette cession en 1.516, com-me Duc de Milan.
Les habitans sont soumis à l’Evêque de Como pour lesaffaires ecclésiastiques, à l’exception du bourg de Brifagoqui est de l’Archévêché de Milan. La nouvelle réformationde Religion prit d’abord faveur en ce pays, fur-tout àLocarno. Mais en 1555 les Réformés en furent expulséspar les Cantons Catholiques , qui avoient la pluralité des
ri) te», Dict. Hist. de la Suisse, tom. XII, p. 177 - 187.
~ Et«í O l es Délices de la Suijfe , tom. III, p. 185 - 189, derniere Edition,ae/?, Topog.de Suisse, tom. III, p. J6Z-Î7P.
/Marner, Dict. Géog. de la Suisse , tom. II, p. 43,44.
Ue sslin , Topog. de la Suisse, tom. IV , p. 141 - ifs » &c.
jyjri) Vojie^ la Généalogie de Murait , dans le Dict. Hist. de la Suisse, parp ' Gll, tom. XIII, p. 450-460. Corio , Paul Jove, Ballarinì , Pierre Crejfenti,Morìgia , &c. font uné ample mention de cette Maison & de ses bran-Es Orello 8 c Magoria. Si on vouloit croire la chimere généalogique , elle, PPortoit son origine à Vivian de Clermont , en latin de Claromonte , Comtepat n ^ e ” a en 77 ^, fils d’Alion, Roi du Maine en France, qui étoit l’onclec ajvT nel âu fameux Roland, neveu de Charlemagne. II existe encore à Lo-fait ° UnC société qui a pour titre : Universitas Nobilium Capitaneorum de Mu-M Magoria , 8 c dans laquelle sont inscrits, non - seulement les
uralto 8 e de Orello , qui demeurent à Locarno, mais encore les branches
*1*1:
le «ailleurs. On peut consoler Le«,ibid. tom. Xllí, p. 44 , --44í ; &
tom. XIV, p. ;ir- 314, fur les branches Magoria 8c Orelli ou de OrelloìVoyez auffi l’article de Murait , dans le second volume de l’Histoire abrégéedes Officiers Suisses, qui se sont distingués aux Services étrangers dans desgrades supérieurs. Parl’Abbé Girard, p. 181-184. Fribourg en Suisse, 1781in - ir.
(3) On les trouve dans la Généalogie Diplomatique de Murait, dresséepar le savant Erhard Durjleler , de Zurich. M. le Baron de Zur-Lauben en 3la copie dans le cinquième volume du Manuscrit in-folio , qui a pour titreMonumenta Helvetico - Tugienfia , p. 40 9 -43 4.
(4) Une branche de Murait à Zurich, 8c une autre à Berne ; toutes deuxfont célébrés dans les fastes de ces Républiques. Jean de Murait, Comman-deur de l’Ordre du Mérite militaire, Maréchal de camp des Armées du Roi,8 g Colonel du Régiment de Zurich, ( aujourd’hui Steiner ) , est mort à Stras-bourg en 1783. François-Louis de Murait, de Berne, Brigadier d’Infanterie,décédé en 1684, s’acquit beaucoup de gloire au service de France, sous lerégne de Louis le Grand.
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