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Tome deuxieme et dernier.
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4J S, TABLEÂ UX DE LA SUISSE.

voix pour eux. Beaucoup de familles furent forcées de quit-ter leur patrie, ôt de s’établir chez les Grisons, à Zurich,a Berne, à Baie, ôte. Plusieurs de ces familles fleurissentencore dans ces villes, fur-tout les Muralti ou de Murait ,les Orsl/o (y) ou Orell , les Duni ( 5 ), ôte.

Nous avons dit que le Baillis de Como avoit le titrede Commissaire. Son pouvoir est extrêmement étendu, ôtpareil à celui que les Baiilifs de Lugano & de Mendrisioexercent dans leurs départemens. Toutes les causes civilesse jugent en allemand, quoique l’italien soit la langue dupays.

Le Baillis a un Conseil de vingt - une personnes ; celui-ci a foin des affaires générales du pays , du prix des den-rées , du poids & des mesures, des affaires de santé, deschemins & des autres dépenses publiques. Le bourg deBrifago, la riviera di Gomharogrio ôt le val Vergasca ,n’y envoient de Députés que lorfqu’il s’agit du paysen général. Ils ont leur propre Justice, de laquelle il y aappel devant le Baillis. Ils ne concourent pas non-plusavec le pays pour les impôts, ils les payent séparément. LeBaillis a le droit d’aísister séparément au Conseil provincial,quand il lui plaît de s’y trouver. Le premier jour de Tan,ce Conseil, composé du Bourg ou de la Ville de Locarnoà de la Campagne, s’assemble à Locarnq , ôt choisit sesOfficiers, qui font vingt-un Conseillers, un Trésorier,; &c. De ces Conseillers, douze font pris de Locarno , troisde Sco.na ou Ascona , ôt les six autres font tirés deè villa-ges ôt des vallées d’alentour. Des douze Conseillers pris deLocarno , il y en a huit qui font tirés de la Noblesse, &quatre des anciens Bourgeois, neuf autres font extraits dela campagne ; chaque village a son Consul ou Console, quiexige de chaque famille le cens annuel auquei elle esttaxée ; les Consuls le remettent au Trésorier, qui en rendcompte au Conseil.

Locarno , en latin Locarnum , bourg ou jolie ville ,assez grande, bien bâtie, au bord occidental du lac Ma-jeur , dans une situation riante. Les fortifications qu’il yavoit ont été rasées en t yz 1 par les Suisses. Les habitansfont partagés en Nobili , en Terrieri ôt en Cittadini : lebourg est lavé d’un côté par le lac, & de l’autre par laMadia ou Maggia , qui se jette dans le lac. II est astis dansune plaine , au pied d une montagne fort haute, à l’issuede cinq petites vallées. L’air y est doux ôt pur. Les mon-tagnes qui l’environnent au nord ôt au midi, fervent àtempérer d’un côté la rudesse ôt l’impétuosité des ventsfroids de bise , Ôt la chaleur excessive des vents du sud. AF occident ôt à \'orient le pays est ouvert, ôt les vents yont un cours libre. Comme Locarno est la ville la plusgrande qu íl y ait aux environs du lac Majeur , aussi est-elle très - fréquentée par les Négocians, ôt il y a toutes lessemaines de gros marchés, qù 1 on va de toutes les parties

des Bailliages voisins, aussi-bien que des autres endroitsde celui de Locarno. II y avoit là autrefois un bon p° rtquarté, flanqué de tours à ses quatre coins ; mais il y 3long-temps qu'il a été comblé par le gravier que la M&ís. gia y a ammené. II y avoit aussi dans cet endroit une forte-resse avec un palais, qui appartenoit aux Comtes Rufr a iSeigneurs du pays ; mais elle fut démolie par les Suisses, ^ils n’y laissèrent que le Balais, qui sert de résidence au3£Baiilifs. Locarno est au milieu d’un pays abondant en p atUrages, en vin ôt en bons fruits ; mais il manque souvent debled, à cause du peu de champs qu’il y a. Le lac produitquantité d’excellens poissons, entr’autres des truites, st uel’on porte vendre à Milan. II y a dans le fauxbourgralto , attenant au bourg de Locarno , le Chapitre d zScu ,ltVictor, avec un Archiprêtre & huit Chanoines. Q uatrede ces places font à la nomination des familles qui les ontfondées, les autres à celle du Pape, avec la dignité d Archiprêtre. II y a ici aussi plusieurs Couvens, deux de Cordeliers, un autre de Capucins , & un de Religieuses Augufiines. M. Bochat (7) prétend que le nom de Locarnodérive de fa situation fur un lac, ôt dans l’endroit où 3Maggia s’y jette, ce nom étant originairement celtique,Loc-ar-ron. II fait dériver aussi de la même racine le n0ITlallemand Luggaris , qui signifioit ville de Peau rassis eSC courante , c’est-à-dire en celtique, Lug-caer-ij ( c.

Passons à la Topographie des autres endroits du Baiih a S ede Locarno , qui contient, avec le bourg de ce uom, Dparoisses. ^

Ascona (8) ou Scona , bourg considérable au bordlac, à une demi-lieue au-dessous de Locarno : il y 3Collège pour l’éducation des jeunes gens, fondé à la h nseizieme siécle, par Bartholoméo Pappio. Les Archeve^de Milan en font les Inspecteurs, quoique cet endroit 0du Diocèse de Como. On voit à Ascona les ruines ^deux châteaux , Saint Michel ôt Griglioni. Les rN°Duni poffédoient le premier comme Fief de l’EvêqueComo. ê al |

Losone , paroisse située dans une charmante position -bord du lac. Le Curé porte, depuis 1747, le titre de P reGulino , paroisse avec un pont fur la riviere de Cenvalli. Elle fait une communauté avec la paroisse D tr oCelle - ci est assise sur une colline fertile , entre L S 6rivières qui viennent des vallées Vtr^asca Ôt OnJ eTegna (9 ) ou Tegna Pedemonte , village ainsi a PP® p

son local au pied d’une montagne, est une paroisse, 3 ?qu’une lieue de Locarno, sur la droite de la Mag§ ia fprès du confluent de la Mile^ge avec cette riviere- ^Verso , village ôt paroisse entre les rivières M a §§Milegge , vers le val Onsernone. rstll -

Menuso , village qui fait une paroisse ôt une eon^^nauté avec Rivapiana. L’Eglise paroissiale est b atie

(5) De cette branche, transplantée à Zurich, Jean - Caspar d 'Orell étoit,en 1730, Baillis de Lugano; son neveu , M. Jean-Henri d 'Orell, est Bour-guemaître , ou chef de la République de Zurich depuis 1778. Je ferois icil’éloge de ses rares qualités, & celui de son collègue M. Jean-Henri On , fi j ene craignois de blesser leur modestie. La postérité réparera suffisamment moníìience.

( 6 ) Vqyi \, sur la Maison à'lini , le Dict. Hist. de la Suisse, par Leu ,

. honorai*

tom. VI » p. 18;, 184. Jofias Sìmler fait une mention tres g son

Duni , des Muralti, Aureliì ou Orell, & Magiori , dans le secon . ^ gel"Traité de Repullica tíelvetiorum, p. 81, Edit. Tiguri in Thefi ur0veticce, in-folio.

(7) Mém. fur l’Histoire anc. de la Suisse ; rom. III».P*

(8) Leu, ibid. tom. I, p. 362, 363 ; Sc toi». XIV » P> î^r-

(a) Le même, ibid, tom» XVIII, p. 44. ^