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TABLEAUX DE LA SUISSE .
I L Ligue Cadée, ou Maison - Dieu.
En allemand ( i ) Çottshaus - B uni , en latin FœdusCathédrale, & quelquefois Liga de Domo Dei curienfis ;en François, la Ligue de la Maison-Dieu , & en Italien laLega'-Cadé , est la seconde des'trois Ligues, qui formentla République des Grisons. Elle tire son nom de l’EgliseCathédrale de Cotre, l’une des plus anciennes de la Chré-tienté; son Chef se nomme B résident de la Ligue , Ban-des Prœfident. Nous avons déjà tracé (2) fa constitution.Cette Ligue se forma en 1405 & 1425 , & elle fit allianceperpétuelle avec les sept anciens Cantons, le jeudi avant■Sainte-Lucie 145,8.La Capitale de cette Ligue est la villede Coire, Siège >d’un Evêque, qui est Prince du Saint-Empits Romain. Cette Ligue a onze grandes Jurisdictions,qui comprennent vingt & une autres petites Juridictions.-Ses armes font d 5 argent à un bouc saillant de fable. Voiciquelles font les limites de cette Ligue. Elle touche leTirol su levant : elle a au couchant le Comté de Chia-venne, la haute Ligue - Grise ; le Comté de Sargans, quiappartient aux huit anciens Cantons, & une partie de laLigue des Dix Droitures ou Jurifdiclions ; au nord lacnême Ligue & le Tirol, & au midi le Comté de Bormio*& la Valteline. Sa longueur, depuis ia frontière du Pre-gell contre Chiavenne & la Valteline, jusqu à i’extremitéde la baffe Engadine, peut bien avoir vingt- huit lieues;mais fa largeur, qui est inégale, contient, dans fa plus.grande étendue, vingt lieues , depuis le Rhin jusqu auMunfierthal , fur la frontière du Tirol.
Le pays des Grisons ( z ) est en général fort élevé Lcmontagneux. II renferme divers vallons, séparés par desgorges & des hauteurs ; quelques - uns de ces passagesfont fermés par les neiges pendant une grande partie deTannée. Plus on s’avance au midi, & plus ces vallons s’en-foncent dans les hautes Alpes, qui fe terminent enfin dansdes glaciers inaccessibles, ou dans des rochers si élevés,que toute végétation y cesse absolument. Ces déserts occu-pent même une grande surface. C’est dans ces glaciers quele Rhin, l’Inn & l’Adda, les principales rivières du pays,prennent leur source. On cultive quelques grains dans lesvallons & fur les coteaux les.moins rapides; cependantmême avec le secours des provinces sujettes , beaucoup.plus fertiles que la R/ietie , proprement dite, les Etats dela République ne fournissent des grains, que tout-au-pluspour la subsistance de la moitié des h ab i cans : on fe procurele supplément de la Lombardie. Mais il faut observer queles montagnards en font une moindre consommation queles peuples agricoles : chez quelques - uns même l’usagedu pain passe plutôt pour une délicatesse, que pour unobjet de premier besoin. Leur objet principal, tant pourla consommation intérieure qúe pour le commerce, est leproduit des troupeaux, les bestiaux, le beurre & le fromage.
1 al-
Les montagnes fournissent d’excellens pâturages ; les v ^lées produisent des fruits d’arbres , ôt les coteaux des chataignes. Ordinairement les pays montueux font abondanen métaux, en minéraux, en diverses fossiles & en louminérales. On trouve de tout cela dans la haute - Rh etieicependant onn’y voit pas des mines bien riches ; & ce P a y S jcomme la majeure partie de la Suisse, manque de Sel; q ureçoit du Tirol.
Voici la spécification des onze grandes Jurisdicti°h s st ulcomposent la Ligue-Cadée.
I. Coire (4). Cette ville ( * ), qui est le chef-lieu de la Ligue Cadée, & en même-temps la Capitale des Grisou,forme une petite démocratie civile, indépendante ; 1 autorité suprême réside dans cinq tribus, dans les assemodesquelles chaque Bourgeois a droit de suffrage»chaque Tribu, la pluralité décide l’objet de la délibéra^tion, & l’accord de trois Tribus suffit pour une déci.1absolue. Le grand Conseil des Soixante & dix, &■ so 0ou Conseil des Vingt, sont composés, à nombre égal,chaque tribu. On appelle Tribuns , les Présidens de cCorporations de la Bourgeoisie: ils font du nombre ^Sénateurs par leur office. Deux Bourguemaîtres, d° n£ ,fonctions font alternatives, deux chefs pour 1 économ^Statt - F'ogt le chef de la Justice civile, y rempli^ 111 ' ^premieres charges de cette petite République. Dep ulS
convention de 1710, que la Bourgeoisie n’accepta p
& qui néanmoins a son effet dans les élections
oifl c t^Prési-dent , le Secrétaire & le Weibef ou Sautier de lasont choisis par les Députés des Communes,dans les Dietes particulières de la Ligue ; cependant^^choix est astreint au corps du Sénat pour la premiere ^ge, &: à celui de la Bourgeoisie pour les deux autres
P lois - a ll-
La ville de Coire , en latin Curia Rhatorurn , e ^
mand Chur ì & en italien ou romanfche Coira, est arí ^ nS
par la riviere de Plajfur (y) ou Plejjur , qui fe
le Rhin, à près d’une demi-lieue au - dessous de a ^
Les Bourgeois font tous de la Religion Réformée
iy2 6 . jg bien
Coire est une ville d’une grandeur médiocre, n 12 ^
bâtie, dans une plaine fertile, entre des montagnes, ^ ^côté gauche du Rhin, & à un bon quart de lieuj ,fleuve. Cette ville est divisée en deux parties h*dont Tune, qui est un peu élevée, s’appelle H°Jdire la Cour , & renferme îe Palais de TEveque,Cathédrale, les maisons ou demeure le Prévôt ,l1Chapitre avec cinq Chanoines, & quelques autres^dons. L’autre partie est tout le reste de la ville* e ^ j gtans du quartier de la Cour font tous Cathoh^ u£ f
,(i) Leu , Dict. Hifì. de la Suisse, tom. IX, p. 57-70 , 8 cc.
On dérive le nom Caàé ou Cadée , de l’abréviation de ces deux mots CasadJídio , qui signifient en Italien Maison de Dieu. Voyez Leu, ibid, torye V,
k- ..
LO lit. xxni, Sect. 1 > du Gouvernement démocratique des Grisons.
LO TfcharníTi Dict* Geog. de la Suisse , tcm. II,.p. 55,36.
(4) Le même , ibid. Leu, ibid. tom. V, p. 2.98 » 3 1 *• . »
(*) Planche, n°. 45. , offl mU nílUtC
(j) Cetie riviere a fa source sur le mont Strêdenbtsg , dade Langw tssn. , ou la Ligne d« D:x Droitures* ..
( Leu, ibid. tom. XIV , ë )