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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G

^îlle est Réformée. Malgré cette disparité de religion, leshabitans vivent ensemble en assez bonne intelligence. Onprétend (6 ) que Coire doit son origine à trois forteresses,qui fe trouvoient autrefois dans l’endroit où elle est bâtie ;savoir, Spinoila , Marsoila SC Jmburg. Elles étoientla résidence des Seigneurs du pays, ou celle des PréfetsRomains. La forteresse de Spinoila ( Spina in oculis ), aàé rasée il y a long-temps, & l’on a fait une vigne duterrein qu’elle occupoit. Celle de Marsoila , ( Mars inoculis ) n’a été détruite qu’en partie ; il en reste encore uneVl eille tour massive, à demi-rompue, qui fait partie duChâteau, ou Palais de l’Evêque. Celle d ’ Jmburg ou Plan-terra > a été aussi démolie. L’hôtel - de - Ville & la douanefont dans la place qu’elle occupoit. L’Itinéraire SAntoninàit mention (7) de Caria , qu’il place entre Brigantia ,^regentz & Tinnetio , Tintzen. Mais il n’est pas vraisem-blable , comme quelques Auteurs le prétendent, qu’elle a^é fondée (B) en 3 57. de Y Ere Chrétienne , ou qu’un Cariasfoi a donné son nom* L’Eglife de Saint-Martin est laParoisse de Coire. II y avoit, avant le changement deReligion dans cette ville, deux Convens, l’un de Dorni-ni cairts , & l’autre de l’Ordre de Prémontré ; mais ils ontàé sécularisés. On a fait du premier un College , où l’onenseigne le Latin , le Grec & la Logique à la jeunesse qu’on7 envoie des trois Ligues. Les rentes de l’autre ont étéEmployées un temps en partie à l’entretien de ce College^ de celui de l’Evêque, & en partie pour un Hôpital. Cedernier Couvent (9), bâti dans la proximité & au-dessusdu Palais Episcopal, porte le nom de Saint- Lucius , quefo Tradition (10) dit avoir été Roi des Bretons , & l’Apô-tre des Grisons du temps du Pape S. Eleuthere. L’Histo-Ilen Anglois Bede, nous apprend que ce Pontife ( 11) reçutde Lucius , Roi d’Angleterre , une Ambassade pour de-mander un Missionnaire, qui lui enseignât la Religion (12)Chrétienne. Les Historiens modernes des Grisons , rappor-Vent que ce Lucius prêcha depuis l’Evangile dans la Ba-v iere & l a Rethie, & qu’il fut lapidé par les Idolâtres deC°ire, vers l’an 201. On montre encore, à un petit quartde lieue au - dessus du Couvent de S. Lucius, fur la routed Q Maladers 9 une caverne, qui est aujourd’hui une Cha-P e lle, & dans laquelle S. Lucius s’étoit retiré. On appelleC f eï a ntre , le trou de S. Lucius , en allemand Sant - Lucii°echlein. II y a aussi dans la Ligue des Dix Droitures ,^ ' dessus de Flaesch , en la Seigneurie de Meyenfeld , unfameux passage, qu’on appelle en allemand (13) Sant-j l f u Steig, autrement la Montée de Saint - Lucius , en^ Cln Aivus Sancli Lucii. Mais pour revenir au CouventEularifé de S. Lucius à Coire, la Tradition porte que,

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dans son origine, il fut bâti pour des Moines Ëcossois ,Disciples de S. Eridolin , qui dans le cours de ses prédica-tions , s’étoit arrêté à Coire, où il avoit élevé une Egliseou un Oratoire à l’honneur de S. Hilaire , Evêque de Poi-tiers. Quoi qu’il en soit, il existe dans le souterrain del’Eglise de cet ancien Monastère, une pierre en marbreavec l’épitaphe (14) de Valentianus , Evêque de la Rhe-thie. Ce monument, qui lui fut dressé par Paulin , sonneveu, est un éloge complet des vertus éminentes de cetEvêque, qui mourut âgé de 70 ans, le 8 Septembre, dansYIndiclion onzième (iy), la quatrième année après le Cousu -lat de Bafile. La maniéré de compter les années ,pofi corsa -latum Bafilii anno primo en £42, est très-commune ,& c’est celle de Justinien dans ses Novelles , & des Papesdans leurs Lettres. Flavius Bafilius Junior , en Orient,est le dernier Particulier qui a été Consul en 541. La qua-trième année après son consulat tomboit ên 545 , maiscette année couroit l’indiction huitième , & non la onziè-me, marquée dans l’épitaphe , & qui n’eut lieu qu’en548. Mais la maniéré de compter de Victor de Tunones oude Tunés ne doit pas être oubliée, parce que ceux qui lànégligent sont exposés à des anachronismes d’un an. Victormarque l’an 542, par la seconde année d’après le consulatde Basile, au - lieu de la marquer pour la premiere ; l’an543 par la troisième année, au - lieu de la seconde après lemême consulat, & ainsi des autres, en comptant toujoursune année de plus que n’en comptent ceux qui marquentl’an 542 pour la premiere année après le consulat de Ba-sile. Ainsi, suivant ViSor , la date de la quatrième annéeaprès ce consulat, étoit l’an 545, au-lieu que suivant l’au-tre masiere de compter, elle revenoit à l’an 544. L’ou-vrier qui sculpta l’épitaphe, aura placé l’indiction orvjeméau-lieu de la septième ou de la huitième. Nous devionsces observations, pour l’éclaircissement de ce monumentrespectable. On trouve, dans le souterrain de la mêmeEglise de S. Lucius , plusieurs autres épitaphes en latindemi - barbare , de Préfïdens ou Gouverneurs de la Rhetie 9de Iaclatus , Evêque de Coire, dans les septième & hui-tième siécles. Ces épitaphes ont été rapportées par diversAuteurs (16). Le Monastère de S. Lucius fut pendant plu-sieurs siécles affecté à des Moines Bénédictinsjmaisen 1140ou 1150, l’Evêque de Coire, Conrad , Cointe deBibereck 9le changea en un Couvent de l’Ordre de Prémontré , &tl’incorpora à celui du même Ordre qu’il avoit fondé enI12 d à Roggenbourg en Souabe. Cette réunion cessa en1453 , année où le Prévôt de S aint-Lucius fut élevé à ladignité S Abbé par le Chapitre général de l’Ordre de Pré-montré. Le Pape Eugene IV, lui conféra le droit de

s^)Stumpju, Chr. Helvetic. lib. X, cap. XVI, p. ;i;. Edit. 1347.Precfter, Palladis Rhseticas, lib. VIII, p. 31?,&> feq.kntìn , Abrégé de l’Hiítoire générale de la Suisse, p. 678 suiv.\ 7 )Pag. 17,tom.II. Theatri Geogr. Bertii, Lug. Batav. iáiB, in-fol.Plantin , ibîd. Buccelini Rhœtia, p. 81.

Bucelin, ibii. p. r 15, ní. Sprecher, rH lib. VIII. p. 313,e “> Dift. Hist. de la Suisse, tom. Xll, p. 310 - 311, Lcc.l 0 Heu, i£id. p. 3°í>, j 10. Mureri Helvetia sancta. p. 17. Sprécher. ibid*'H' P* feq. Bucelin, ibid. p. 51 - 38.ì Sì ^ ^ eutere hnt * e Siège de Rome dèpuis 177 de Jesus-Christ , jusqii’en

^ u ) Cç qui Accorde avec ce que dit Tertullìen : Britannorum imtecejfa Ro-

manis loca , Chrifie vero fui dira,

{13) Leu ', ibid. tom. Xll, p. 313.

(14) Ce monument, en vers latins demi - Barbares, a été rapporté exac-ìtement par le célébré Asgiìius Tfichóudi , dans fa G allia Csmità , p, zp 8 Ala tête de l’Epitaphe, on hr en abréviation, S an 6 ie Marie Epijcopus. L’Eglstí»Cathédrale de Coire étoit dès - lors dédiée à la Vierge ; auflì dans les an-íciens titres, est-eíle nommée Ecclcfia SanSie Mdrie Curie' fis, Stoumpf , Sprecher& Bucelin. , ont aussi rapporté la même épitapbe.

(1 j) U Ait de vérifier les Dates , p. zz6, Edition de l 770, in-folio.

(16) Tschudii , ibid. p. r- 3 , Stumpfius , ibid» p. 313, Sprecher, ibid,'

lib* II j p* 84, 85,6cs»