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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G

Mussions du pays, & si on leur importe des objets de néces-sita, ils les achetent fans avidité. Les Principaux dents eux°nt des maisons bien bâties ; à Sion & dans les bourgs,■ta commun peuple est logé fous des toits couverts detattes & de pierres dans des maisons en bois ; rhabille-ront du Paysan est en général un drap grossier de laine, teinten brun. Les habitans du haut Vallais font la plus grandepartie Pasteurs, & ceux d’en bas, Laboureurs 6t Vi-gnerons.

Les premieres peuplades connues dans le haut Vallais,etoient les Lépotiens, les Vibeiiens ou Viberi , & lesSéduniens ou Seduni. Tout le Vallais fe nommoit Val-

Pennina ,* ce nom est emprunté du Dieu Peninus ouPenninuSf qui étoit adoré fur la cime de XAlpis Pen-mna , aujourd’hui le grand Saint-Bernard , & que lesanciens appelloient Summus Penninus. II existe ( 17 ) aucôté oriental de l’Eglife paroissiale de Saint Maurice enVallais , un monument élevé à l’honneur de Drusus César ,fils de Tibere Auguste , par les quatre Cifés de la vallée^ennine , Civitates iiii Vallis Po e n in m.•M. Bochat a prouvé que ces quatre Cités ou CantonsNoient les Viberi ou Juberi, les Seduni , les Veragr 1& les Nantuates. Ces deux derniers Cantons comprenoientta bas Vallais. Nous en parlerons dans la fuite de cettedescription. L’inscription de S. Maurice que nous avonscitée est de la vingt- deuxieme année de l’ere Chrétienne.Libéré conféra cette année,pour la seconde fois, la puif-tancedu Tribunat à son fils Drusus, c’étoitl’an dcclxxvde Rome. A cette date le Vallais fe nommoit Vallis Poe-ni na 3 à cause de sa proximité des Alpes Pennines. On voitP a r une autre inscription transportée de Nion à Geneve ,Me ce pays porta avec le tems le nom de Vallis.Le monument (18) est l’épitaphe d’un Lucius Aurelius■Pspeclus , jeune Avocat, Citoyen du Vallais & de Nion,^ 1 sciviVallenseet E qv e st re. Cette inscri-tlQ n donne lieu de présumer que les quatre Cités du Val^enin ne formoient qu’un Etat.

Si on remonte au tems de Polybe , on ne peut dou-

R A P U I E> | ô |

ter que le Vallais ne fit alors partie de îa Gaule CeltiquesCet Historien nomme ( 19 ) Celtes , lés peuples qui habitentà la source du Rhône ; cependant ils pouvoient faire par*tie de la Gaule Transalpine. Denis d'Alexandrie ttouâdit dans ía Description (20) de la terre , que les Celtess’étendent jusqu’à XEiidan ou le Pô. On lit dans les Com*mentaires ( 21 ) de César que les Veragriens étoient Gau^lois , Galli. Mais ce Conquérant ne nous indique pas dequelle Gaule il a voulu parler. Au reste, il n’y a ( 22 )aucun doute que depuis César-Auguste jusqu’au régné deThéo dose le< Grand , le Vallais n’ait fait partie de TltaliewStrabon , ( 23 ) qui écrivoit fous Auguste, dit que les Ve-ragriens qui avoient Oclodure, aujourd’huiALz/vig/zi, pourCapitale , étoient Italiens. Pomponius Meld ( 24 ) quivivoit fous Tibere , place généralement toutes les Alpesdans l’enceinte de l’Italie. Pline ( 25 ) qui fieuriísolt fousVespasien , met dans TItalie les Vibériens, les Seduniensou Sedunois, les Veragriens & les Nantuates. Héro-dien (26) au commencement du troisième siécle, dit que l'Ltalie a l’avantage d’avoir à son extrémité les Alpes qui estdéfendent l’entrée. Aethicusip .']'), Géographe du quatrièmesiécle, donne les Alpes Cottiennes (28) pour confins à laGaule Narbonnoise, & les Alpes Pennines pour confinsà la Gaule Belgique, qui s’étendoit jusqu’à l’entrée de l’I-talie. Sextus Rufus (29), qui écrivoit son Abrégé histo-rique en 3 69, a placé, pour la premiere fois, les AlpesGrecques dans les Gaules, mais il ne dit rien des Pennines telles étoient encore alors gouvernées par un Préteur, com-me le prouve une inscription qui est à l’HôteLde- Ville deSion , & que M. de Riva 3; a rapportée (30) ; au - lieu qu’é*tant unies aux Gaules, elles eurent un Président. L’His-torien Aimnien-Marcellin , qui vivoit en 390, place (31),pour îa premiere fois, les Alpes Pennines dans les Gau-les, mais il en excepte une partie que nous ne saurionsdéterminer , parce qu’il y a une lacune précisément dansl’endroit où il vouloit en faire mention. Jacques Go de f rotnous apprend, dans ses Notes (32) fur le Code Théodosten }qu’il y a une notice dressée vers l’an 380 , qui place à

^ an lui dit, en montrant les montagnes : Voilà nos remparts , ceux - là fontsoldes , &. Constantinople n est pas st bien fortifié. M. Ramond , Commentateur deCoxe , ne croît pas que la nature ait aussi décidément désigne' le Vallais^ Ue Ia partie septentrionale des Alpes, pour être l’asyle de la liberté.^'SlNour inné de l’indépendance lui paroît plus vif. 8c, pour ainsi dire,Plus indigène autour du lac des quatre Cantons.

(17) Bofchat., Mémoires Critiques fur l’Hist. anc. de la Suisse . tom. I,p * r§5, G fuìv.

('8) La plus exacte copie de cette Inscription se trouve dans l’Histoire

Genève, par Spon , tom. II, p. 319 & 310. Genève, 1630 ;in- 4 , avecLa Notice des Provinces Romaines, dressée dans le cinquième siécle,P°tte O&odorum Valenstum.

ÙP) Historiar. lib. III, cumNotis Casauboni. Parisiis, 1609 , in-fol.

, ho) Dionysii Alexandrin! orbis descriptio, cum notis Guil. Hill. Lon-dinì >i67í>; in-8°.

(rr) De Bello Gallico, lib. III, cap. I, p. $8 , cum Scholiis Aldi Ma-^Otii, Venetii, 1605 , in - 8°.

(u) Pierre de Rivai , Eclaircissemens fur 1e martyre de la Légion Thé-ine, p. ,,x>, m. Paris, 17 79 % in -8°.

àz) Geog. lib. IV, 214, cum cafligat. Xylandri. Basiles:, 157 1 ; r'/r-

s°Uc,

W) De situ orbis, lib. II, cap. IV, p. 5; -;6, cum Notis Gronovii.

u §duni Batavor. 1696 , in - 8°. cumstg.

(z5) Hist. nat.Iib. III, c.XXIII, p. 47, Basile». FroJeti» p. 1525; in-fo V

(16) Lib. II, p. 335 , & lib. VIII, p. 377. Basile», 154S.

(zy) Cosmographia , p. ipsi, cum Pomponio Mêla. Parisiis, 162.6; in-14 ;

(28) Alpis Coma. Ce passage des Alpes a pris le nom de Cotdus, qui s’étoiífait un Etat indépendant dans cette partie de la chaîne des Alpes, qui tientun milieu entre les Alpes Grecques 8c Maritimes. Cet Etat étoit composéde douze Cantons, Civitates Qotáimce XIÏ. Selon Pline , [ lib. III, cap. XX,p. 47, Edit. Frbben. ] Les Alpes Cottiennes commençoient à Embrun.

(1 9) Inter.Hist. August. scriptores, Edit. 1621 , p. 638.

(30) Eclaircissemens, ibidem, p. 116.

(31) Rer. Gestarum, lib. XV, cap. XXVII» pag» 480, cum notis JaniGruteri inter Historiée August» scriptores. Hanovi», 1S113 in-fol. Le mê*me Historien , Ammìen - Marcellin, plaçoit la source du Rhône darts les Al-pes Pennines. [ibid. lib. X F, cap. XXV111, p- 4 Sr - 3 La Fourche , en latinFurca , oìt est la source de ce fleuve» faisoit partie des hautes Alpes, que lesanciens appelloient Summce Alpes. Le savant Beat Rhenanus, ayant nom-mé le Vallais Vallis Pennina , Simler , son contemporain, s’inscrivit (*)contre son opinion, parce qu’il ne connoissoit pas l’Inscription de Saint-Maurice , dont nous avons parlé. Rer. Germanicar. lib. I > p- 116 ; 8c lib. III ,p. 25 1. Argentorati, 1 6 1 o ; in - 8°,

(32) Commentaria ad Godicem Theodosianum, Lugduni, 1667 , t. VI.Annot. Cod. Theodos. tit. de Desert. Editio Codicis Theodofia à Rittero.Lipsi», 173 6-, in-fol.

«*>;

Commentamis de Alpibus, p. iS> ïjdit. Tigur. 1735; in-fol.