TABLEAUX DE LA SUISSE.
cette époquefe Vallais dans l’Italie. Saint Eucher , Evê-que de Lion , qui écrivoit (33) vers l’an 432 les Actes desMartyrs d s Agaune, cent trente ans après F événement, lesaccompagna d’une Lettre , en les envoyant à son amiSilvius , Evêque du Vallais. II n’est point parlé des Al-pes Pennines dans ces actes. Mais F Anonyme , Moined’Agaune, qui composa, vers Fan 524, une autre légendede ces Martyrs, parle du passage de l’Empereur Maxi-mien par les Alpes Pennines (34), & de son arrivée àQ&odure .
Pline (35) sait mention des Viberi, comme faisant par-tie d es Lepontii , & les place aux sources du Rhône: ils«ccupoient la partie supérieure du Vallais, en un lieu qui«st nommé (32) Ffin , au-dessus de Sion, fur le bord duRhône, êt paroît 'indiquer les limites qui les séparoientdes Seduni ou de la cité de Sion. En remontant plus haut,un reste de retranchement qui ferme le passage entre la•rive gauche du Rhône & la montagne , est appellé Mu-nis Vibericus. Les Viberi font nommés à la fuite desLepontii dans Flnfcription du trophée des Alpes (37).Les Lepontii tenoient aussi à la gauche, puisque lesViberi, qui en faifoient partie, au rapport de Pline, avoientleur territoire dans la vallée Pennine, où l'on distinguoitquatre cités ou peuples, Nantuates , Veragri , Seduni &Viberi. Quand le nom de VAlis pœnina a cessé d’êtreen usage , le Vallais a été simplement appellé Vallis ,s Pagus Vallenfis , & ses habit an s , Vallenfies ,
César dit dans ses Mémoires (38) qu’il envòya son Lieu-tenant Sergius Galba , dans le pays des Nantuates, des-Veragri & des Seduni , & il nous apprend que ces peupleshabitoient les contrées qui s’étendent depuis les Allobro-ges , le lac Léman & le Rhône jusqu’au sommet des Alpes.La légion de Galba venoit des Gaules : chacun de cespeuples , ( ou chacune de ces Cités ) est ici placé ,comme il se présentoit sur la route de Galba. Sortant dupays des Allobroges , il rencontra d abord celui des Nan-tuates , puis celui des V°.ragri , & enfin celui des Seduni ,il ne suivit pas le Rhône plus haut. César n’avoit donc paslieu de nommer le peuple placé au-dessus des Seduni\il semble ( 39 ) même qu il regardoit celui-ci commepossédant le reste du pays jusqu’au sommet des Alpes. Ce
Conquérant rapporte avec quelle vigueur les Vtragri &les Seduni défendirent leur liberté. Galba ne put la leu sravir, ils ne la perdirent que sous l’Empire d’Auguste,ainsi qu'on le voit par l’inscription du trophée des Alpes.Les Vallaisans eurent ensuite la même destinée en com-mun avec toute la Suisse méridionale, en passant de ladomination des Romains, successivement sous celle desBourguignons & des Francs. C’est depuis ces révolutionsdu moyen âge , que le pays a conservé le nom deVitt £ 'fia. Nous avons fixé ailleurs (40) l’époque où les Evêquesde Sion devinrent Comtes SC Préfets du Vallais jleur pou -voir s’accrut à proportion des progrès que fit la puissancedu Clergé dans toute l'Europe ; encore aujourd’hui, quoi-que ce pouvoir ait été resserré dans des bornes beaucoup pl uSétroites , l’Evêque tient une place distinguée dans la cons-titution politique de la République. C’est apparemmentcomme anciens Préfets des Empereurs que les Evêquesdu Vallais se titrent ( 41 ) Princes du S,-Empire, quoi-qu’ils ne jouissent présentement d’aucun des droits attachésà cette prérogative. Nous avions promis de discuter l’origm ede la République de Vallais ; mais ces recherches nousmeneroient au-delà des limites de cet Ouvrage quidéjà devenu trop vaste pour pouvoir y donner une pl uSample extension. Voici la description des sept Dic airlS fà commencer, par celui de ( 42 ) Gombs , en François Con ^ches , qui est situé au pied du mont de la fourche , & 3la source du Rhône. Ce Dizain consiste dans un vallonélevé de dix lieues de longueur fur les deux rives du Rh° ne *on y trouve des ametystes, des cryftaux ôcdu fer. Le Pi z3l!lest très-peuplé, il a des Alpes très-fertiles’, beaucoupde bétail, & il s’y fait de bons fromages ; il est P artaen deux principales Provinces, la haute & la basse? 1au levant pour limites, le val diUrfièren , qui dépenCanton d’Uri; au couchant, le Département ou le íier ^de Moerell ou Merel , qui est du Vallais ; au midi, | e vZde Livenen , qui appartient au Canton d’Uri, & le d 1de Bonmatt ou Forma^ot , qui est de la vallée dsd’Osula , qui est au Roi de Sardaigne ; & nu norval de Hasel , qui fait partie du Canton de Berne. Tontcette contrée est curieuse par les singularités de la natureLa partie supérieure a pourchef-lieu la paroisse & I e
(33) Rivaz , ibii. p. ï2 & 50.
'(34) M. de Rivai a publié ces acte*, ibid. p. 314-341-
{35) Lib. III ». cap. XX.
(36) Psin , hameau dans le dizain & la paroisse de Leugg , s ur j e gr an( jchemin, dans le milieu des deux bois dits Psin - Waeldererí , dans le haut-Vailais. { Leu, Dict. Hifi. de la Suisse, tom. XIV» p. y 12. D’Anvìlle, No-tice de la Gaule , p. 409,8c 670 , 671. )
(37) Pline , ( lib. III, cap. XX.) ne parle point du trophée des Alpespour en indiquer la position, mais pour en rapporter 1 Inscription qui fait ledénombrement des Peuples soumis par Auguste à lobéissance du PeupleRomain , dans tout ce que les Alpes ont d étendue à Mari Supera ed inferum.Et on voit que c’est au terme final de cette étendue , 8c près de la dernieredes deux mers, que le monument a ete érigé. M. d Anville dit que cette Ins-cription existe en partie à Turbia ; 8c il en fixe la date à la septieme desannées antérieures à I’Ere Chrétienne , 8c à 1 an de Rome 744, q u j avoitété fignalé par des succès en Germanie, oìi Auguste avoit confié le com-mandement à Tibere. ( Notice de la Gaule , p. 660» 661 . )
(38) De Bell. Gall. lib. II!, cap. I. Gio , lib. XXXIX , cap, V. Orofius ,Hist. lib. VI, cap. VIII.
(39) Bochat, ibid. tom. I, p. 29Ì.
(40) Titre XXXIII, sect. IX.
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(41) Henri VI, Roi des Romains, étant à Bâle le 7 Mai "89 >Guillaume, Evêque de Sion, des Droits régaliens de son Eveche» 1 ^
ture que les Evêques de Sion prenoient auparavant , pendant z
temps , de la main des Comtes de Savoye. Henri VI déclaroit ce nt
l’avenir inaliénable de i’Empire. Parmi les témoins de ce DipI orne ^^ uSBoniface, Evêque de Novare; Valbert, Evêque d’Aoste; Lambert,de Maurienne; Jean, Chancelier de la Cour Impériale; Boniface?de Montserrat; Albert, Duc de Teck; Guillaume, Comte de aCbert, Comte de Dachsbourg; Sibert, Comte de Werd; E uric fíe° r ‘de Liningen, ( en françois de Linange ; ) Rodolf de Rapperschwei ^ ^Ic-son frere; Ulric d’Urselingen ; Henri Testa, Maréchal; Hun nor ps>kenstein ; le Drossard, ( en latin Drushardus ; ) Wezelo de Berg- que
que nous rectifions ici, ont été altérés dans la copie de ce P yjC j e u-
les Editeurs du Gaìlia Ckristiana ont donnée, d’après une autre cop tfouV ese, dans le tome douzième , parmi les preuves, p. 4î3 » 434- ^ ate ' du
auffi (p. 4zr, ) un Diplomé de Guillaume, Roi descamp d'Engellein , le 19 Février 1249 , dans lequel ce Roi <î uPrince, l’Evêque de Sion. ^ IX» P" ^
* T • tlJ fQftl* '
(42) En latin, Gemesianorum Conventus. Voyez Eeu, mi -j8. Tscharner, Diction. Géog. de la Suisse, tom. I » P* 161 » 1
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