de Hauterive un moulin situé à Anes , aujourd’hui A net ,gros village entre le lac de Neufchâtel, & celui de Mo-rat, pour son anniversaire 5 celui de ses pere & mere &de fes freres Gtton, Berthold, Henri ôc Ulric. On lit à sen-teur du sceau, S. Rodolphi. Comitis. de. novo. Castro.On trouve l’empreinte des mêmes armes fur le sceau (22)de Berthold, Seigneur de Neufchâtel, fils de défunt Ro-dulphe , Comte du même lieu, attaché à un Acte daté deHauterive, le 5 Août 1240, par lequel il confirmoit tou-tes les donations faites par ses ancêtres au Monastère deHauterive. Les Comtes de Neufchâtel changèrent leursarmes à la sin du treizième siecle, ou au commencementde f autre; Ôc ils porterent dé or à un pal de gueules , char-gé de trois chevrons dé argent. Rodolphe, Comte de Neuf-châtel, l’un des Troubadours du recueil de ManejJ (23),conservé à Paris, à la Bibliothèque du Roi, avoit pourarmes un écu triangulaire déor à deux pales de gueules.Ce Recueil fut formé vers l’an 1330. Le Comte RodoL;phe est représenté dans le tableau (24) qui précédé fachanson; PHistoire le nomme ordinairement Rolin , filsd’Amédée, Comte de Neuchâtel, qui mourut le 3 Fé-vrier 1.285, ôc de Jordanne, Comtesse d’Arberg; il étoitfort jeune, lorsqu’il succéda à son pere. Jean & Richardfes oncles furent ses tuteurs, jusqu’à ce qu’il eut atteintl’âge de majorité. II épousa en 1299 Eléonore, fille deLouis de Savoye, Baron de Vaud, veuve de Louis, Sei-gneur de Beau j eu. II remit en 1325 le Comté de Neuchâ-tel à son fils Louis, ôc vécut encore dix-sept ans aprèsson abdication : il fit son testament en 1337, ôc mouruten 1342,
Dans le treizième siecle la Seigneurie, ou le Comté deVallangin, fut séparée de celle de Neuchâtel; elle y fut réu-nie par achat en 1592 par Marie de Bourbon , Douairièrede Léon or àéOrléans , Prince de Neuchâtel, de la Mai-son de Longueville. Sans les bornes dans lesquelles noussommes obligés de resserrer cette Topographie, nous au-rions rapporté la succession des différens Comtes de Neu-châtel ôc de Vallangin, depuis la fin du onzième siecle.Tout ce pays avoit fait partie de l’ancien Royaume de laBourgogne Trans-Jurane. Voici la description distinctedes deux Comtés Souverains de Neuchâtel ôc de Val-langin.
ï. Comté de Neuchâtel.
Neuchâtel , anciennement Neuf-chaflel , en AllemandWelfch-Neubourg , c’est-à-dire , en François Neuchâteld u pays Romand , & en Latin Noidenolex , Novicajlrum ,Neocomum , Neoburgum » est la Capitale du pays ( *).C’est une belle ville, passablement grande, bâtie au borddu lac, dans une situation inégale, en partie fur deuxcollines, dont la pente est fort rude, & en partie dans la
plaine. II y a même apparence, que dans les anciens remselle ne s’étendoit que fur les collines, mais que le l aCs’étant retiré , les habitans gagnant peu à peu du terreinfur lui, fe sont étendus dans la plaine. La petite rivieredu Seyon coule au milieu de cette ville, & y forme d es-paces à autres , diverses cascades agréables. La ville estcomposée de quatre grandes rues, qui forment à peu p reSla figure d’un triangle, ôc qui sont éclairées la nuit par desReverberes , à Yinflar de Paris. Le château est sut lâhauteur, qui commande la ville. C’est un bâtiment à l an-tique , fort spacieux, dont la tour, qui est d’une épais-seur considérable, est flanquée de quatre autres tours enrond. On y monte de la ville par un escalier de pierre,d’une centaine de marches, dont quelques-unes sont tailléesdans le toc. Ce château sert de résidence aux Gouver-neurs , & de lieu d’assemblée au Conseil d’Etat. On voiedans la Salle d’Audience les Armoiries des Maisons q ulont régné à Neuchâtel, & celles des Gouverneurs. Quel-ques Princes de la Maison àeLongueville y ont fait detemps en temps des séjours passagers. Madame la Du-chesse de Nemours y vint à la fin du dernier siecle ; M. I ePrince de Conty y resta quelque temps en 1 : & ceséjourne fut pas exempt de désordres occasionnés parlesdifférens partis. L’on garde dans le château les titres duDomaine souverain des Comtes de Neuchâtel ; mais cesArchives, très-précieuses par leur antiquité, sont con-damnées , pour ainsi dire, à d’éternelles ténèbres. On /trouveroit des monumens qui éclairciroient beaucoupl’histoire du moyen âge.
A côté du château, à la distance de vingt ou trentepas, & dans la même enceinte, est un beau Temple an-tique , avec une belle terrasse, qui donne la vue furville ôc le lac. On dit que ce Temple, autrefois Eg^ GCollégiale, ôc le château, ont été bâtis l’un & l’autre p 3 *la Reine Berthe de Souabe, femme de Rodolphe II, I^ 01de Bourgogne, qui mourut en 937. On voyoit avant lé-poque de la Réformation, au-dessus du grand portail dece Temple, en bas-relief, la S aime-Vierge assise sur usltrône , la Reine Berthe à genoux devant elle, en habitroyal, présentant un Temple à la Vierge , ôc Saint-W 0son frere, en habit de Prêtre, au côté droit, aussi à genoux*On y lisoit une Inscription en Latin barbare , qui commençoit ainsi :
Refpice Virgo pia , nu Bertha , sanâa Maria.
Mais quelques faux zélés ont abattu ce bas-relief, ce ssi’ 1a fait dire aux Catholiques , que les habitans de Neuchatel avoient ôté la Sainte-Vierge de la porte de leur Tenpie, ôc y avoient laissé le Diable. En effet on leprésenté en pierre , à un des côtés de la même porte,reste ce monument ne regardoit pas la Reine B er ’
(n) On fit à l’entour da sceau, qui est de forme ovale, S. Birchtoldi.Dom. oe novo Castro.
(13) Manuscrit sur vélin, in-folio^ n®. 7 2.66, fol. X. Vqye^ a u fil la Col-ïeiïion des Troubadours de Souabe , partie premiere, pag. 8-10. Zurich , 1758 ,in-4°. en allemand.
(14) Le fond du tableau est chargé de branches vertes avec des roses ;au milieu de ee bocage est astis, fur une longue chaise, un jeune homme
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sans barbe, ayant la tête penchée, des cheveux châtains, crépus ,^ een haut avec une bandelette ornée de topazes. II est vêtu d unerobe, teinte en couleur de pourpre ; fes bras font couverts d une ^verte, avec le bout des manches en or. Ses souliers noirs font p ^ te0 itient de la main gauche, en l’air, une longue feuille d argent »la droite fur fa poitrine, comme voulant compter avec fes doigt-*
(*) Planches, numéros 78, 110, 17p. * s