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Tome deuxieme et dernier.
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TOP OGRAPHIE. Jiì

roaîs la Comtesse Berthe , femme C Ulric (25 ), Comteà Neuchâtel, qui mourut en 1209; Ulric eut trois filsêt une fille ; savoir, Raoul ou Rodolphe qui lui succéda ;Ulric qui dans la fuite fut Comte de Neuchâtel, & qui en1202 avoit épousé Yolande , fille d’Egon, Comte deEurstemberg, & Berthold, qui fut Evêque de Lausanne.La fille fut Abbesse du Couvent de Religieuses que laReine Berthe avoit bâti l’an 930 à Neuchâtel, avec unCouvent d’hommes annexé à celui des Religieuses. CetteAbbesse s’étant trouvée enceinte en Tan 1205, accusaì’Abbé du Couvent des Moines de savoir séduite. Cetteaction remplit si fort d’indignation le Comte Ulric, qu’ilsupprima ces deux Monastères, ôc chassa les Moines &les Religieuses de Neuchâtel. II donna leurs revenus auxChanoines de Neuchâtel, qu’il augmenta au nombre dedouze, y compris le Prévôt j & il fit du Couvent de ces■Moines blancs , ( c’est ainsi qu’on les appelloit ) une EgliseCollégiale. L’Abbé de Fontaine - André fut auflì admis2u nombre des Chanoines. Ce Comte leur bâtit desmaisons où font aujourd’hui les Ecoles, & où logent lesPasteurs de la ville. Ce fut au sujet de cet événementstue le Comte Ulric, fils du même Ulric, à qui fa filleavoit fait tant de chagrin, inséra dans la Charte des fran-chises qu’il donna en 1214 à la ville de Neuchâtel, quetout Bourgeois seroît le maître de léguer son bien à quiil voudroit, excepté à des Moines blancs .

En entrant dans le même Temple, on volt dans uneniche adossée à Pun des côtés du Chœur, & fermée pardes volets , le monument que Louis, Comte de Neuchâ-îel, le dernier de fa maison, fit élever à ses aïeux ; on yVoittreize figures sculptées, de grandeur naturelle,[vêtuesselon l’ancien costume, neuf hommes le casque en tête,& quatre femmes. Une Inscription en Latin porte que ceComte Louis, qui fit élever ce Mausolée pour lui & àihonneur de ses ancêtres, mourut le 5 Juin 1373. Onpeut juger que les sépultures font placées fous ce monu-ment élevé de quinze pieds au - dessus du parquet. CeTemple a été le théâtre de Peffervescence des Réforma-te urs. A l’un des piliers on lit cette Inscription :

1 5 5o j le 23 Oclobre, fut ôtée & abattue Vidolâtrie de céans , par les' Bourgeois.

Quelques jours avant que les Bourgeois de Neuchâtelîussent renoncé à la Messe & aux Saints, ce qui se fit àL pluralité de dix-neuf (26) suffrages; les plus animésd entr’eux, malgré les oppositions du Gouverneur, cou-r urent au Temple, & abattirent les Statues des Saints ôcLs Autels. M. de Sinner , de Berne, après avoir rapporté

Plnscríption qui a transmis cet événement à la postérité ,ajoute (27) cette réflexion : Indépendamment de la barba-rie du fy le , riétoit-ce point élever un monument au dé-sordreì Ce ne fut que le 4 Novembre suivant, que lesBourgeois assemblés, en présence de trois Députés deBerne , se décidèrent, à la pluralité des voix, pour la nou-velle Doctrine. Berne se croyoit appellée , en vertu de sesalliances, à s’oeeuper non-seulement de la conservation& du bien-être temporel des Neuchâtelains, mais encoredu foin de travailler à leur salut. Il importoit aux Etatsde la Suisse qui embrassèrent la Réformation , d’attirerdans ce parti le plus grand nombre possible de leurs voi-sins. Ce qui semble prouver combien la politique influasur cette révolution, c’est que les Gouvernemens Aristo-cratiques fit les villes y prirent en général plus de partque les Etats populaires. En effet , si nous en croyonsM. de Sinner y /’esprit de V Aristocratie doit être plus ja-loux du pouvoir Eccléfiaflique , que la Communion dàRome favorise j tandis que dans les Démocraties le peupléaime mieux suivre ce qu il appelle la voix de Dieu quecelle des hommes.

Au milieu de la place qui est au-devant du Temple deNeuchâtel, on montre une pierre toute nue, fous laquellea été enterré Guillaume (28) Farel, ce célébré Réforma-teur de l’Eglise‘de Neuchâtel , qu ’Erasme dépeint dansses Lettres comme un esprit fougueux fit enthousiaste. Endescendant la ville, on rencontre au milieu de la des-cente une ancienne fit grosse tour épaisse, construite engros quartiers de pierre, qui est un reste de l’antiquité decette ville. Dans la plaine on voit la Maison de ville, 6cle Temple neuf qui est fort propre ôc très-commode. Onl’a bâti l’an 1695. II est tout entouré.de trois côtés degrandes ôc larges galleries, construites en Amphitéâtre,pour la commodité des Auditeurs. II sert aux Assembléesde l’Eglise du lieu, comme aussi à celles de l’Eglife Alle-mande. Au bord du lac il y a une très-belie place, lon-gue ôc large, bordée de plusieurs belles maisons; on ydistingue entr’autres celle de M. le Chancelier de Mont-mollin, bâtie en 1686.

Parmi les édifices publics qui décorent Neuchâtel , ilne faut pas oublier l’Hôpital qui a été magnifiquementbâti en 1781. On lit fur son frontispice, Civis pauperibus.M. David Pury-y d’une des premieres familles de Neu-châtel , riche Négociant établi à Lisbonne, a été le prin-cipal bienfaiteur de cet Hospital, mais il a eu la modestiede ne pas permettre que son nom fut marqué dans l'Ins-cription, se contentant de prendre la qualité d’un simpleCitoyen, qui a élevé cette maison pour l’entretien des

U§) L’an 1179 le Comte Ulric & Berthe, fa femme, donnerent àA bbaye de Fontaine-André , au val de Ru %, le bois autour de Wavre ,P°ur le défricher, 8 c y placer la grange que ce Monastère possédoit entre8c Champion. On voit fur un autre acte de 1193, que le même ComteBerthe fa femme, donnerent le Clos de la Favarge à l’Abbaye dePon taine-Anâré.

Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, p. 177 & fuiv.à?) On raconte l’anecdote suivante sur les commenceméns de la Résor-ption en Suisse. L’Ambassadeur d’un des premiers Monarques demandoitp® îour à Vienne, à un Envoyé du Canton de Zurich, s’il étoit vrai qu’àe Poqu e du changement de Religion, les Messieurs de Zurich avoientu Pprimé le Purgatoire à la pluralité des voix? —— Sans doute ,répondit en

Borne II SC dernier

riant l’Envoyé Helvètien , 8c il ne s’en manqua que de cinq voix qu!on y eûtaujjì aboli PEnfer.

(28) Né à Gap en Dauphine en 1489, d’une famille noble; il régentaquelque tems à Paris, au. College du Cardinal-le-Moine. Farel étoit Pami deJacques le Fevre d’EstapIes, 8c fut l’un des premiers qui embrassèrent enFrance les erreurs de Luther ; il se joignit ensuite à Zuinglè, 8c fut Ministreà Genève avant Calvin. U en fut chassé en 1538, 8c se retira à Neuchâ-tel, oìi il mourut le 13 Septembre i?6y. II se maria à 69 ans. On a delui, entr’autres Ouvrages, un Traité contre les libertins , intitulé le Glairede VEfprit. David Ancìllon a donné fa vie. Voye\ aussi Leu, Dict, hist, de laSuisse, tom. VII, pages 34-40.

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