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Tome deuxieme et dernier.
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*** TABLEAUX DE LA SUISSE.

Favoîne, ìi saut dire aussi, que dans le valon il produit dufroment, du seigle,, de Forge & de bons légumes. Ce quiprouve enfin,, qu'en participant avec tous leurs compa-triotes aux douceurs de la constitution du pays, les ha-bitais de cette Châtellenie savent également supportercertaines rigueurs de la nature, c’est que tous aiment leursfoyers avec une forte de passion ; & qu’animés du nobledésir de partager leur bien-être avec le reste des humains,M est peu d’étrangers que leur poli teste n’accueille avechonneur, & que leur bienveillance ne s’empreste vive-ment à fixer au milieu d’eux.

Cet intéressant district, heureux & digne de Fêtre, n'apas toujours fait partie du pays de Neuchâtel. Dans lespremieres années du treizième siecle, il appartenoit encorea la Baronnie de Grandfon, possédée par les Seigneursd’Orbe (?z), de la Maison de Vienne; & alors encore ilcomprenoit Travers , les Verrìeres & la Brevine. Un coupd œil jetté fur la carte (*) du pays peut apprendre quelarrondissement ces divers lieux donnoient au district. Enr218 le Comte (74) Berthoud I, de Neuchâtel, dirigépar Ulric, Comte d’Arberg, son oncle & son tuteur, enfit Facquisition, 11 le prit des Barons de Grandfon, en-échange de certaines terres Seigneuriales, qu il tenoit enBourgogne fur les bords de la Saône, & que leur dis-tance de Neuchâtel lui rendoit incommodes. La mêmeannée il le remit en fief, à titre de Baronnie, au Comte■Ulric son oncle ; & celui-ci venant à son tour à inféoder à■quelques particuliers du valon diverses parcelles de fa Ba-ronnie, il institua pour lors les fiefs connus dans le pays,fous le nom de Grand'Jacques & de du Terreaux. La Ba-ronnie du val-Travers , quant à fa Jurifdiction civile, n’apas été conservée dans son étendue primordiale. Pour lesoulagement des peuples, pour la facilité de l’administra-tion , & peut-être aussi pour l’avantage personnel de cer-taines personnes , que l’on vouloit employer, l’on en dé-membra le ressort. Au quatorzième siecle on en détachales V'zrrieres ; au quinzième la Seigneurie de Travers , &au dix-septieme la Mairie de la Brevine ; mais quant à fa

Jurifdiction criminelle, à quelques modifications près?relatives à la Seigneurie de Travers en particulier, ellecontinua, Ôt continue de comprendre son premier districten entier. Le château de Motier (7 y) n’a pas cessé d’en etrele redoutable siégé; & il en est de même du Bureau desFinances établi dans le lieu, fous le titre de recette : 1 onfait de reste qu’il opéré fur toute Fancienne Baronnie duval-Travers.

Le village de Couvet est grand, bien bâti & dans la si-tuation la plus riante. Son Temple est décoré d’une touren pierres de taille nouvellement construite. II s’y trouve,& dans d’autres lieux de ce vallon, des maisons, qui nedépareroient pas de grandes villes. On y voit une fabri-que de toiles peintes qui occupe plusieurs ouvriers. Cou-vet a produit des horlogers & des architectes habiles dansleur art. C’est en particulier le lieu natal du célébré Fer-dinand Berthoud , si connu par ses talens distingués poU£Fhorlogeriej dont il a donné au Public un excellent (76)Traité, & par le succès de FHorloge marine qu’il a in "ventée pour la détermination des longitudes : il fait fa rési-dence ordinaire à Paris , & est Membre de la SociétéRoyale de Londres.

11 y a long-temps qu’on a dit que le peuple veut desDieux, des Héros & des monstres. 11 faut ranger danscette derniere classe l’histoire (77) d’un dragon qui déso-loit les environs du village de Saint-Sulpice , dans iecourant du quatorzième siecle. Ce dragon étoit íàns douteun de ces ferpens de grandeur énorme dont on ne peutnier l’existence : on lui donnoit le nom de Vuivra ? q ulparoît une corruption de celui de Hydre ou Guivre ,* 1 endroit où il fe retiroit, s’appelle la Combe à la Vuw ra ‘Un particulier du village de Saint-Sulpice , nommé bu .pice Raymond ou Remond> délivra le pays de ce fidauímais il perdit la vie dans le combat. Sa famille a obtenudes Comtes de Neuchâtel l’affranchissement de la mainmorte, & d’un impôt qu’on nommoit Xémine de laponsque les habitans de ce pays payaient pour fe diíp ell ^ erde garder la porte du château de Motier. Les curieux ne

t 7 î) fan 1 u 3 un certain Lambert tenoit le Val de Travers en admi-nistration de Girard de Vienne, Comte de Bourgogne, qui le tenoit enfief du Palatin de Bourgogne. Comme ce Girard étoit Seigneur d’Orbe 8c■de Grandfon, il y a apparence que le Val de Travers étoit dans ce tempsVa une dépendance de cette Baronie. [Hict. rose. du Comté de Neuchâtel,«pag. 14 > dans la Bibliothèque de M. le Baron de Zur-LaubenJ.

(*) Ptancke, ri®. 171.

(74) Voici ce qu’on lit dans la même Histoire manuscrite du Comté•de Neuchâtel, pages 15-16 :

« Le Comte Ulrich » agissant au nom du Comte Berthoud, échangeav en l’an 12.18, avec Girard de Vienne, Seigneur d’Orbe 8c Baron de» Grandfon, les Seigneuries qu’il possédoit fur la Saône, contre le Val*> de Travers, y compris tout ce que contient la Seigneurie dudit Travers,» avec les Verrìeres 8c la Brevine : ces deux dernieres étoient entierement» remplies de bois 8c de forêts. Berthoud en rendit hommage au Comtede Bourgogne ; 8c, cet hommage procura même à Berthoud 8c à ses« successeurs, le droit d’assister aux Etats de Bourgogne. Ulrich, après cet3 î échange, obtint que le Val de Travers fût érigé en Baronnie, 8c il le»> remit entre les mains de son fils Berthoud, qui en fut le premier Baron,to 8c qui, à ce que l’on croit, bâtit le chateau de Motier, nommé Cha-» telard■: c’étoit alors que Lambert, ciré plus haut, tenoit en adrijodiation»- le Val de Travers. Berthoud lui donna quelques terres en fief dans ce« vallon, pour le gratifier : ces terres qu il lui remit, furent dans la fuite« nommées le fief Grand- Jacques. Ce Lambert á été la souche de ía mai-» son appelles de Val de Travers , qui a long-temps subsisté dans ledit

» vallon, 8c de laquelle la premiere famille du Terraux a été une ^ rastC ^ --» Cette derniere fut ainsi nommée à cause d’une terre marécageuse^ ^» pendante dudit fief ; étant parvenue en partage à un cadet ^3 j maison de Val de Travers, il fut obligé d’y faire plusieurs f° e ^,^ £33 terreaux pour la saigner. D’autres disent que ce mot du terraux ■ leur» de ce qu’un de leurs ancêrres possédoit un bien à Motier, qu on a PP ^33 Comblemine , où il y avoit une efpece de donjon, qu’il fit entoure^^33 fossés ou terraux ; mais que s’étant rendu suspect à ses voisins , 133 démolir ce donjon. Cependant ces fossés subsistent encore aujout33 8 c fervent de cloison à une partie de la possession 33. .

(75) Ce nom, autrement Moujlìer , dérive du Monastère, en la tlsl ^ ^

nafierium , qui a subsisté dans le village de Motier jusqu au changes c0 j]é.-Religion, 8c qu’on appelloit le Prieuré Monner. C’étoit une Egù e ^1-giaîe, composée d’un Prieur 8c de douze Chanoines, bien rentes,verain retire leurs revenus depuis l’époque de la sécularisation* ^

(76) EJsai sur l’Horlogerie, Paris, 176; , 2 vol. in- 4°- On a enC p ar j Sf

même Artiste, T An de conduire O de régler les pendules £f les montres ^1760, in-n. Traité des horloges marines. Paris, 177), • aveC

sept planches. lace ce

(77) L’Histoire manuscrite du Comté de Neuchâtel, pag* > ' ^ ^73*fait extraordinaire sous Louis, Comte de Neuchâtel, qu r mourut ^ ^ et j-On peut en lire aussi le détail dans la description des montagnes ^ j. e ' c uchâtel, par M. OJlerwald , pag. 34-3P. Le serpent qu’on voit

du Duché de Milan, se nomme la givres du nom latin vipeut-

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