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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DE LA SUISSE.

la Seigneurie de Travers, le Bailliage de Grandíbn &3a Baronie de Vaumarcus. La haute, moyenne Sc basséjurisdiction, ainsi que les autres droits & revenus sei-gneuriaux de cette Baronie, appartiennent au château deGorgier, dont le possesseur actuel est vaffal-lige du Prince.Le village paroissial de toute la Baronie est celui de Saint-Aubin , qui est bien bâti. Le château de Gorgier est situéà une petite demi-lieue de cette paroisse, au nord. Lapremìere institution féodale de la Baronie de Gorgier,remonte à lan 1225. Voici ce qu’on lit dans une His-toire (87) manuscrite d« Comté de Neuchâtel, fondéefur des titres.

« Berthoud de Neuchâtel, fils de Raoul II, mourutA en f an r 225 ; il avoit quelques droits fur le Comté de.» Neuchâtel, & il tenoit en fief de son frere Ulric III,B Valmarchus, Rochefort, Colombier, Çormondréche,

Corcelles & une partie de Bevaix. II laissa cinq fils ;N Rodolphe , qui fut Baron de Rochefort; Otton , qui futA Seigneur de Vaumarcus; Berthoud , Seigneur de Gor-m gier ; Henri , Seigneur de Colombier, de Cornion-A dréche & de Corcelles ; & Ulric , qui fut nommé deD Portas parce qu’il prit un portail pour ses armes, flan-N qué de deux tours. Ce fut vers l’an 1250 que Ber-® thoud, Seigneur de Gorgier, mourut. II possédoít uneN partie de la Seigneurie de Bevaix, Sc l’on croit qu’il» y fit bâtir le château qu’on nommoit Chatelard , qui» étoit au bord du lac, à peu de distance de l’Abbaye deN Bevaix : on volt encore aujourd’hui les ruines de ce» château. Le Seigneur de Gorgier ne laissa qu’une fille» unique nommée Sjybille , qui avoit épousé le Seigneur» <$ Estavayer , lequel, par ce mariage, eut toute laS> succession de son heau-pere ; Sc c’est par ce moyen queA la Seigneurie de Gorgier parvint aux Seigneurs d ’EJla-» vayer> qui i’ont possédée jusqu a Pan 1433 : Sc c’est» pendant ce temps-là que les coutumes d ’Estavayer ontN été introduites dans la Baronie de Gorgier. L’an 1340,» Pierre, co-Seigneur d’Estavayer, du consentement d’Ar-» thaud son frere, prit en fief Sc hommage lige de Louis» de Savoye, Seigneur de Vaud, le château de Gorgier,5> avec toutes ses appartenances & dépendances ; savoir,

Gorgier, Saint-Aubin , Sauge, Frezens, Montalchier,» une partie du village de Provence, le tiers de PAd-» voyerie de Bevaix, Sc une partie du village de Cor-» taillod. L’an 1344 Louis, Baron de Vaud, oncle &S» parrain de Louis, Comte de Neuchâtel, remit à celui-S, ci en fies, la Seigneurie de Gorgier; de forte que le» Seigneur d’Estavayex en rendit hommage au Comte» de Neuchâtel ; ce dernier au Baron de Vaud, & cer» Baron au Comte de Savoye : au lieu qu’auparavant le» Seigneur d’Estavayer en faisoit hommage immédiate-» ment au Baron de Vaud, & ce dernier au Comte de» Savoye. L’an 13 57 Arthaud d Estavayer fit Sc jura fidé-» lité ôt hommage, par baiser de bouche Sc interposition3> de mains, à Louis, Comte de Neuchâtel, par les chosesD Sc fous les mêmes modes Sc formes dont il étoit en„ fidélité Sc hommage de Pierre d Estavayer son frere.

» L’acte fut passé en présence de Guillaume, Comte» Namur, Seigneur de Vaux. L’an 1428 Anselme d Est a “» vayer & Guyette Pelouset sa femme - firent donation» entre-vif à leur fils Jacques, de la Châtellenie de Gor» gier, & prierent Jean de Fribourg, Comte de Neu-» châtel, de le recevoir à foi & hommage. L’an l ^ 9» le 12 Mars, il vendit son Chastel Sc Chastellenie e» Gorgier Sc Saint-Aubin à Jean de Neuchâtel,

» gneur de Vaumarcus, Chevalier, pour le prix Sc» somme de onze cens florins d’or d’Allemagne. L e s» sceaux de Jean de Blonay, Baillis de Vaud, Sc a» Comte de Neuchâtel, Jean, sont pendus à Pacte»*La Baronniede Gorgier resta depuis 143 3 dans la M a ^son de Neuchâtel, qui posséda pendant un temps les Seigneuries de Travers Sc ác Haumarcus , Sc qui étoit iss uede Giraud, bâtard de Jean, qui étoit fils de Louis, ^ ernier Comte de Neuchâtel, de la premiere race. Nous enparlerons aux articles de Haumarcus Sc de Travers.s’éteignit ( 88 ) en 1678 avec Jacques-François de Neuchâtel , Baron de Gorgier. Charlotte de Neuchâtel, atante paternelle, se présenta au Comte de Neuchâtel, ^la Maison de Longue ville , pour recevoir Pinvestitute oGorgier. Le Comte la lui refusa, prétendant que c étorcun fief masculin, qui devoit être réuni par le défaut d ho^res mâles, ce qui occasionna un procès entre le ComteCharlotte de Neuchâtel. Les Etats, par Jugement du ^Octobre 1680, déclarèrent que Charlotte devoit jouirla Baronnie de Gorgier; & ils lui en adjugèrent les revenus depuis la mort de son neveu , la renvoyantComte pour obtenir l’investiture, qui lui fut encore refusée. Nonobstant ce refus, elle jouit en vertu du Jug e _ment des Etats jusqu’à íà mort arrivée en 1718. Elle avoiépousé Phiiippe-Eugene d ’Achey , Baron de Thoraise aUComté de Bourgogne , dont elle avoit eu deux fi^ eS fl’une mariée à Philippe-Gabriel, Baron de GrammontChâtillon, morte fans enfans ; Sc l’autre , AbbesseBaume-les-Nones , qui vivoit encore en 1737 - e ^ e 10tua ses héritiers par testament, le Baron de Grammont,& Jeanne-Philippe de Poitiers , que le Baronépouser en secondes noces. Le Comte de Neuchâtel (de Prusse ) leur refusa l’investiture de la Baronnie degier, parce qu’ils n’étoient pas de l’agnation des anc ^Barons, ni même de leur consanguinité. Ce fut l a 1X1 ^tiere d’un nouveau procès pardevant les Etats, dansJacques-Philippes SEstavqyerìmeivmt , & demandaenvoyé en possession de Gorgier, comme parent I e ^ mproche du sang de Neuchâtel. Lqs héritiers instituts ^tinrent que les fiefs du Comté de Neuchâtel étoienttrimoniaux & disponibles, comme ceux du CoBourgogne, à moins qu’il n’eût été réglé autreme 0 ^Pinvestiture. Les Etats le jugèrent de la forte,par leur Sentence du 8 Décembre 1721 , Usla possellion de la Baronie de Gorgier aux héritiers^^.^mentaires de Charlotte de Neuchâtel, derniere p°resse, à Pexclusion du Seigneur suzerain Sc du plusparent du sang qui auroit hérité ah intestat. Ce j u £

(87) Pages 19, 23 » 485 98, & 181-18?.

(88) Chazot-Nantignij Gene'al. des Maisons souveraines

> tora, IV, pages 576-377;

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