TO POGRAPHIE,
pâroîssok contraire à celui qui fut rendu en 1707, ausujet de la Principauté de Neuchâtel. La décision desEtats eut son effet. Mais en 1749, à la mort de la Damedu Chayla , fille du Comte de Grammont, le Roi dePrusse, Souverain de la contrée, donna Gorgier commefief à l’un de ses Conseillers, Jean-Henri (89) d ’Andrié,du Comté de Vallangin, & lui fit la grâce d’étendre cetteinféodation fur chaque aîné entre ses defcendans mâles.
La Baronie de Vaumarcu (90) ou Vzumarcus , en latinVallis Mercurii , & en allemand Famergu , est située à l’ex-trémité du Comté de Neuchâtel, fur le lac, entre Gorgier& le Bailliage de Grandson ; il y avoit anciennement unepremiere maison de Seigneurs de Vzumarcus. A leur ex-tinction, Isabelle (91), Comtesse de Neuchâtel, étant àson château de Willaufaons , le 6 Juin rz75, donna àtitre de fief le château de Vaumarcus, avec toutes sesappartenances, ensemble le péage de Vaux-Travers, àGirard, bâtard & fils naturel d q feu son très-cher frereMonseigneur Jean , Comte de Neuchâtel , Chevalier , enconsidération de son affinité avec elle , SC des servicesqu il lui avoit rendus. Isabelle lui donnoit cette Seigneu-rie pour lui SC tous ses hoirs naturels G* légitimes quiperpétuellement descendront de lui SC d’iceux. Elle se ré-servoir la seigneurie directe, l’hommage lige, la fidélité,les appellations, & la chevauchée, qui est l’obligationoù est le vassal de servir son Seigneur à cheval. La Cou-tume dit qu’elle a fait mettre à Pacte (92) le sceau de sacourroie & celui de l’Officialité dê Lausanne. Elle donnaen iz7<5, au même Girard, les titres du village de Pro-vence , qui étoit de 1 ancienne dépendance de V aumarcus.Au mois de Novembre 1394, elle fit son testament (95),qu’elle confirma encore au chaslel de Pontarlier le 7 Fé-vrier suivant ; elle y instituoit son héritier universel, tantdu Comté de Neuchâtel que de ses autres biens, Conradde Fribourg son neveu, fils de fa soeur , à l’exclusiond’Anne de Fribourg fa niece, ôc sœur de Conrad. Elledonnoit à son bien-aimé neveu , Girard de Neuchâtel >fils de son frere (94) Jean , la somme de deux mille flo-rins d’or, affectés fur la Baronie de Boudry, dont il pour-roit jouir jufqu’à ce que cette somme fût payée , & qu alorsladite Baronie ferait réunie au domaine . De ce bâtardGirard (95) descendoient les Seigneurs & Barons deGorgier, de Travers ôc de Vaumarcus , dont la lignéeMasculine, finit en 1678 ; ils portoient d’or au pal de
gueules , chargé de trois chevrons d'argent a Une bandéd*argent , que les Barons de Gorgier quittèrent après l’ex-tinction des Comtes anciens de NeuchâteL Louis d’Or-léans-Longueville, Comte de Neuchâtel, leur ordonnade la reprendre ; mais ces Barons ne déférèrent pas à sonordre» Anne de Neuchâtel, fille de Jean , apporta enmariage la Seigneurie de Vaumarcus , en 1595 , à Ulric*Baron de Bonstetten, Seigneur d’Urtenen, qui mourut eni 5 o 8 . Leur fils aîné, Jean, vendit la Baronie de Vau-marcus à son frere Charles, qui mourut en 1675, Ôcdont la fille Marguerite , héritière de Vzumarcus , futmariée à David de Buren , Seigneur de Sefftingen, quimourut en 1659, Banneret de la République de Berne-,A la mort de Marguerite de Bonstetten, en 1685, sonfils, Jean - Charles de Buren , hérita de la Baronie deVzumarcus,' qu ; il a transmise à ses defcendans. Ce fut ainsique Vaumarcus passa dans la maison de Buren (96),l’une des plus anciennes de Berne, ôc également illustrepar fa noblesse ôc les services qu’elle a rendus à la Répu-blique» Le Baron exerce à Vzumarcus la haute ôc bassejurisdiction. Autrefois tous les vassaux du Comté de Neu-châtel prenoient séance dans les assemblées des Etats ,qu’on appelloit Audiences générales ,* mais quelque di-minuées qu’aient été dans toute la Suisse les prérogativesde la noblesse, on en voit encore dés vestiges» Lorsqu’unnoble paroît devant la Cour civile des Etats de Neu-châtel, comme appellant d’une sentence de i’inférieur,il reste debout pendant la lecture de son grief, ôc le ro-turier se met à genoux»
La Seigneurie (97) de Travers est située entre la Mairiede Rochefort, la Baronie de Gorgier, la Châtellenie deVal-Travers, ôc le Comté de Bourgogne» Cette Sei-gneurie, autrefois plus considérable, comprenoit jusqu’en1761 Noiraigue ôc Rofiere , qui en furent alors détachés;Noiraigue fut réuni au domaine du Prince; Rofiere formaauíli une Seigneurie distincte , quoiqu’eìle appartienne ,ainsi que la Seigneurie de Travers proprement dite, àla noble famille de (98) Sando de Neuchâtel. Le vil-lage de paroisse, Travers, qui donne auísi le nom auVal-deLTravers , dont nous avons fait la description, estsitué à une demi-lieue de Rofiere » II y a ici un beau châ-teau , où demeure le Seigneur» Le village de Travers est lesiège d’une Jurisdiction: on compte dans ce lieu trois centvingt ouvriers en dentelles, de même que plusieurs horlo-
(89) Leu , ibid. tom. I, pag. t*i, oìt l’on trouvera le détail des servicest mportans que M. à'Andnê rendit au Roi de Prusse, comme son Ministre,dans diverses négociations, à Londres, Hanovre, Lkc,
(90) Leu, ibid. tom. XVIII, pages 454*4|î.
Tscharner, ibid. tom. II » pag. 186.
Sinner , ibid. tom. I, pag. r6i-i6r»
Marie de Bourbon, Comtesse de Neuchâtel, érigea en l*a« r?9s» étlËaronie, la terre de Vauxmarcus, en faveur d’Ulric de Bonstetten, poursoi, ses hoirs & possesseurs quelconques, avec droit de justice patibu-laire à trois piliers, quoiqu’auparavant il n’y en eût que deux,
1 (91) Histoire msc. du Comté de Neuchâtel, pag. 67-68.
Traité msc. des fiefs du Comté de Neuchâtel, par M. Is Chancelierde Montmollin, pages 185-186.
(91) Cet instrument d’inféodatiott , qui est en latin, fut passé en présencede vénérables Hommes & Seigneurs Hugues de Willausans, Chevalier ;soerre du Pont de Genève, Juriste, ôc Renaud des Ornans, Curé dudit lieu.
(93) Même manuscrit de l’Histoire de Neuchâtel, page 73 ; 8c mêmeTraité deS fiefs, pag. 186.
(94) Ce Comte Jean étoit fils de Louis, Comte de Neuchâtel; il étoitinort le r8 Novembre r;68, en Alsace, dans les prisons. Son père, quil’avoit déjà racheté une fois en Tan 1359, l’abandonna, ne pouvant pastrouver la fourme que l’on demandoit pour fa rançon. II ne fut pointtóarië; mais il !ailla un fils illégitime qui s’appellcít Girard, 8c fut lasouche des Barons de Gorgier. On lit ces particularités avec plusieursautres » siit le même Jean, dans l’Histoire msc. dû Comté de Neuchâtel ;pages 59 8c 61.
(9l) La Table généalogique de ces Seigneurs, qué M. Chabot-Nantìgni adonnée ( Maisons souveraines , tom. IV, pag, 376 ) n’est aucunement exactefur leur véritable origine.
(96) Le a, ibid» tom. IV, pages 441-44*» Girard » Hist, milit. des Suisses;
tom. I, pages 97-29 , 8cc» j
(97) Léu, ibid. tom. XVIII, pag. i6i.
(98) Leu , ibid» tom, XVI, pages 68-69.
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