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gérs à fabriquans de bas; il y a aussi un lissage pour lestoiles peintes , dont la Reuse fait marcher les rouages ;ce qui, par l’effet d’un mécanisme également simple &ingénieux, épargne une main-d’œuvre dispendieuse. Noi-raigue (*) est sur une rivière qui porte le même nom,& se jette dans la Reuse. II y a dans ce lieu divers ou-vriers en fer ; on y compte un grand nombre de cloutiers& de charbonniers. Ici le vallon qui sépare les deuxchaînes de montagnes entre lesquelles on voyage, sehausse tout-à-coup où le précipice dit la Clu%ette (99),que l’on a fi long-temps & si désagréablement cotoyé,se change en une belle prairie, au travers de laquellecoule la Reuse $ mais on observe avec quelque déplaisirque ces prés font pour la plupart bas & marécageux,qu’on ne tire point parti de la riviere pour les arroserdans ùne juste mesure, & qu’on ne travaille point commeailleurs à faire écouler les eaux qui croupissent. En tra-mant un lit en droite ligne à la Reuse , qui serpente danscette prairie, ce qui ne seroit ni difficile ni extrêmementdispendieux, on remédieroit, ce semble, à l’un & à l’autrede ces inconvénîens. Le terrain de la Seigneurie de Tra-vers , quoiqu’en général montueux, offre divers branchesd’agriculture. Voici un passage d'une Histoire (100) ma~nujcrite du Comté de Neuchâtel , dont nous avons déjàfait l’éloge.
« Conrad, Comte de Fribourg & de Neuchâtel, vou-» lant en 1413 gratifier son bien-aimé & fidele cousin» Jean, fils de feu noble personnage le Seigneur Girard,» bâtard de Neuchâtel, Baron de Boudry & Seigneur de» Vaumarcus, son bien-aimé oncle, & le récompenser» des services considérables qu’ii lui avoir rendus, & qui» étoient également nobles & notables, en ce qu’il avoirè employé ses biens, & même son corps jusqu’à la mort,» pour son service, lui donna la Seigneurie de Travers,» Rosières & Noiraigue, en échange de celle de .Bou-» dry, qui étoit rédimable pour deux mille florins d’or :» ôc quoique celle de Travers valût beaucoup plus, il» lui fit présent de la mieux value : elle lui fut donnée» pour lui ôc ses héritiers légitimement engendrés, ou à» engendrer de son corps , à la charge & à la cause de» ne pouvoir, non plus que les siens, donner, léguer,» ni disposer de sa Terre jusqu’à la somme de seize cent» cinquante florins d’or. II est dit dans l’acte, qui est du» 28 Mars 1413, que la Seigneurie de Travers lui fut« donnée en augmentation de fief; que le Seigneur aura» basse & moyenne jurifdiction ; qu’il pourra emprisonner» ôc condamner à la mort, mais non exécuter; qu’il» devra remettre le criminel à la Justice de Motíer, de-
E L A SUISSE.
» vant le château de Chatelard, qui est celui de Motíer ,» aussi & ainsi nommé : l’y faisant conduire garotté, & est» chemise, pour être jugé ôc exécuté. La Justice de Mo-» tier, en jugeant de nouveau, peut s’en tenir au contraire» de celle de Travers. Le Seigneur a la confiscation des» biens du criminel, s’il est son sujet, ou si ses biens» font situés dans la Seigneurie. On appelle de la Justice» de Travers pour faits de causes civiles, pardevant le» Seigneur, qui juge seul, suivant l’ancienne pratique,» ou avec des personnes qui composent le Tribunal ap-» pellé les Assises5 ôc de la Sentence de ces derniers,» pardevant les trois Etats. Le Seigneur de Travers est» encore obligé de garder le fort de la Cluzette, ôt de» veiller au château de Vaumarcus, en cas de nécessité.» II a le droit d’établir tous les Officiers de fa Terre;
» voir, le Maire ôc les Justiciers. Le Comte se réserve» pour lui & les siens, la feule souveraineté, la chevau-» chée ôc les Fourcry » (101) [ on ne sait pas ce que si'gnifie ce dernier mot], » Le Comte Jean de Fribourg» confirma à la fin de l’acte la donation faite par le Sei-» gneur Comte, son Seigneur & pere. Cet acte est p^» à Motier, au poêle du Prieuré , en la présence de dis-» crets & nobles personnages M. Hugues de Mortaux,» Prieur dudit Prieuré; Hugues Monnier, Prêtre & Re-» ceveur du Comte au Vau-Travers ; Jean de Colombier,» Chevalier; & Guillaume du Terraux, Donzel & Cha-» telain du Chatelard, à ce requis expressément ».
François, Baron de Bonstetten , de Berne, l’un desfils d’Ulric Ôc d’Anne de Neuchâtel, Dame de Vaumar-cus , acheta Travers & Rosières, pour seize mille francs,de Jean & André de Neuchâtel. II mourut en 1648. J etrouve, dans une Généalogie manuscrite de Bonstetten,que ces deux Terres sortirent de cette maison par *uariage & par cession. Anne-Marie de Bonstetten, qui avoithérité en 1680 de sa part à la Seigneurie de Travers, ala mort de son frere Gérard, fils d’Ulric, qui avoitl’aîné des enfans de François, Baron de Bonstetten, m° rCen 1648, vendit fa part en 1713 au Roi de Prusse i d unautre côté, François-Louis, fécond fils du même Francois, Baron de Bonstetten, ôc qui mourut en i6êi , dí antSeigneur de Travers ôc de Rosières, eut deux fils, CharlesAuguste, Seigneur de Travers, ôc Frédéric-Louis,gneur de Rosières. Enfin les Terres de Travers &Rosières ont passé dans la famille de Sandow, de ^^uchâtel, par le mariage de Marguerite de Bonstetten aVÊN. de Sandoz, Seigneur de Noiraigue. Le pere de cettDame, Rodolphe, Baron de Bonstetten, mort en ié 87 ,étoit fils d’André de Bonstetten, Seigneur d Urtenen,
(*) Planche, n°. 1.
(99) A quelque distance de Brst , petit village entouré de champs & devergers, qui termine la Mairie de Rochefort, en allant à Noireigue, onpasse près d’un rocher très-éleve, qui domine & s avance même fur lechemin. 11 est d’une pierre jaune» divisée en couches très-minces, qui sedécomposent» ÔC dont les fragmens tombent assez fréquemment. Le chemin »qui n’a que peu de largeur, s’étend depuis le pied du rocher jusqu’au bordd’un précipice affreux, au fond duquel la Reuse roule ses eaux, à traversles rochers. Ces deux objets effrayans, & réunis dans une longueur d’ea-viron deux cens pas, forment un spectacle frappant, ôc la présence d’undouble danger ne peut qu’intimider le voyageur. Cependant , quoiquecette route soit très-fréquentée, on n’a pas d’exemple qu’il y soit arrivé
. gc au-
d’accident. Ce lieu se nomme la Clu\ette,. Vis-à-vis, sur la gauc > s>af-delà du précipice » une partie de la chaîne des montagnes pararondit, ôc présente un demi-cercle de rochers à plomb. L espace^^ ^est un petit vallon , au milieu duquel s’éleve une monticule 1 ° c0V ú-appelle cet endroit le Creux duvent , à cause d’un vent qui y tsoU ve»nuellement; il est connu par la quantité de plantes rares quart yôc par un écho qui, lorsqu’il est mis en jeu, imite parfaitementdu tonnerre. [ Description des montagnes de Neuchâtel» par
pag. 13-14]. u‘tel P 3 *
(100) Pages 9 1-93; & Traité des fiefs du Comté de Neuc
M. le Chancelier de Montmollin, pag. r86.
(101) M. de Montmollin lisait, le Tourcin. fllOR