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AB L E AU X D
Berthoud, îa Seigneurie de Vallangin retourna au Comtede Neuchâtel ; mais ce ne fut pas pour long-temps.Uiric IV , Comte de Neuchâtel, à qui elle étoit dévo-lue , & qui mourut en 1248, laissa trois fils, Berthoud II,qui fut Comte de Neuchâtel, & qui avoit porté le titrede Baron de Haux-Travers y Uiric, qui eut Arberg 6cla Seigneurie de Vallangin, à condition qu’il en rendroithommage à son frere Berthoud; ôí Henri , Chanoine deBaie, ôc dans la fuite Evêque de cette ville. Les defcendansd’Ulric (8), Comte d’Arberg, conservèrent la Seigneuriede Vallangin jufqu’en 1517. Claude, Comte d’Arberg,qui la possédoit, laissa de fa femme Guillemette de Vergi,une fille unique, Louife, Comtesse d’Arberg Ôc de Val-langin, Dame de Beaufremont, qui épousa en 1502 Phi-Jibert, Comte de Chalant en Piémont. Leur fils René,Comte de Chalant ôc de Vallangin, Baron de Beaufre-mont , Maréchal ôc Gouverneur de Savoie, reprit en11523 le fief de Vallangin de la main dés douze Cantons,qui s’en étoient emparé en ip2. Le Comté de Neu-châtel ayant été rendu à Jeanne d’Hochberg ôc à sesoifans en 1529, René de Chalant offrit de reprendre cefief de la main du Duc de Longueville, Comte de Neu-châtel ; mais ce Prince refusa d’y consentir. Les deux (p)sœurs , filles de René de Chalant , furent en procès ausujet de la succession de leur pere en 1565 ; l’aînée, Phi-iiberte , avoit épousé Joseph, Comte de Tornielli; l’autre,Isabelle , Frédéric Madruce, Comte d’Avis, Marquis deSuriana, frere du Cardinal Madruce. Mais après plusieurscontestations, les quatre Cantons alliés de Neuchâtel ren-dirent une sentence en 1576, touchant la Souverainetéde Vallangin, qu’Ifabelle ôc le Comte Madruce contes-ïoient au Comte de Neuchâtel, ôc elle lui sut confirméepar les Etats de Neuchâtel, qui déclarèrent que le Comtede Neuchâtel devoir mettre en possession de la Seigneuriede Vallangin, Dame Philiberte de Chalant, qui avoitépousé le Comte de Tornielli. Mais les Seigneurs deBerne ayant obtenu adjudication de la Seigneurie de Val-langin, de Georges de Dieíbach, Gouverneur de Neu-châtel , pour une. somme considérable, dont il s’étoitrendu caution pour René, Comte de Chalant, ôc quileur avoit hypothéqué cette Seigneurie pour sûreté, re-mirent en même temps cette Seigneurie à Marie de Bour-bon , Duchesse de Longueville ôc Comtesse de Neuchâtel.Isabelle de Chalant ôc le Comte Madruce n’ayant pasvoulu se soumettre à la sentence des trois Cantons alliésde Neuchâtel, eurent recours aux neuf Cantons nonalliés de l’Etat, qui, du consentement des parties, aprèsavoir vu les investitures ôc autres documens, adjugèrentîa souveraineté de la Seigneurie de Vallangin au Comtede Neuchâtel, le 20 Novembre 1584. Après cette sen-tence , le Comte Madruce ôc Isabelle sa femme , ven-dirent le droit qu’ils avoient a cette Seigneurie au Comtede Montbeliard, le 2 5 Avril 158,5. Le Comte de Tor-nielli , après la mort de Philiberte fa femme, & son fils
E LA SUISSE.
Joseph-Charles-Emmanuel, remirent aussi leurs droits âifComte de Montbelfard, le dernier Janvier 1589. Mariede Bourbon, Duchesse de Longueville, racheta de ceComte la Seigneurie de Vallangin , pour la somme desoixante-dix mille écus d’or : cela se fit le 17 Décembre1592. Dès-lors la Seigneurie de Vallangin a été réunieau Comté de Neuchâtel.
II est à observer que le pays de Vallangin a dû ses pre-miers défrichemens & ses premieres franchises à la sagessede la maison d’Arberg, Ôc que c’est aux bontés de lamaison de Chalant , de même qu’à celles de Marie deBourbon , qu’il a dû la continuation des uns ôc l’augrnen-tation des autres. Depuis Marie de Bourbon, cette Sei-gneurie , reconnue pour Comté en 1707, n’a pas eud’autre gouvernement que celui que nous avons décrità la fuite de l’article (10) de Neuchâtel .
La Mairie de Vallangin comprend le bourg de ce nom >
les paroisses Engollon, Dombresson, Saint-Martin Sc
Fontaine, les villages Cossrane, Fenin, Savagnier, Cet-
nier, ôcc. Le Val de Ruz compose la plus grande partie
de la Mairie de Vallangin. Ce vallon ( 11 ), l’un des
plus beaux & des plus peuplés de la Suisse, s’étend du
nord-est au sud-ouest ; il a quatre lieues de long fur tr0is
quarts de lieue dans fa plus grande largeur. On compte,
fur une étendue si peu considérable , vingt-quatre viìlag eS
ou hameaux : la plupart font grands ôc bien bâtis ; presque
tous font placés au pied de la double chaîne de mon
tagnes qui bordent ce vallon , ôc qui se terminent en
ovale au nord-est. Là se volt une montagne très-élevée 3
qu’on appelle Chajferale , on en remarque une autre
l’ouest, qu’on appelle Tête-de-rang : celle-ci est ronde
entièrement dépouillée d’arbres. Au-dessus de S aint-M^
tin , l’un des villages du Val de Ruz, est un défilé app e
Pertuis , chemin taillé dans le roc ôc bordé de deu x
hauteurs escarpées : les éboulemens de neige y iont
quens ôc dangereux au printemps. Près de ce lien e
une grotte vaste ôc profonde, dont l’entrée a la f° rnae
de la bouche d’un four, où Pon trouve du lait de l u!l
en abondance. Dans l’intérieur est un abîme qui empcc ^
de pénétrer plus avant ; les pierres qu’on y fait r0
bondissent pendant quelques minutes fur des bancs de t°
chers, ôc produisent un bruit effrayant, que les dcho^
multipliés augmentent encore. A l’Est de Pertuis est
Joux du Plane t montagne remarquable par fes exce
pâturages, les simples rares qu’elle produit Sc le s c ° ^
marins pétrifiés qu’on y trouve. Le Val de Ruz est ars °
par plusieurs ruisseaux , qui tous vont successive ^
grossir le plus considérable, qu’on nomme le Sey 011, ^
n’y pêche point de poissons, mais il fournit en revan^^
d’excellentes écrevisses. L’agriculture occupe P Iincí ^ e0t
ment les peuples qui habitent ce vallon ; ceux qui e%e ccC ç„
quelque profession, ne la regardent que comme un
foire à leur état. La différence qu’il y a entre eu%
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habitans des montagnes voisines, par rapport « o
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(8) Une branche cadette, connue fous le nom de Comtes d'Arlerg-Vallan - Comte d’Arberg, Sire de Vallangin, 8t de Beaufremont, quj vlV< ^j eUC j]âtel *
\m , illustre par fes alliances Sc fes dignités, Sc célébré dans les fastes (jl) Monimoliìn , Traite manuscrit des fiefs du Comté del’Allemagne, de la Flandre Sc du duché de Limbourg^ & qui styliste, pages 177-178.
lefcend de Guillaume d’Arberg, Baron de Vallangin, frere puîné de Claude, (10) Titre XXXV, Seclhn IL , ní'tP*
-omte d’Arberg, Sire de Vallangin Sc dé Beaufremont, tous deux fils de Jean, (n) OJlenydd , Description des montagnes de Neuchâtel, P a S