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ruisseau qui coule de l’Est à l’Ouest, & leur fournit Peaunécessaire. Ge ruisseau;, qu’on nomme le Bieds , formeâpres de longues pluies une efpece d’étang : quelquespersonnes prétendent que les poissons en ont disparu de-puis le temps où l’on y lavoit des toiles peintes qui lefabriquoient au Locle. Une telle expérience bien vérifiée,confirmerait l’opinion de ceux qui attribuent la diminu-tion très-fensible de la quantité de poissons, dans le lacde Neuchâtel, au lavage des indiennes.
La Mairie (ij?) des Brenets touche au levant celle dela Chaux-de-Fonds, au midi celle du Locle, & au cou-chant & au nord le Comté de Bourgogne. Cette Mairieest assez petite, ne contenant qu’environ mille habitans ;tuais elle ne laisse pas de renfermer des gens actifs & in-dustrieux. A une lieue au nord du Locle, est le villagedes Brenets , situé fur les confins de la Franche-Comté,à près des bords du Doux, qui forme ici une cataracte (20)de quatre-vingts pieds. Le nom du village des Brenetsa fourni une Etymologie celtique à M. de Bochat (tzi).Bré signifie une colline , Nés ou Ned désigne une riviere ;ce qui répond à la situation du lieu. Le Doux, aprèsavoir coulé de Poccident à Porient dans les contréesélevées du Mont-Jura, passe de l’Evêché de Bâle dansla Franche-Comté, prend un cours opposé, baigne lesuiurs de Besançon & de Dole, & va se joindre à la Saône,pour tomber dans la Méditerranée. Tout le terrain quientoure le village des Brenets ^ est partie en terres labou-rables & partie en forêts de sapins. Sa surface est au resterrès-inégaîe. U fe trouve dans la Mairie des Brenets deuxparoisses, celle dite les Brenets , ôt P autre les Platta-chettes. On y trouve des ouvriers en différens genres.Près des Planchettes est une haute montagne qu’on nommele Pouillerel , d'où l’on découvre un vaste pays : elle estremarquable par ses fondrières, qui font au nombre decent quarante, plus ou moins profondes, de même quePar des carrières de pierres rousses qu’on y trouve, &ìrn marais placé fur la cime.
Le terrain qu’occupe la paroisse des Brenets , formeu ue pente insensible qui se termine aux bords du Doux,6c d’où l’on découvre une partie de la Franche-Comté.Près de là est une caverne appellée la Toffiere , dans la-quelle la nature semble avoir préparé une table & desbancs de pierre pour la commodité des étrangers qu’ony conduit & de ceux qui en été prennent plaisir à y allerfaire collation au frais : cette caverne rend un écho de laplus grande force. Le Lecteur pourra lire, dans l’Ou-Vra ge (22) de M. OJlerwald , les autres merveilles de lasature & de la mécanique qui distinguent la Mairie desBrenets , entr’autres le Creux du Mouron , la montagne•^te le Chatelard , la Caverne des greniers , la Maison -Monsieur } sos moulins de MM. Gentil , &c.
La Mairie (23 de la Chaux-de-Fonds , composée de
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onze différens quartiers, dans urîe éteildue d’envíron troislieues, touche au levant YErguel , qui est de l’Evêcháde Bâle, au midi la. Mairie de Vallangin, au couchant,celle du Locle , & au nord le Comté de Bourgogne*Toute cette Mairie ne consiste qu’en une vallée dite les.Eplateres , & qui a une lieue & demie en longueur. Cettevallée présente continuellement une double suite de mai-sons isolées, d’un aspect avantageux, dont sarchitectureest à peu près la même, & dans chacune desquelles orrne manque pas de trouver un attelier. C’est au travers decette agréable perspective que l’on parvient du vallon leV-fger.f qui est de la Mairie du Locle, dans celui desEplateres , & que l’on arrive au centre du village de laChaux-de-Fonds. Le Temple est fur une colline; les mai-sons qui l’environnent annoncent par leur extérieur l’ai—:sance des habitans. Les derniers dénombremens portencque la paroisse entiere contient deux mille neuf cens âmes 5on y a reconnu plus de quatre cens horlogers, près desix cens faiseuses de dentelles, divers marchands, orfèvresou metteurs-en-œuvre, &c. On fait annuellement, danscette vallée, dix à quinze mille montres d’or & d’argent*fans compter les pendules : les Artistes eux-mêmes in-ventent des instrumens & toutes sortes d’outils, & enfont auísi un grand commerce. On y remarque encorequatre moulins trè^-curieux ; les roues sont toutes fousterre, les unes fous les autres : l’une d’elles met huit scies àla fois en mouvement. M. OJlerwald a célébré, dans faDescription des montagnes du Comté de Neuchâtel, lesArtistes, les Mécaniciens les plus fameux qui fe trouventdans la Mairie de la Chaux-de-Fonds ,* Jacques Drocet autre Vzucanfon , plusieurs autres de la même fa-mille ; les Brandt ; un Amadée Robert Daniel Cour -voijler Clément 3 Daniel du Commun , dit Tiron ; JonasMontandon. M. Osterwald a aussi fait l’éioge de M. Ga~gnebin , Major de milice, quia rendu service à l’huma-nité par ses travaux relatifs à l’invention qu’il a pratiquéeavec succès, & par divers instrumens qu’il a inventés pouren faciliter la méthode. Cet habile Chirurgien, qui estmort il y a quelques années, regretté de fa patrie, culti-voit la Physique expérimentale ; il avoit des instrumenspour 1’Electricité, des aimans avec lesquels il exécutoitquelques tours semblables à ceux de Cornus , & plusieursinstrumens d’optique.
Le village de la Chaux-de-Fonds est situé dans unvallon assez triste & assez stérile. On y voit peu d’arbresfruitiers ; des sapins font tout ['ornement des coteaux voi-sins ; mais ['Industrie feule anime ces climats peu favo-]râbles à la culture, où il ne croît guères que du foin;Depuis que M. OJlerwald publia en 1766 une Descrip-tion de ces montagnes, la Chaux-de-Fonds a bien gagnédu côté de l’ai sance ; des maisons plus belles ôc plus com-modes ont été élevées : le luxe a pénétré à mesure que
ÔS) Leu , ibid. tom. IV, pag. rsS. (11) Ibidem, tom. M, pag. i;z>.
OJlerwald, Descript. des montagnes du Comté de Neuchâtel, pag. §A (ri) Description des montagnes du Comté de Neuchâtel.
^ Vivantes. (r.;) Ostervald, ibidem, pag. 77 Lc suiv.
Ifiharner, Dict. geog. de la Suiíîe, tom. I, pag. 148. Leu, ibid. tom. V, pag. 2j2.
s <nner, Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, pag. rrr-22; , 8cc. TJcharner, Dict. geog. de la Suisse, tom. I, pag. 156-157.
( l °) On l’appelle le Saut du Doux. Près de là on a construit pluíieurs S inner , ibidem, tom. í, pag. 205-220 , &c.boulins » à la faveur des écluses 8c des canaux.
Tome 11 SC dernier .
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