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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DE LA SUISSE.

bjage de cette -singularité. On apperçoit à côté de lamaison de l’Hermite, «ne cuisine commode, pratiquéedans Jes cavités des rochers. Ici, on monte par des mar-ches de bois assez roides 6c on parvient à une maisonnettede bois, posée sur un haut rocher; cette maisonnetteressemble de loin à un tas de bois, mais, où cependantil y a un cabinet dans lequel six ou huit personnes pour-roient se tenir à baise. En y entrant, Pœil est enchantéà la vue du tableau singulièrement pittoresque que pré-sente la vallée , qui a environ une demie lieue de longsur autant de large. Cette contrée charme lés yeux,lorsqu ils parcourent alternativement les montagnes plan-tées d’arbres de tous les genres, ôc les prés fur lesquelsbondissent de nombreux troupeaux. Les attraits de cetteperspective sont encore augmentés par trois canauxd’eaux limpides, dont le plus grand 6c celui du milieuont chacun un batelet pour l’amusement.

Ensuite, on arrive par beaucoup de chemins tortueuxà un belveder ombragé de peupliers ôc de chênes 6cduquei on plonge la vue dans le bourg Arlesheim 6cdans tout le pays, spectacle de la plus grande beauté.

Enfin , on monte au sommet de cette agréable soli-tude , •& on touche les murs du château de Birseck, Icife présentent sur une belle place trois élégantes terrassespour la promenade, qui est embellie par des parterresornés de plantes étrangères, toutes d’une espece rare : lavue délicieuse dont le voyageur curieux jouit ici, repa-ïeroit seule assez la peine d’y monter; mais il en estencore plus dédommagé, lorsqu’il découvre un pavillonChinois sur cette riante élévation.

On passe ensuite à l’autre côté du château de Birseck ,& après avoir monté par plusieurs autres marches,taillées dans le roc, on descend successivement par deschemins bordés d’arbrisseaux 6c à sombre, à un rocherqui frappe les yeux par íà forme extraordinaire. C'estune caverne, qui par fa ressemblance avec celle deY Oracle dè Delphes , a le nom de la grotte d.' Apollon ,elle est divisée en deux parties ; lorsqu’on a descendudans celle d’enhaut par un escalier pratiqué dans le roc,on découvre par une ouverture tout ce qui se passe dansla partie inférieure, où l’on descend également par un«escalier qui est moitié en bois 6c moitié en pierre, alorson arrive à une table de bois, de laquelle l'on peutadmirer en silence les singulières profondeurs ôc lesexcavations pittoresques de cette grotte. La positionparoît étrange 6c sauvage. II est vrai, que les plus beauxarbres ôc les brossailles les plus épaisses l’entourent, aupoint que dans la canicule, on ne pourroit trouver unlieu à couvert, plus frais 6c plus ombragé ; mais enretour, on ne sauroit voir une retraite plus déserte ôcplus délaissée. Ici, on lit l'inscription suivante sur unrocher voisin.

HOSPES AM1CE,

HASCE DELICIAS ,

NATURE DEBES,

D EBES INDUSTRIEB ALBIN AS AB ANDLAUEENRICÌ' A LIGRITS.

M . d c c. ï- x x x v.

Cette belle inscription est du célébré Professeur OSerlin

à Strasbourg, digne Eleve de feu M. le ProfessesSchoepflin , très-connu par son Abbatia illufirata.

Ce monument perpétuera íàns doute les noms desdeux illustres Fondateurs de cet Hermitage ,* Madame laBarone à’Andlau , née de Staal de Buebendorff , ÔCMonsieur le Baron de Ligrit Chanoine du Haut-Chapitre à' Arles heim , homme de goût, ami du bienpublic ôc très-estimé dans fa contrée.

Un pont de bois fur un petit abyme conduit enfuit®plus loin au Temple de Profèrpine , la Déesse des Enfers.L’entrée de ce Temple, fermée par une grille noire, estfous une voûte majestueuse, construite par les mains dela Nature; l’ornement extérieur de cette grotte mer-veilleuse, toute taillée dans le roc, consiste en un lierreterrestre 6c rampant. La forme en est tout-à-fait origi-nale ; le vestibule offre un autel antique. Mais ce quisurprend le plus, & à quoi on s’attend assurément 1®moins, c'est de voir cette caverne effrayante , si ulsemble menacer ruine, éclairée par beaucoup de lampes,qui font placées dans les diverses fentes 6c cavités durocher; une marche de bois conduit dans l’intérieur dece Temple, où à travers les ouvertures les plus singu-lières, faites par la Nature, l’on découvre la statue deProferpine , qui tient en main un flambeau allumé, ÔCqui est entourée d’une quantité de lampes dont le in-fléchissement change l’obscurité naturelle de cette voûteen la plus grande clarté. Au reste, on ne peut exprimerque très - lisiblement 6c avec des couleurs vagues, ^sensation inattendue que cause Paspçct d’un lieu q ulprésente une décoration de théâtre aussi naturelle. Toutle tableau de cet Hermitage n’offre dans íes divers com-partimens qu une siche de moralités ôc toujours avec uupinceau plus aimable 6c moins sombre que celui q ulcaractérise les Nuits d’Edouard Young. On sait que chez lesanciens, Proferpine , la Reine des Enfers, précipite tous le smortels dans son noir Empire. Delà ces versd’Horace (4 8 )*

v/uim.» uua manet uo* ,

Et calcanda scmel via lethi.

Miíta senum ac juvenum densantur funera , nullumSœva caput Proserfina fugit.

Au plus haut, à l’endroit où est placée la statue &Proferpine , est une ouverture profonde de trente-deu*pieds, ôc ceinte de planches. Cette ouverture commu-nique avec le château, 6c presqu’avec les terrasses. Oane peut exprimer avec combien de peines 6c de dangersíes ouvriers ont achevé cet ouvrage. Us ont été obligéd’exporter un amas infini de pierres, de sables, de terres,qui remplissoit auparavant cette caverne dans tout s° ttcircuit ; ils ont fait sauter en plusieurs endroits les rocherspour en élargir l’ouverture.

Depuis cet endroit, des chemins tout unis conduss® slCpar la vallée que nous avons décrite, à une place ova *qui est entourée de peupliers 6c de chênes, & d où 1 0a une belle vue fur un grand étang voisin, furles amateurs peuvent se promener en bateau & preale divertissement de la pêche. A l’extrémité de la va. e *sont deux habitations rustiques, qui tombent en rum®-Ôc que l’on veut remplacer par une maison de 31Là tout près, un pont Anglais fur un ruifleau, m

(48) Oda 1,8, lib. 1.