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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G R A P U J E»

à une cataracte très-sauvage & très-pittoresque, de laquelleon va par une belle vallée ouverte dans le bois , augrand étang, où l’on peut s’embarquer pour paíTer àl’autre bord. Ce jardin Anglois , ouvert à tout le monde,est embelli tous les jours par de nouveaux íùpplémens.On emploie deux bonnes heures pour en faire commo^dement tout le contour, & il faut encore observer qu onne doit jamais faire deux fois le même chemin, mais quel’on marche toujours par d’autres chemins qui fe succè-dent alternativement les uns aux autres.

V. Le Bailliage de (4p) Pfefingen est borné au levant &au midi par le Canton de Soleure ; au couchant par leBailliage Episcopal de Zwingen, & au nord par celuide Birseck. Le pays est généralement assez fertile, oncultive même du très-bon vin au Clausberg. Ce Bailliageappartenoit au Comte de Thierfiein & relevois de l’Evêchéde Baie. A Textinction de cette maison, en 1519, lesEvêques le repeterent fous divers titres. Les prétentionsdes Bâlois furent réglées par les Cantons. La Seigneuriede Pfefingen resta à l’Evêque, qui céda auX Bâlois celledu village de Riehen , dont ils firent auíïì un Bailliage.L’Evêque leur promit auíïì de laisser, en temps de guerre,le château de Pfefingen ouvert à leur disposition. Cechâteau , qui est présentement (*) délabré , étoit autre-fois très-fort. Le Duc de Saxe-Weimar (Bernard),s’en empara en 1637 dans la guerre de Suede. Mais eni6z9, l’Evêque, protégé par la Erance & la médiationdes Cantons, fut rétabli dans ses Etats. Le chateau dePfefingen est à deux lieues de Bâle, à la gauche de làBirfe, au Mont dit Blauen-Berg. Outre la paroisse dePfefingen , ce Bailliage comprend encore les villagesd 'Aesch , Duggingen , & Grellingen , on y voit aussil’ancien château Angenfiein (50) fur un roc, au-dessus duvillage Aesch, à la droite de la Birfe, à l’endroit oùles montagnes resserrent le passage. Ce château (**) estfameux dans l’Histoire de Bâle. Henri, Comte de Thiersitein, le vendit en iyi8, au Haut-Chapitre de Bâle,qui promit, en 1522 , aux Bâlois, de ne jamais lefortifier par de nouveaux ouvrages. En iyéi, l’Evêquele donna en fief au Médecin Wendelin Ziepper ,* lesdescendans de ce Docteur le possedent encore. Ce châteauavoit été aussi pris en 163 7, par le Duc de Saxe-Weimar ,qui le garda deux ans.

Autrefois, le Baillis de Pfefingen résidoit au châteaude ce nom. Mais plusieurs Causes ayant porté l’Evêque àen négliger l’entretien, le Baillis réside présentement auvillage Aesch.

VI. Le Bailliage de (y 1) Zwingen touche au levantcelui de Pfefingen ; au midi le Canton de Soleure ; aucouchant la vallée de Delemont, qui est aussi de l’Evêchéde Bâle ; & au nord, le Canton de Soleure, & le Bail-

liage Episcopal de Birseck. Le Baillis réside au châteaude Zwingen, qui est au village de ce nom, à la droitede la Birfe, & à près de trois lieues au-dessus de la villede Bâle. II y a eu anciennement des nobles de Zwingen;leur Seigneurie passa à diverses maisons. Les Barons deRamjlein. la possédoient au quinzième siecîe , commeFeudataires des Evêques de Bâle. A leur extinction, en1525, les Evêques gardèrent la Seigneurie de Zwingen;elle comprend le château 82 le village de Zwingen ; laville de Lauffen, dont je vais parler; le château Burg ,& les paroisses Liesperg (***) & Blauen , les villagesWahlenbacls , &c.

Le château de Zwingen est fortifié par des fosséstaillés dans le roc. On pourroit facilement en fermerl’enceinte par la Birfe. Ce château est situé à près d’unelieue au-dessous de Lauffen. Le fol de ce Bailliage estgénéralement très-fertile en grains, en champs & enforêts.

Les vallons (52) de l’Evêché de Bâle commencent àLauffen , fpetite ville, dans une riante position, fur larive gauche de la Birfe, qui tombe ici du haut dunecascade (****) à laquelle Lauffen (yz) paroît devoir sounom. C’est ici que finit la Langue Allemande ; on parlefrançois dans le reste de l’Evêché jufquà Bienne, où laLangue Allemande recommence. Ces alternatives desdeux Idiomes dans toute la Suisse Occidentale, ont leu£cause dans les révolutions fréquentes arrivées dans lepays, successivement envahi par les Romains, les Alle-mands & les Bourguignons, qui ont également donnénaissance a la variété des coutumes & des loix dont lessources se confondent.

La ville de Lauffen est petite, mais assez belle ôcrégulièrement bâtie. II y a un grand passage de marchan-dises , ce qui fait fleurir les métiers dans cette ville. Ellea un Conseil auquel préside le Maire. Les Comtes deSogeren ont été ses Seigneurs, & après eux les Comtesde Thierstein & les Evêques de Bâle. La plus grandepartie des habitans avoient embrassé la nouvelle Réfor-mation, en 1530, & fous ce prétexte, ils avoientrefusé la prestation de l’hommage à l’Evêque. Ils s'é-toient alliés étroitement avec la ville de Bâle. Ilsavoient persévéré durant cinquante ans dans leur chan-gement. Mais l’an 1 y 8y, l’Evêque Jacques -Christophede Blarer commença à rétablir parmi eux la ReligionCatholique; & enfin, en iy8L>, le culte contraire yfut entierement supprimé. L’ancienne Eglise de paroisseest bâtie hors de Lauffen ; mais il y a une belle ôêgrande Chapelle succursale dans la ville.

VII. La ville de Bienne. Nous avons observé àl’article (y4) de son Gouvernement, que l’étendue de lasouveraineté de l’Evêque de Bâle sur la ville de Bienne,'

C49) Leu , ibid. tom. XIV, p. fop-í 10.

O Planehe, numéro 6 r.

(50) Leu, ibid. rom. I, p. 224. Wurstisen, Chronique de Bâle. p. 14,psemìere Edition.

(**) Planche, numéro 74.

CíO Leu, ibid. tom. XI, p. 4166x417; tom. XX, p. 55;. Tsckarner,

Tome II SC dernier »

Dict. géog. de la Suisse, tom. II, p. n S.

(***) piaffe ^ numéro 186»

(5») Sinner, Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, p. 8z-8j,

(****) Planchés , numéros /§ , 211, 24/.

<xz) C’êst-à-dire, en Allemand, le coins ou courant de l'eau %

(54) Titre XXXIV , seílion vni.

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