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Tome deuxieme et dernier.
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M.

T O P O G

a cauíe de ía distance de ces deux monastères de l’abbayede Luxeuil, dont ils paroiííent avoir dépendu auparavant.11 n’y a pas lieu de douter de ce fait, puifqu’il se trouvedans la vie ( i o) de Saint Germain, écrite quelque tempsaprès fa mort, par le Prêtre Bobolene. II existe un di-plomé, (n) donné vers l’an 770 , par lequel Carloman,Roi d’Australie , confirma à l’abbaye de Grandval, lesprivilèges que Pépin, son pere, & les Rois ses prédéces-seurs lui avoient accordés, ainsi qu’aux Eglises de fa dé-pendance, entr’autresda Celle (12) de Sdint-Ursane. L’Em-pereur (13) Lothaire, étant au palais de Remiremont,le 25 Août 850 , & ayant égard à la demande duComte, (14) Lutfride, Seigneur du monastère de Grand-val , situé au Duché d’Alsace, confirma le diplomé , parlequel l’Empereur Louis, son pere, avoit pris fous fa pro.tection ce monastère avec ses dépendances, les Celles (15)de Saint-Urfane & de V*rd , conformément aux décla-rations faites à ce sujet, par ses prédécesseurs. Lothaireconfirmoit en même temps au Comte Lutfride & à sessuccesseurs la garde de ce monastère. Dom Hergotte (16)a rapporté un autre diplomé de Conrad, Roi de Bour-gogne , daté du 9 Mars 957, par lequel ce Prince retirel’abbaye de Grandval, avec ses dépendances, la cfuz-pelleffis) de Saint-Urfane , des mains de Lutfride, quiavoit ruiné ce monastère, & il révoqué la donation bé-néficiaire que son pere en avoit faite autrefois à Lutfride,pere du destructeur , & à fa postérité. Conrad étoit filsdu Roi Rodolphe II, qui régna depuis 911, jusqu’à samort, en 937. Rodolphe III, dit le Fainéant , qui avoitsuccédé en 993 à Conrard, son pere, au Royaume deBourgogne, donna à l’Evêque de Bâle & à ses succes-seurs l'abbaye de Grandval, & la Celle (18) de Saint-Urfane', c est ce qu’on apprend par un diplôme (19) del’Empereur Frédéric I, daté de Pavie , le 14 Févrierii60. Ce diplôme fut confirmé la même année, le 24Février, dans la même ville, par l’Anti-Pape Victor IV;

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ces deux actes furent expédiés à la prière à'Ortliebe ?Evêque de Bâle.

Le Bailliage de Saint-Urfane est montagneux , avecd’excelìens pâturages. II y a des districts où il cçoît toutesfortes de grains & de légumes, & qui abondent enfruits. L’Evêque a établi depuis 1753 une forge à Belle -Fontaine,

II. Le Bailliage de Delemònt , (20) en allemand Del ]-perg ou Delschberg , & dâns les anciens titres Telijperc& en latin Delemontium , Telâmontium , & Delioppidum ,prend son nom d’une jolie ville, (*) dans un quartiertrès-agréable, du pays qu’on appelle le Sal%gau 3 & quiest bâtie fur une éminence, au bord d/une petite ri-vière (21) qu’on appelle-la Sorne. II y a là un châteauélégant, qui appartient à l’Evêque, & où ces Prélatsvont quelquefois faire leiir séjour. Le chapitre de Grand *val 3 dont nous parlerons à l’article du Val de Moutier ,y réside auílì depuis 1530. II y a dans la ville un cou-vent d’UrfulineS, & en dehors un autre de Capucins*La ville n’est pas peuplée; elle a son Conseil Municipal,auquel préside un Maire au nom de l’Evêque.

Dans la proximité de Delemònt, les ruines des anïciens châteaux de Sogeren ou Saugeren, de Iíasenbourg ,(**) y? r fc our g & cle Leuenbòurg fe présentent fur desrochers. Tout ce pays, ainsi qu’une grande partie del’Helvétîe, obéissoit autrefois à une Noblesse nombreuse ,qui n’a laissé après elle que des masures.

Le Bailliage de Delemònt touche , au levant, la val-lée de Lauffen, qui qst de l’Evêché de Bâle, & au Can-ton de Soîeure ; il a pour limites au midi le Val deMoutier ; au couchant, le Freyenberg & les Bailliagesde Saint-Urfane & de Porentru ; & au nord, le milieude là rivière de Lucel (22^ en fait la ligne de démarca-tion, Vis-à-vis du Sundgau & dé l’abbaye de Lucelle. CeBailliage comprend les Paroisses , Baffe cour t , Cour -faivre , Còurtetelle , Develier , Burgisen , Souri gnon y

(10) Apud Bollandum in Actis Sanctorum, tom. III, Februarii, pag.26;, gç apud Mabïllonium , in Actis Sanctorum, Ord. S. Benedicti, tom.II, pag. 491.

(n) Schoepflin, Alsatia diplomatica ,*tom. I, p. 43.

(12) Cella Sancti Ursicini confessoris.

(13) Stephani Baluiii Capit. Regum Franc. tom. Iî. Herrgott , Probat.Gcneal. Habsburgicœ, v„ol. II, p. 28-29.

(14) Lutfridus, illuíxei Cornes Dominusque Monasterii, cujus vocabu-fem est grandis vaîlis, quod est íitum in Ducatu Helisaceníi. ( Lutfride étoitComte d’Alsace. )

(15) Cella constructa in honore Sancti Ursicini Confessoris » & alìa qu®Vocatur Vertima.

II s'est glissé une erreur dans les copies imprimées de ce diplôme, oùon lit : pro regnï firmltate postulavit, la véritable leçon est , suivant le docteBûchât, pro rei stabilitate postulavit. Miscellanea: Historiai Helveticse, in-fol.»n Bibliothecâ illustriffimaîReipublicíeBernensis, & tomo primo cartarumHelveticarum à fceculo VI, p. 276-277. Tugii in Bibliothecâ Zur-Laube-nìanâ, mfc. in-fol.

(1 61 Ibidem, p. 77-78.

(17) Capella Sancti Ursicini.

(18) Cella Saníli Ursicini ou Ursycìni .

( 19) Hergett , ibid. p. 181-185. Tfchudii Chronicon Helveticum , tom.I, pag. 82. da annum 1160. Don Uergott rappcrcoit au Roi Rodolphe IIfe donation de Grandval à l’Evêque de Bâle, mais il est visible qu’il s’agitfei de Rodolphe III; le diplôme du Roi Conrad en 957 éclaircit le fait.

(20) Leu, ibid., tom. VI, P* S l 'S l < Tfcharner, Dict. géog. de la Suisse,

lom. I , p. 170, Sic.

(*) Planches, numéros ;; & 41.

(21) Pas loin de Pendroit où cette riviere fe jette dans la Birfe.

(**) Planches , numéros 226 & 24-.

(12) La riviere de Lut^el ou Lucel , qui est renommée par ses truites^prend fa source à une demi - lieue de l’Abbaie du même nom, au piedde la montagne sur laquelle est situé le village Èurgis. Elle touche au nordle Comté de Perrette ; au couchant le Bailliage de Poretitru ; au midi 8cau levant celui de Delemònt. Elle forme d’abord un grand ctang, passeà l’Abbaye de Lucelle, prend son cours vers le levant, à travers de boisépais, pendant quatre lieues, arrose îe district où sont le village & laPrévôté du petit Lucelle, 8c se jette au- dessus de la ville de Laussén , dansla Birfe qui fort de la vallée de Delemònt. L'Abbayectle Lucelle estacinq lieues de Bâle. On l’appelle en latin Lucifcella 8c Lucella , 8c en alle-mand Lut^el ; elle est de POrdre de Ckèaux, dans le diocèse de Bâle , artComté de Perrette, en Alsace. Elle fut fondée en 1124, le iy Mars, partrois Comtes de la maison de Montfaucon, en Bourgogne , Hugues,Amédée 8c Richard, 8c par leur oncle maternel Bertulf, Evêque de Bâle,qui étoit frere de Rodolphe, Comte de Neucbâtel. Ce Prélat donna leterrein pour la bâtir, avec le consentement du Chapitre de Bâle. On peutlire l’histoire de cette Abbaye , publiée à Porentru en 1666 » in- 12, parl’Abbé de Lucelle, Bernardin Buchinger , sous le titre Epitome fajlorumLucellenjium. On y lit, ( pag. 20 8c 41. ) qu’Albert, Comte de Habspourg,Landgrave d’Alsace, bisayeul de l’Empereur Rodolphe I, a son tombeaudans le Chapitre ou Cloître de l’Abbaie de Lucelle, dont il étoit VAvoué.Ce Prince mourut en 1199 .- Don Hergott, auteur de la Généalogie deHabspourg, ignoroit ce monument sépulcral. Le même Comte étoit auffiïAvoué des Abbayes de Murbach 8c de Mûri.