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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DELA SUISSE.

ST 2

Movelier, P^ic, (23) V°rme , Sogeren ou Saugeren , en Fran-çois Sohyer ou $ aubier , &c. Ce dernier village (24) estsitué (* *) à Fendrait ou les montagnes au-dessous deDelemont fe resserrent tellement quelles ne laissent qu unpassage étroit avec le chemin pour le cours de la Birse.On voit sur la hauteur les ruines du château de Sogeren,qui ëtoit la résidence des Comtes de ce nom; il en estFait une ample mention dans les actes du monastère deSaini-Albain à Bâle, & dans ceux de Fabbaye de Lu-celle. A Ondervilliers íur la Borne, il y a une UJlne defer. Tout près de cette fonderie est une grande caverne,formée par la nature ; à côté d’elie , sortent des eauxminérales & savonneuses , dont les habitans font grandusage. On les nomme la Fontaine de Sainte-Colombe •Tout ce pays est aussi très-riche en pétrifications. ïí y adans le voisinage de Delemont, de belles carrières depierres blanches , qui approchent du marbre; des eauxminérales au Petit Champois , & d’autres curiosités na-turelles.

L’abbaye ( 25 ) de Bellelay , est située au nord deTavannes , dans le Bailliage de Delemont, à sept lieuesde Porentru. Ce monastère , de l’ordre de Prémontré,doit fa fondation à Siginand, Prévôt du Chapitre de Mo-tier ou Moutier en Grandval, qui en jeta les fondemensen Fan 113 6. La tradition porte que le nom de Belle-lay en Bellelaye 9 lui fut donné en mémoire de ce que- Siginand , étant égaré dans ces déserts, à la poursuited’un sanglier ou d’une laye, fit vœu de bâtir une cha-pelle à Saint Augustin (26). Une pareille histoire esttrès-croyable. Rien n'est plus ordinaire que de voir unPrélat aimant la chasse. Bellelay est environné de rochers& de forêts sombres , où il est aisé de s’égarer ; & danstous les temps la peur a fait faire des vœux. Ce monas-tère que l’on appelle en latin Bellelagium , & en Alle-mand Bellale , a îa collation des Cures catholiques àBassecourtj autrement Altorff , & à Bueflingen ; & cellesdes Eglises réformées, a Tavanne , à la Neuville , Bie-terlen , & dans le Canton de Berne , à Lengnau. Cetteabbaye possede aussi divers Prieurés dans l’Evêché deBâle, à Grandcourt , Bajsecourt } & dans le Comté deRhinfelden , qui appartient à la maison d’Autriche , àHimmels-Porte. Ses premiers religieux furent tirés dumonastère du Lac-de-Joux , dans le Canton de Berne.Bellelay mérite d’être vu à cause de ses bâtimens consi-dérables , & de la beauté de ses jardins environnés degrandes terrasses.

On doit à l’Abbé (27), ( Nicolas de Lu%e ) Fétablif-sement d’un séminaire composé de jeunes gens de qualitéd’Alsace, de Franche-Comté & de la Suisse, digne desplus grands éloges. (28) De vastes maisons, où l’on ne faitautre chose qtie de remplir tous les exercices religieuxque la réglé preserit, pourroientavoir le même butd’utilité.La jeunesse éloignée des séductions & des distractions dumonde, est plus aisée à élever dans ces retraites. On sesouvient encore des avantages qu’un ordre , aujourd’huiproscrit dans presque tous les Etats, a procuré à Inhuma-nité. Les maisons religieuses abondent en provisions detoute efpece ; la nourriture y est salubre, les lieux d’exer-cice spacieux & commodes, le corps ôc l’esprit y trouvent■ ce qui leur est nécessaire. Un patriote Suisse, (29) opineque ce seroit la meilleure réforme à faire dans les ordresreligieux, que de les obliger à établir des séminaires fdont les pensions pourroient être modiques , la vie étantpeu coûteuse, & les Moines enseignant eux-mêmes 1 *plupart des arts & des sciences. L’Abbé de Bellelay sup-plique , avec succès, à perfectionner son séminaire, où lespensionnaires sont actuellement au nombre de soixante. Leprix annuel de la pension, les Maîtres compris, n’excedepas la somme de dix-huit louis, l’Instituteur ayant jug^que le succès de son établissement dépendroit en grandepartie du choix des pensionnaires , ôc qu’il falloit le rendreattrayant pour la Noblesse, a su sagement lui donner laforme d’une Ecole Militaire. (30) Un Maître exerce tous Ie sjours les jeunes pensionnaires au service militaire. La physi-que étant la science la plus utile à l’humanité, & commeson étude est la plus propre à attacher la jeunesse, un Reli-gieux est chargé de cette partie & du soin des expériences*On électrise aujourd’hui dans ce Couvent, où douze annéesauparavant les Moines languissoient sous l’austerité de laréglé & l’ennui des études de la théologie scholastique. Labibliothèque de l’Abbaye commence à prendre une form eplus utile, quoique fa premiere institution tienne del’efpi lCmonacal. Les voyageurs qui abondent ici sont accueillis avecurbanité. La musique y est bonne, & soit une des principal®récréations. Un jardin immense est uniquement destins fnourrir les Religieux.

Avant de quitter Bellelay , n’oubîions pas S obsety e£que les fromages qu’on fait dans ses environs, so nt treSrenommés pour leur délicatesse.

III. La Prévôté de Moutier-Grand-Val , (3 0 enm and Munjler-Ihal , doit son nom de Motier ou M- oU

{23) Vie ou Vick , est nommé Vicus cum capella ìn comitatu Gornegaudensi ,dans un diplôme de l’Empereur Charles-Ie-Gros, daté de Ratisbonne, le2 6 Septémbre 884, en faveur du Monastère de Grandval. ( Schoepflini Al-fatia diplomatica » tom. I , p. 93-94. ) Le Sornthd ou Sorngau prend sonnom de la petite riviere de Sorne qui 7 a fa source, & sc jette dans la Birseà un quart de lieue au-dessus de Delemont. Nous parlerons encore de lavallée de Sorne , à l’article de Moutier-Grandval.

(14) Leu, ibidem, tom. XVI, p- 109 , &c.

(*) Planche y numéro 41.

(25) Buchinger, Epitome fastorum Lucelleníìum, p. 247-250. Hugo tAnnales Prœmonstratenses , tom. I» Probat., r 10-228. Leu , ibidem,tom. III, p. 35-4°, ôcc.

(26) Sinner , Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, p. 88 -pj, So-hat prétend que Bellt'ai dérive de la langue Celtique, gç que ce nom mar-

que la situation du lieu. Or Bal-liu-lai fignifioit littéralement, à la £esfmoins grande eau. C’est effectivement à peu près à la tète du premier r ^ou la Sorne reçoit fa source , qu’est placée l'Abbaye de Bellesruisseau est moins fort que l’autre dans lequel il va tomber. Telle epinson du savant Etymologiste. ( Mém. fur VHist. ane. de la Suise, tolD 'pag. ioo-iqx ).

(17) Elu en 1770. jg

(28) On doit les mêmes éloges au Séminaire établi dans 1 AbbayeSaint-BIaife, en la forêt Noire.

(29) M. de Sinner , de Berne. . . ^ fy

(30) Le Pere Placide , autrefois Officier de Dragons, a exercémort tous les jours ses jeunes soldats ; il se rappelsoit fans doute avec

son premier métier.

(31 )Leu, ibid, tom, XIII, p. 41 z-4r6. Sinner t91-107, Stc.

ibidem, tom.

I. P»S'titt