J
\
T O P O G
d’un quart de lieue ; mais à l’occident, elle contientprès d’une petite lieue, dans l’intervalle d’une montagneà l’autre. La petite vallée touche la grande ou celle deTavanne, contre le nord : elle a une lieue & demie enlongueur fur un quart de lieue en largeur.
Le Fal-Moutier est divisé (4-y) en deux départèmens,V wn&nûtï cvnent Réformé, &l’autre Catholique , tous deuxséparés par un roc. Le premier s’étend depuis Pierre -Përtuis jusqu'à la roche de séparation; M. de ( 46 )TJcharner évalue à 2 y 13 les Monastères Réformés de l'un& de l’autre sexe, indépendamment des enfans ; & celuides Catholiques est estimé à treize cent, non-comprisles Anabaptistes, qui peuvent être de la même quantité.Voici les endroits remarquables du district des Réformés.
Pierre-Pertuis (* *) ou Pierre-Port , où étoit autrefoisla limite, entre l’Evêché de Bâle & celui de Lausanne,en latin Petra-Pertufa , est un passage fameux, à unegrande journée de Bâle, & à demi-journée de Bienne ,près des sources de la Birse (47). Le Val Saint-Jmier ,avec les terres situées en deçà, sont dans l’enceinte del’ancienne Suisse; les autres d’au-delà composoient levéritable pays des anciens Rauraques. Elies sont séparéesles unes des autres, par une chaîne de montagnes & dekochers, qui font une branche du Mont Jura. Là, pouravoir le passage libre d’un pays à l’autre, on a percéun rocher épais & taillé un chemin à travers, qui a qua-rante-six pieds de long dans l’épaisseur du rocher, trente-íîx pieds de largeur & quarante toises de Suisse de hau-teur. Les Romains ouvrirent le chemin de Pierre-Per-tuis (48), en remontant le torrent de la Suze depuisBienne. La Nature a enseigné aux hommes les routesdans les montagnes par le cours des rivières. On voit,au-dessus dé l’ouverture de Pierre-Pertuis , une Inscrip-tion (49) Romaine, qui nous apprend que ce chemin aété fait par lés soins de Titus Dunnius Paternus ,Decemvir , ou Chef de la Compagnie Helvétique, quiétoit Avenche , sous l’Empire des deux Antonins - C’estainsi qu’on a interprété le commencement de lTnscíiptionNUMINI AUGUSTORUM. Mais M. de Tscharner (y o)
R A P H 1 E. í7S
croit, que les Augufles , sous lesquels fut fait cet Ou-vrage, pouvoient aussi avoir été les Empereurs Balbin& Pupien ; celui-ci avoit été le Gouverneur des Séqua-nois j le rocher dont il s’agit, étoit le terme de sonGouvernement; devenu Empereur, l'an 257, ce Prince,qui favorisoit toujours les Séquanois , leur ouvrit peut-être ce chemin.
Les rochers de cette montagne percée, sont remplis d*dépouilles de la mer pétrifiées. Lapremiere paroisse, qu’ontrouve près de Pierre-Pertuis & la source de la Birse, est legros village de Tavanne (y 1 ), en langue vulgaire Tafvenne& en allemand Dachjelden ou Tachfdden , dans un jolivallon : cette paroisse comprend plusieurs villages, Chin~don y (y2) Reconvillier , (en allemand 'Roggweil ), fur laBirse, le Fuet } Sacourt , Saules , & Louverejfe.
La seconde paroisse est Bevillard , village bien bâti,’sur la Birse, avec les villages Pontenet & Malleraye (y 3).
Court est le nom de la troisième paroisse; ici la Birsea son lit creusé entre de hauts rochers. La paroisse deCourt comprend aussi le village de Sorvellier (ya.) ouSurveiller , fur la Birse, & le vallon étroit de Chaluet ,qui est situé vers le levant, & dans lequel il y a desAnabaptijles.
Sometan ou Sornetay , le chef-lieu du Val de la Sorne'yle Somegau ; cette paroisse comprend aussi les villagesChâtelat , F or ne t , Soubol , le district EcotchereJJe , &c.
La grande F allée a pour principale paroisse celle deM.otier ou Moutier en Grandvaux , où étoit l'ancienneAbbaye de ce nom , convertie avec le temps en un Cha-pitre de Chanoines, qui, depuis la Réformation , subsisteà Delemont, & qui est composé d’un Prévôt & de douzeChanoines. Ils jouissent de revenus considérables dans leVal-Moutier, où ils entretiennent encore l’Eglise de leurancienne Prévôté : sur une hauteur voisine du bourg deMoutier, ils ont bâti un château assez élégant, où ilsvont de temps à autre cans la belle saison. Le choix duPrévôt est à la nomination du Chapitre, mais la confir-mation de i’Evêque lui est nécessaire. L’Evêque nommeaux Prébendes vacantes.
(45O Description du val-Moutier, dans l’Evêché de Bâle, par UrielFreubdenberger , Pasteur à Ligers ou Glerejse , & Inspecteur des Eglises Ré-formées du val-Moutier, 1758, r/r-8". en Allemand. C’est un tableau enraccourci, mais très-bien travaillé.
(46) Vincent-Bernard de Tscharner , Observations fur la situation du val-Moutier 8c l’économie rurale de çe pays, en Allemand, dans les Mémoi-res de la Société économique de Berne, tom. III, partie IV, p. J44-181, 8c en François, dans les mêmes Mémoires, tom. III, partie IV>P« 137-175- Ces observations font très-efiimées.
(*) Planches , numéros lai 8c 160.
(47) On a le cours de la Birse depuis fa source jusqu’à son embouchuredans le Rhin, dans la Topographie de la Suisse, par David Herrlïbergerde Zurich, section XIX, p. 117-2.10.
(48) On appelle en Italie petra pertusa un roc percé près de la petite villede Fano , en Latin Fanum Fortunes , 8c de la riviere de Métro, autrefoisMêtaure , fameuse par la défaite d’Asdrubal, frere d’Annibal. Voici lesVers que fit le savant George Fabriáus ( *), de Chemnitz , sur ce passage.On pourroit aulfi les appliquer au roc Pierre-Pertuis en Suisse.
Non procul hinc se£lts dicuntur vìscera rupis ,
Nomina Pertusa nunc naíla recentia Peurs. 1
On appelle encore Pierre-port ou Pirreport , en Latin porta petrea le mêmepassage de l’Evêché de Bâle.
(4?) M. Auguste-Jean Buxtorf, Pasteur à Bâle, 8c membre de l’Acadé-mie des Belles-Lettres à Marseille, a le premier bien lu ce monument;1 explication qu il en a donnée est généralement estimée. On la ítouvedans un ouvrage également excellent fur les Curiosités historiques 8cphysiques du Canton de Bâle, ea Allemand, in- 8°., Bâle 1776, p. 161$8c suiv. Cette dissertation est insérée dans la Description du cours de laBirse, par le même savant Antiquaire.
( 5 °) Dict. Géog. de la Suisse, tom. II, p. 96. Capitolinus in vitâ Maximi& Balbïni.
(51) Deux titres, l’un de 8848c l’autre de 957, rapportés le premier parM- Sckoepjlin, Alsatia diplomatica , tom. I, p. 93-94; 8c l’autre par DonHerrgott ( Geneal. Habsburgic., vol. II., p. 77-78- ) appellent ce villageTheijvenna ou Thesvenna , dans le Sorngau , in pago Sornegaudenji.
( 52 ) Suivant des titres de 8848c 957 , Rechonifvilla ou Roconvillare.
Cfî) Curtis Alerìci dans une charte de 277.
( 54 ) Summa vallìs, suivant des Actes de 884 8c 937.
O Itinerum liber unus, Basilez per Joannem Oporinura , 1547, in-i*.