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que dans les nôtres à cause de nosbouches à feu. Tout consiste àjoindre l’Ennemi & à en venir dèsl’instant aux mains, parce qu’alorsle feu de la Place n’a plus aucunlieu. D’ailleurs ces sortes d’atta-que s ne s’exécutent qu’à la faveurdes ténèbres, & deux heures avantle jour, & font beaucoup plusavantageuses à ceux qui attaquent,qu’à ceux qui fe défendent : carlorfqu’on a une retraite à deux pasde foi, on la fait d’autant plus vo-lontiers, que les combats de nuitfont fort sujets à des terreurs pani-ques, outre que ces sortes d’actionsétant peu communes & d’un tournouveau, on lé trouve toujourssurpris, parce qu’on ne croit pasl’ennemi aster hardi pour oser en-treprendre des choses que l’opinionnous fait regarder comme folles &imprudentes.
Philippe de Macedoine battit fousles murs de Lacedemone l’Armée deLycurgue. Celui qui voudroit at-taquer aujourd’hui une armée fousle canon de l’Ille, ou de Tournai,dit le Commentateur de Polybe, ouqui le propoferoit dans un Conseilde guerre, ne palferoit-il pas pourun insensé. Car qu’est-ce qui necroît pas qu’une armée est dans unetrès-grande fureté fous les diversfeux d’une Place ? cela cependantne pie semble pas trop bien fondé,ni trop vrai. Voici les raisons quecet Ecrivain en donne.
De quelque maniéré qu’une Ar-mée fe poste, & fe tourne fous lefeu d’une Place, elle donne tou-jours prise à celui qui vient l’atta-quer. Celle qu’on croit la plus surecontre PEnnemi, l’est souventmoins. Mettre toutes les fortifica-tions d’une Place à dos dans un or-dre environnant, & s’en voir pro-tégé par tout, cela semble quelquechose d’eftroïable à ceux qui selaissent vaincre par les yeux, cepen-dant dans le fond ce n’est rien con-sidéré en lbi-même.
Apuïer, continue-t-il, une de sesailes, fous le feu d’une Place, &couvrir puiflàmment l’autre en pre-nant des flancs, cela meparoîtquel-que choie de plus respectable, quede mettre les fortifications de laVille à dos, parce que le feu de laPlace enfile tout le front & les der-rières de l’Armée, & PEnnemi nefçauroit l’attaquer, fans être exposéau feu du canon pendant & devantfaction, l’une & l’autre maniéréde poster une armée ne doivent pasêtre un objet ni une raison de nousdésister d’une entreprise ; & quoi-que la derniere paroisse plus dange-reuse, la nuit ôte la plus grandepartie des difficultés.
II y a plusieurs raisons, continuenotre Auteur, qui engagent un Gé-néral d’Armée à se retirer fous lecanon d’une forteresse. La pre-mière, c’est après la perte d’une Ba-.taille, ou après un échec considé-rable. La seconde, lorsqu’on setrouve hors d’état de tenir la Cam-pagne, soit par foibleflê ou pourtoute autre raison. La troisième,lorsqu’on veut couvrir une Placeimportante ; & la derniere, lors-qii’on assemble une Armée pour en-trer en Campagne. Mais de quel-que maniéré qu’on veuille fe cou-vrir fous le feu d’une Place, on nedoit jamais fe camper autour de laVille, de peur qu’un Ennemi auffihardi, aussi sensé que César, n’i-mite ce grand Capitaine dans leparti qu’il prit contre Vercingento-rix, qui quoiqu’à la tête de quatre-vingt mille hommes, & supérieurpresque de la moitié au GénéralRomain, ne laissa pas pour cela des’aller camper fous les murs d’Alexia,pour n’être point obligé de com-battre ; César isolant l’attaquerdans ce poste, le bloqua d’uneligne environnante, avec de bonsForts d’espace en espace, & le ré-duisit par-là à sa miséricorde.
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