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Tome I.
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155-156
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Bien des gens s’imaginent ( c’esttoujours le même Auteur qui parle)qu’il est plus avantageux & plusprudent de mettre la Ville à dos. Jene fuis pas de leur sentiment, parcequ’on s’exposc à un Blocus, soit parune ligne, ou par de bons postes,qui peuvent empêcher les vivres oucouper les convois. II vaut bienmieux prendre le parti d’appuïerune de ses ailes fur le glacis de laPlace, & de porter l’autre dans laCampagne. L’appuïer à quelquevillage, ruisseau ou à quelque eno-sc d’équivalent, & se retrancherdes deux côtes, ou couvrir feule-ment son aile íorsqu’on est presséd’un abattis d’arbres, ces fortes decas 11e font pas fort rares, mais ill est beaucoup qu’on se poste ainsi.

M. le Chevalier Folard, que jetrouve jusques à présent ctre le seultjui à l’occasion du combat de Phi-lippe, sous les murs de Lacédémo-ne, a parlé d’une armée attaquéefous les fortifications d’une Ville,cite deux exemples d’une Armée at-taquée en plein jour sous les forti-fications d’une Ville, ce qu’il trou-ve extraordinairement hardi. L’un& l’autre exemple sont tirés de1 Histoire moderne.

Le premier, est l’Armée du Ducd’Alençon, attaquée en ií 8 i. fousle canon de Gand, par celle d’A-lexandre Farnesc. Mais le GénéralEspagnol n’en vint pas à son hon-neur. II fut obligé après un com-bat très-long & tres-obstiné, de léretirer après avoir laissé un très-grand nombre de morts, parce quele Duc d’Alençon s’étoit couvertd une file de chariots attachés bout-ït-îìout fur tout le front de la ligne,où les Espagnols trouvèrent à quiparler, car on les aborda avec toute! ardeur & le courage possible, éc ilsVirent fi bien reçus, qu’il ne leurfit pas possible d’y forcer le Ducl’Alençon.

Le second exemple est de quinzeà seize mille hommes, commandéspar le Maréchal d’Arco, envoléspour fe retrancher en diligence en-tre la montagne de Schelemberg ácDonawert, qui étoit un poste d’uneextrême importance, & dont la pri-se laissoit la Bavière toute à découvertà l’Armée des Alliés contre la Fran-ce. Milord Marìborrough forma ledessein de nous chasser de ce poste,pour donner de la réputation àses armes, car tout dépend des com-mencemens. II se mit en marchele z. Juillet de Tannée 1704. L’at-taque fut vive, fort opiniâtrée,& encore mieux soutenue par lesFrançois qui les repousseront jus-ques ;t deux fois, car tout donna àla seconde reprise, & la troisièmene fut malheureuse, que parce quela gauche de la ligne qu’on avoittirée de la montagne à la Ville, &qui eút dú aboutir directement aufossé, laissoit un assez grand inter-'valle. Les Ennemis y donnèrent,& entrerent en foule fans y trouverpresqu’aucune résistance, & se trou-vant sur le flanc gauche des nôtres,que nos Généraux avoient un peunégligé, les premières troupes, quifermoient cette aile furent défaitesen un instant. La perte de nosOfficiers óc Soldats ne fut cosidéra-ble que par la fuite. Le MilordMarìborrough y perdit cinq millehommes, fans compter les blessés,trois Officiers Généraux tués, < 5 cpresque tous les autres blessés.

ATTAQUE des Anciens. Les "différentes méthodes d’attaquer &de prendre les Places, chez lesGrecs, & chez les Romains & lesautres Peuples, sont les mêmes dontnous nous servons aujourd’hui, fans11e nous aïons enchéri fur aucunes Peuples qui les ont pratiquées.

La premiere regarde les attaquespar surprise, qu’on peut appellersourdes ou cachées, ce qui fe faitpar le moïen des intelligences qu’on

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