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Flotte de César, qui étoit à la radede Leptis. Varus qui eut avis queles Gens de Marine etoient ailesdans la place acheter des vivres,partit du Port d’Adranicte fur la se-conde veille de la nuit, & brûlatous les Vaisseaux de charge, qu’iltrouva éloignés du Port, avec deuxGalères à cinq rangs, qui etoientfans défense.
Les Brûlots dont on fe sert au-jourd’hui, font de vieux Bâtimenscharges de feux d’artitice, & de ma-tières combustibles : que l’on accro-che aux Vaisseaux ennemis. II yen a aussi qui appellent un Brûlot,navire sorcier. On dit : préparerle Brûlot : on mit en brûlot un pe-tit Bâtiment.
Les Bâtimens qu’on estime lesplus propres pour faire des brûlotsfont des grandes Chaloupes, desFlûtes ou des Pinasses, du port desoixante & dix à quatre-vingts la-stes, & qui ont un premier ponttout uni, lans tonture, & au-des-sus un autre pont courant devantarrière. On entaille en divers en-droits du premier pont, des ouver-tures à peu près d’un pied & demien quarrè, entre les baux, & ellesrépondent dans le fond de cale.Ensuite on fait des dales de plan-ches, qu’on joint, & on leur don-ne un pouce & demi de large : 011
les fait aussi de fer blanc.
On pose trois de ces dales à troiscotes de chaque mât, & elles s’é-tendenc tout le long du Bâtiment astribord & à basbord, & fe vontrendre toutes ensemble dans uneautre grande dale, qui est en tra-vers, a six ou sept pieds de la placeou est le Timonier. On fait en-sore une dale assez longue, quidescend du gaillard d’arrière, enbiais jusqu’à la grande dale, qui esten travers fur le premier pont, la-quelle longue dale revient encorefe rendre dans une autre petite, quiest fur le gaillard derrière où sc
tient le Timonier & à l’un desdeux côtés, selon qu’il est le pluscommode.
Dans le bordage du gaillard d’ar-riére on fait une trape large, au-dessous de laquelle sc peut posterune Chaloupe bonne de nage, afinque le Timonier, après avoir misle feu dans les conduits, y puissepromptement descendre. Ensuiteon remplit les dales ou conduitsd’artitìces, Ravoir d’une certaineportion de poudre, comme la moi-tié ; d’un quart de salpêtre, d’undemi quart de souffre commun ; letout bien mêlé ensemble, & imbibéd’huile de graine de lin, mais nonpas trop, parce que cela retarde-roit l’embrascment, & que l’essetdoit être prompt.
Après cela on couvre toutes cesdales de toiles soutirées, ou de grospapier à gargousses, & l’on apportedes fagots de menus coupeaux oud’autre menu bois, trempés dansl’huile de baleine, qu’on arrangeen forme de toit fur les dales, enles mettant bout à bout. Ces fa-gots font préparés & trempés dansdes matières combustibles, commedu soutire commun, pilé Ôc fondu,du salpêtre, & les trois quarts degrosse poudre, de l’étoupe & del’huile de baleine, le tout bien mê-lé ensemble.
On pend aussi au second pont,par-dessous, toutes fortes de matiè-res combustibles, & l’on en metpar-tout avec des paquets de vieuxfils de carret bien goudronnés, &l oir y pend encore des paquets desouffre ou de lisières soufflées.Tout le dessous du premier pont estaussi fort bien goudronné, de mê-me que le dessous du second pont,& avec le goudron, dont le dessusdu premier pont est encore enduit,il y a par-tout des étoupes, que legoudron y retient, & qui font mê-lées avec du souffre. O11 remplitaussi fort souvent les vuides du Bâ-timent