337
BRU
BRU
338
ciment de tonnes poissées, pleinesde coupeaux minces & serpentans,comme ceux qui tombent fous lerabot des Menuisiers.
Lorsqu’on veut te servir des brû-lots, on ouvre tous les sabords, lesécoutilles, & les autres endroitsdestinés à donner de Pair, ce qui fefait souvent par le moyen des boë-tes de pierrier qu’on met tout pro-che, & qui faisant ensemble leurdécharge, par le moyen des traî-nées de poudre, s’ouvrent tout àla fois. A Pavant sous le beaupré,il y a un bon grapin qui pend àune chaîne, ôc un à chaque boutde chaque vergue ; 6c chacun deces grapins est amarré à une corde,qui passe du lieu où ils sont, toutle long du Bâtiment, & va se ren-dre au gaillard d’arrie're , à P en-droit où se tient le Timonier, la-quelle corde, ausli-tôt que le brûlota abordé le Vaisseau, le Timonierdoit couper, avant que de mettrele feu au brûlot. . II faut faire sesessores pour accrocher le Navireennemi par Pavant ck non par lescôtés.
On arme les brûlots de dix oudouze hommes, qui ont la doublepaye, à cause du danger qu’ils cou-rent & de quelques paslë-volans,pour faire montre seulement, hor-mis à l’arriére, où il y a deux ca-nons de fer, pour fe défendre con-tre les Chaloupes, 6c les Canots.
Quand on construit des brûlotsde bois neuf, on n’y employé quedu plus chétif, du plus leger, &où le feu peut prendre plus aisé-ment. Les brûlots se tiennent ordi-nairement aux côtés des grands Na-vires , pour les secourir en cas debesoin.
BRUME, est un brouillard demer. Quand la brume est trop épais-se, pour empêcher que les vaisseauxd’une flotte ne s’écartent, ceux qui
ortent pavillon, tirent à chaque
orloge trois coups de canon, les
autres vaisseaux sonnent la trom-pette, ou battent la caisse. C’estpendant les brumes , quand les Flot-tes ennemies sont en présence, sansêtre vues, que chacune à lieu d’ap-prehender les brûlots : aussi fetient-on prêt pour le combat, 6cfait-on semer fur le pont de la cen-dre & du sel pour combattre de piedferme & ne pas glisser.
O 11 dit que le teins est embrumé,quand Pair est couvert de brouil-lards éê fur la mer , que dans labrume tout le monde est Matelot,parce que dans le tems d un brouil-lard épais chacun dit son sentiment.
BRUS QU E R une attaque, estcommencer Couverture de la Tran-chée par la tète, c’est - à - dire, parles premiers travaux de la Place,travaillant après en arriére, jusqu’àce qu’on ait fini par la queue.
BRUS QU E R une Place, c’estlorsqu’au lieu d’ouvrir la Tranchéede loin, on commence par insulterles dehors, ou se loger sur la con-trescarpe, travaillant après en ar-riére, jusqu’à ce qu’on ait fini parla queue.
Ces sortes d’entreprises ne peu-vent réussir, que lorsque la Garni-son est très-soible, que les défen-ses de la Place sont en mauvais état,que le front attaqué est fort étroit,que les dehors s’il y en a, sont àfossés secs, qu’il s’en trouve, quisont commencés, & non encoreachevés, que les glacis ne sont pasrasés du corps de la Place, qu’il n’ya point de pallistade, ou qu’elle estmal plantée, enfin qu’il y a au-de-là du glacis, quelque haie, rideau,cavin, enfoncement, maisons, jar-dins , dos, fosses, ôte. qui puissentfaciliter les travaux, 6c les commu-nications aux logemens du glacis.
Après avoir donc reconnu ces dé-fauts , ou tous ou en partie dansune Place, si l’on juge à propos del’attaquer brusquement on fait degrands amas d’outils 6c de maté-L ; riaux.